‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 50 sur 223 · CHAPITRE XtVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XtVI

dei portes, et nommeement en certains vers alléguez par Justin Martyr (i). Toutesfois voici encores un' autre considération que nous devons avoir : c'est que Dieu en ce monde n'use pas seulement de telles punitions que les hommes qui sont establis pour le fait de la justice, mais s'en réserve aucunes que l'œil ne peut voir, lesquelles il desploye quand bon lui semble. Ce sont les tourmens et les géhennes incomparables qu'il fait endurer à plusieurs meschans en leurs consciences, non point pour une heure ou pour un jour, mais pour maintes années : voire permet souvent que le ver leur ronge le cueur presque tout le temps de leur vie. Mais si ceste punition est cachée aux yeux humains, comment en pouvons-nous parler ? Il est certain qu'outre une infinité de tesmoignages que nous en avons tant es sainctes qu'es profanes lettres, elle nous est descouverte en plusieurs personnes par les effects : ne plus ne moins que par iceux les médecins descouvrent les maladies, tant bien cachées soyent-elles. Or comme le temps passé les grans personnages ont esté plus subjets à tels tourmens (comme les histoires nous racontent d'un grand nombre de princes tyrans), ainsi encore pour le jourdhuy voyons-nous que c'est la punition des plus haut montez et jusques au dernier degré de richesses

(i) Dans le traité de Monarchia. Les vers allégués sont attribues à Sophocle, à Philémon et à Euripide. Ceux de Sophocle sont cités sans nom d'auteur par Clem. Alex., Strom., V, 14, § 122, et par Easèbe, Prœp. evang., XIII, i3. On les retrouve dans Wagner, Poet.trag. gr. fragmenta, Vratislav., 1848, m, 241. Cf. Grotius, Excerpta ex trag. et com. grac, p. 146 : celui-ci les attribue à un Sophocle postérieur au grand tragique.

Les vers de Philémon sont attribués à Diphile par Clém. d'Alex.. Uv. VII, et Eusèbe; cf. Meinekes, Menandri et Phil. reliq, p. 4^3.

Les vers d'Euripide sont attribués à la tragédie de Phrixus par Sextus EmptTÏcxLSyAdv.Mathem., I, i3. Walckenaer (Diatribe de Aristobulo)^ Bœckh, Grcecœ tragœdiœ principum genuina, Hartung (Euripides restitutus), regardent une partie de ces vers comme ajoutée par un joif oa un chrétien.

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et honneurs, depuisqu'ils viennent k s'oublier : ei qu'il leur faut par une coniinudlc pratique vérifier le proverbe ancien, disant estre force que celuyqui est craint de plusieurs, craigne plusieurs. Dcquoy nous avons maintenant un exemple fort notable en la personne d'un qui a pour quelque temps faici du royaume de France comme Diogenes de son tonneau, quand il le rouloit, le trainoit, le culebuloii, le défonçoit : ou plusiosi, qui pour quelque temps s'est comme joué à h paulme de ce royaume, et de celuy auquel il appartenoit. Car quel plaisir pensons-nous que luy puisse maintenant apporter sa vie (quelque bonne mine qu'il face), veu qu'il n'y a rien qui plus l'espouvante que les armes (i], et rien loutesfois oii il puisse ccrcber plus d'asseurance qu'aux armes? Veu qu'il ne s'ose fier à personne, et toutesfois n'ose monstrer particulièrement se dcsficr de personne? Veu que la crainte qui l'ac- I, luv fait aussi com-

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