CHAPITRE XXXIX
pins et G>rdeliers ne fussent aussi vaillans champions de Bacchus que les Carmes, ce seroit un'hérésie, veu ce que dit le texte formel de la chanson qu'on chantoit dix ans (comme je croy) devant que ma mèregrand fiist mariée,
Jacopins, Cordeliers, Carmes, En beuvant jettent les larmes, Disans que c'est pour les âmes, etc. (i)
Et qu'ils soyent pareillement les mignons de Venus, il appert assez par leurs actes racontez ci-dessus. Voilà pourquoy jedi cela devoir estre ainsi entendu.
Nous lisons aussi es histoires des attaches que plusieurs personnes de toutes qualitez donnoyent au clergé jà du temps de nos prochains prédécesseurs, et encore devant : nous y lisons aussi plusieurs sornettes et risées qu'ont inventé sur les sottes superstitions de l'église Rommaine : comme sur l'eau béniste (qu'on appelle), sur le purgatoire (le lieu duquel on nommoit le trou S. Patrice, et le vulgaire disoit le trou S. Patri), item sur les pardons ou indulgences, sur l'adoration des saincts. Dequoy nous ont donné des exemples ceux qui ont faict des recueils des facéties : il est vray qu'ils racontent aussi aucuns propos tellement brocardans la superstition des papicoles, qu'ils passent outre, et tiennent du lucianisme. Mais laissant ceux qui sont de telle sorte, j'allègueray quelques-uns des autres, dont pour le présent j'ay mémoire. Premièrement donc quant à l'eau béniste, il me souvient de trois rencontres sur le propos d'icelle, qui sont d'assez bonne
(f) La rime veot qa*on lise armes, de Vit. aima, « anima, ame, mot poétique •, Oudin. Cf. le changement de I en r dans orme (ulmu^, chartre {cartulaU etc. ATarme, jurement Picard, veut dire par mon âme, a., n, 363.
grâce : l'une est de celuy qui estant repris de ce qu'il a'ostoit point son bonnet quand on luy donnoit àe l'eau béniste sur la teste , respondit , ^ n Si l'ean bé- - niste passe bien )usques en purgatoire, cUe passen u bien h travers mon bonnet (()■• L'autre rencontre sur la superstition de l'eau béniste est moderne, l'auteur de laquelle fut un conseiller de la cour de Parlement nommé Godon, homme qui avoii l'esprit naturellement fertile de facéties (i). Ce Godon se trouTani un jour où on tenoit propos au roy François premier de ce nom , des moyens qu'il auroit de laïre teste ï l'empereur qu'on disoil venir avec grandes forces, et oyant l'un souhaiter au roy tel nombre de bons Gascons, l'autre tel nombre de bons Lansquenek-S, les autres ftisans quelqu'aulre tel souhait . » Sire, ■ dict-il, f puisqu'il est question de souhaiter, je feray (si vous u platst] aussi mon souhait : mais je souhaiteray une 1' chose h laquelle ne vous faudroit faire aucune des- ■> pense, au lieu que cela qu'ib ont ici souhaité, vous " cousieroit beaucoup. » Le roy luy ayant demandé quelle esioit ceste chose, — a Sire, > dict-il, ■ je soubai- » lerois seulement de devenir diable pour l'espace 0 d'un quart d'heure. — Et que fertez-vous? — Jem'eo " irois tout droit rompre le col à l'empereur.— Vraye-
|t) a Ftu M. ij'.\mien« donnani la binédietion, un (ujim nfci pis lOD ctaipcau. Comme on le reprit : Si die e>t bonne, dil-îl, dii pasMri k capel. • Menapana. ît, iiî. Le conle «I tir* OcJaei je sales mire fetllri ab Oitomaro Ltacimio ArgmIImo, Ang. ViiM., iii+, pet. in-X, ch. CLI. • Nachigill. ■ dit M. Ch. Schnidl. /fi» lilf. de l'Alsace^ > rendil «on aom allemand par le latin Lutti'ni i ce nom coireipondaîi à Mi ■ptttodM muttcalei. > Pourqaol h p« dire qoe Niclitgall, ranmc Ltuciiiiai, signifie rauignol ? M. SAnùdi,
pluucun eiemplair» de la Gemania nom de Murner dant diieii dcpOls. C'eai noua qui, dan* notre Bitliographie ûUaeiemn*. iSjv, avoni d'abord mcnliannf cette dicouverte. Shnk eullue,
(i) Vo;*. Dca Parier», nouv. Cl. Dt» Piricra ne doooe pu le kw du canaeiller. Il j a par erreur Gadon dam l'tdiiioa Lscour, Doit.