‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 67 sur 223 · CHAPITRE XXVIII l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII l

la ryme d'un bon compagnon (i), qui a esté assez long temps devant luy, nous lisons,

Plus fringant et esperlucat.

Et cent fois plus gay que Perot,

Ou le valet d^un avocat.

Pouvons-nous excuser leur lourderie en ce qu'ils prenoyent grand'peine à entretenir ce qui les mettoit en grand'peine? Car qui ne sçait non seulement les incommoditez, mais aussi les maladies qu'apportent les longues perruques? (combien qu'encore pour le jourdhuy elles plaisent à aucuns.) Et quant à la barbe, si elle sied bien à un homme, ou non, je m'en rapporte à ceux que nous voyons si honteux de n'en avoir point. Je m'en rapporte aussi à ces vers,

... turpis sine frondibus arbor, Turpis equus nisi colla jubœ flaventia vêlent : Pluma tegit volucres, ovibus sua lana decort est : Barba viros hirtœque décent in corpore setœ (2).

Et toutesfois il faloit que les povres crucefis de ce temps-là s'accommodassent à l'humeur des hommes d'alors, et que tombans entre les mains de ceux qui aymoyent à porter la barbe du tout rase, ils eussent la patience de la porter rase pareillement : s'ils se rencontroyent parmi autres qui aimoyent à porter une barbette seulement au lieu d'une barbe, il leur estoit force se contenter d'une barbette. Gomme au contraire quand ils estoyent es pays où on portoit la barbe nouée à la ceinture, ou touchante jusques aux genoux, il leur estoit force de s'accoustumer à ceste mode, en-

(i) Coquillart en son Monologue des perruques, selon Le Duchat, mais nous n'y avons rien lu de pareil.

(a) Ovide. Met. XIII, 847.

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