‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 95 sur 223 · CHAPITRE XXXIII l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII l

d'entre tout le peuple les hommes veufves ( i ), et leur ftire apporter à chacun une verge : à fin que ceste fille fbst baillée en garde à celuy sur lequel Dieu auroit monstre quelque signe. Cela estant faict, une coulombe sortit de la verge que tenoit Joseph, et vola sur sa teste. Alors luy dict le souverain sacrificateur : a Dieu nous » a déclaré par ce signe que c'est toy qui dois avoir en t garde la vierge de Dieu. » A quoy Joseph contredict, respondant, — « J'ay des fils, et suis vieil : et eU'est encore t une bien jeune fille. Pourtant j'ay peur que je n'en » sois mooqué par les enfans d'Israël. » Eln la fin ayant esté proposée à Joseph la vengeance que Dieu exécuta sur Dathan, Abiron et Coré, estant tout espovanté vint â dire, « Marie, je te pren du temple du Seigneur :

> mais je te laisseray à la maison, et m'en iray pour t exercer mon mestier de charpentier. Et je prie le

> Seigneur qu'il te garde tous les jours de ta vie. » Il avint quelques ans après, ainsi que Marie alloit pour puiser de l'eau, tenant une saille (2), une voix du ciel luy dist, Ave gratta plena^ etc. Puis sont entremeslez quelques propos pris des ëvangclistes : après lesquels il est dict qu'elle estant jà grosse de six mois (et estant aagée de seize ans) Joseph revint de sa besongne, à-l'entour laquelle il avoit demeuré quelques ans sans revenir. Or la trouvant grosse fut bien estonné, et luy tint plusieurs propos : toutesfois en la fin il fut averti par l'ange qui luy apparut, de tout le faict. Mais la pitié fut qu'ainsi qu'un scribe alloit pour parler à Joseph, il apperceut Marie grosse : qui s'en alla incon-

(i) Cette terminaison féminine appliquée au masculin se rencontre aassi dans Froissart. II, 19, et dans le roman de Perce/orcst.

(3) Vieux mot qui signifiait un seau et qui est spécial à la Normandie (dép. de rOrne) ; en latin sitella, en italien secchia, lequel a donné le nom au poème hérof-eomique de Tassoni, la Secchia rapita, uaduit par Perrault.

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tinent le crier par tout. Et aussi tost la justice la fait empoigner avec Joseph ; lequel dit et maintient n'avoir eu sa compagnie ; elle dit n'avoir eu ni la sienne, ai celle d'aucun autre. Là-dessus le preslre s'avise de leur faire boire de l'eau de re'dargutîon [ i ) : laquelle ne leur ayant faict aucun mal, le prestre dict que puisque Dieu n'a point raanifeiitë leur péché, luy pareillement ne les vouloit point condamner. Puis est inséré ce qui est raconté par S. Luc au second chapitre, comment il falui que Joseph la menast en Beth-iehem à cause de l'édict faict par César Auguste. Mais ce n'est pas sans enrichir le conte, et mesmes user de propos vilains, comme cestuy-ci, que Marie ayant dict à Joseph, Depone me ab asina : quia guod in me est, me urgei ut prngredialur, illa descendit de dessus l'asnesse, et luy diâi, Ubi le inducam et legam pudenda ? quia locus desertus est. En la fin est récité qu'dle accoucha de

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