‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 7 sur 223 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

croire, quant au sale propos duquel usa ce cordelier, pourceque j'aj souvenance qu'estant environ de l'aage de quinie ans, j'oyois souvent les serviteurs de feu mon père rire de ce que disoit ordinairement un cordelier en r^ise deS. Estiene à Paris, passant parmi les femmes pour aller en sa chaire, « Ouvrez-vous, femmes, à fin • que l'entre. > Mais pour lors je n'entendois pas son ord et sale équivoque. Bref il n'y a vilanie de laquelle ces cagots ne se soyent avisez : voire jusques à requérir (ainsi que quelcun escrit] qu'es confessions auriculaires il leur fîist permis ( i ) de manier les parties qui auroyent esté instnimens du mal duquel on se confesseroit. Et estant remonstré par un Évesque à l'un de ceux qui £susojent ceste requeste, la grande ordure que ce seroit s'il fidoit qu'hommes et femmes leurmonstrassent leurs parties honteuses: il fit response que si on ne trouvoit

(i) Tout ce passage a été remplacé par le suivant dans les exemplaires cartonnés :

[... « vous n'avez pas considéré les nécessitez^que nous avons, n Puis ajousta un proflos si vilain, c'est à dire si digne de son convent (suivant le commun proverbe, qu'on ne peut tirer du sac que ce qui y est) et si indigne de toutes chastes aiireilles, que je n'en ay voulu souiller ce papier. Et si d'aventure je m'oubliois tant ailleurs que de le souiller de quelques autres semblables, je prie le lecteur de ne s'en offenser, et de n'estimer que le récit de telles et si énormes vilanies me plaise : mais plutost estre persuadez que le seul désir que j'ay de faire bien congnoistre et hayr les vilains par leur vilanie et les meschans par leur méchanceté, m*a faict ensuyvre la manière de faire des Lacédémonieus, qui pour instruire leur jeunesse à sobriété, faisoyent venir les yvrongnes en leur présence, à fin que voyans leurs vilains actes ils apprinsent de bonne heure à détester l'yvrongnerie. Or si toutesfois quelcun estoit si curieux qu'il vousist sçavoir quel estoit ce vilain propos monachal, il le trouvera avec plusieurs autres es Nouvelles de la feu roine de Navarre, laquelle a voulu par le récit d'iceux faire entendre à la postérité combien desbordée a esté la vilanie de ceux qu'on jugeoit estre non seulement honnestes, mais sainctes personnes. Or comme dit le poète satyrique que "Semo repente fuit turpissimus {a), il est certain que peu à peu et de jour en jour le desbordement s'est augmenté : mais nostre temps l'a veu monté jusques au dernier degré, quand ceste canaille est venue jusques à requérir (ainsi que quelcun escrit) qu'es confessions auriculaires il leur fust permis...]

(a) JuTénal, Sat. II, v. 83.

lO APOLOGIE POUR HERODOTE

point déshonnesie que ceuï qui oyoyent les confessioos,

comemplassem qoandetquand des yeuï de l'esprit [qui sont trop plus précieux que ceux de la chair) non seulement tes membres qui ont commis les actes vilains, mais aussi les vilanies par iceus commises, qui leur sont descouvenes en la confession : moins devroiton trouver déshonnesie qu'ils regardassent ces membres des yeux corporels. Et allégua en outre, que le confesseur, entant qu'il représente le médecin spirituel, doti toucher son malade, ainsi que le médecin du corps touche et manie celuy qu'il visite. Et eniremeslani parmi sa gosserie du blasphème et de la prophanation du Texte formel de l'Evangile, amena aussi ces mots de nostre seigneur Jésus Christ: Va, et te monstre au prestre. Comme estant leur cousiume de se despouitler et monstrer nus au prestre. Mats pour retourner à ces gentils preschcurs, de quel languagçpensons-liousqu'ils usoyeni en leur privé, quand ils parloyent ainsi sale-

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