‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 84 sur 223 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

gnojeot que la bible fust leue en language vulgaire. Car ils pensoyent bien que si une fois cela avoit lieu, ils n'en pourroyent plus faire ainsi à leur plaisir. Joinct qu'ils sfavoyent qu'on les pourroit assaillir de plusieurs pars, quand on se seroit armé d'un grand nombre de passages d'icelle, contre lesquels ils ne se voyoyent avoir défenses su£Bsantes. Parquoy nous pouvons bien penser que celuy d'entr'eux qui se plaignoit que S. Paul avoit dict plusieurs choses qu'il se fiist bien passé de dire (veu les scandales dont il a esté cause) n'estoit point hypocrite, mais parloit de l'abondance du cueur. Ce que nous devons croire aussi de l'autre docteur, qui disoit que s'il n'y avoit que luy qui eust les épistres de S. Paul, il les jetteroit au feu : usant de ce brave Latin doctoral, Per diem si putarem quod non esset nisi me qui haberet epistolas Pauli, ego mitterem in ignés. Il est vray que le gentil docteur Espagnol duquel j'ay faict mention ci-dessus, n'avoit besoin de souhaiter que les épistres de S. Paul fussent bruslées, puisqu'il estoit quitte pour toute response qu'il luy faloit faire aux passages pris d'icelles ou des autres livres de TElscriture, de dire, Ego non sum theologuSy ego sum canonista. Or puisque les livres susdits sont remplis d'exemples, j'espère que le lecteur me tiendra pour excusé si je n'en fay pas grand amas ici, mais en produis seulement quelques-uns du nombre de ceux qui semblent les plus propres pour descouvrir leur impudence.

Je me tairay toutesfois de Invenimus Messiam, allégué pour approbation de la messe, et autres tels passages dont j'ay faict mention ci-devant, en parlant de l'ignorance (pourcequ'il est bien certain que tels prescheurs que les trois qui ont esté ci-dessus mentionnez souventesfois, n'eussent eu garde de venir à telles allégations) : mais je ne me tairay pas de celle

ir>8 APOLOGIE POUR HÉRODOTE

Je Picard (i), qui a succède a un des susdicts, et a comme cfiacti de nosirc temps la renommée d'iceux envers tous ceux qui ont fait profession de la religion Rommainc, Voulant donc ce tant famcus prédicateur prouver que nous estions sauvci par nos œuvres, u Est-il possible, D dict-il, n que ces meschans Luthériens soyent si effrontez de nier que nous sommes sauvez par nos œuvres, quand nous avons le texte formel de S. Pierre? Car qu'ils me disent que c'est à dire Justus vix salvatiir : n'est-ce point à dire qu'à grand peine le juste est-il sauvé? El si c'est avec grand' peine, n'est-ce point avec les œuvres? » Ici, lecteur, je vous prieray, avant que passer outre, considérer combien malicieusement et impudemment équivocquoit ce prescheur, et penser de combien d'autres passages devoit abuser celuy qui ne faisoit point coqseience de se jouer ainsi de cestQV-ci. Si Toutesfois jeu

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