‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 183 sur 221 · CHAPITRE XXXIX b · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX b

» t'asseurc que tu ne m'auras jamais auprès de toy. Je » t'ay servi fidèlement l'espace de plus de vint ans, et » en tout ce temps je ne fay requis que de ce seul » plaisir, et encore tu m'as esconduit. Si j'eussç fidct

• ceste requeste à ce grand crucefis qui est auprès de m toy, îe sçay bien qu'il me l'eust onroyée. Je te pro-

• mets bien que toute ma vie je me garderay d'avoir k

• fiiire ni avec toy, ni avec enfant aucun, t Et pour toute raison ajousta ce proverbe Italien, Chi s*impaccia ctm /anciuiiij con fanciulli si ritrcva (i). Laquelle liistoire (qui est là récitée plus au long, et jusques k spécifier le temple, et l'endroit de la ville auquel demeuroit ce chaircuitier) vient fort bien k propos du proverbe susdict, pour raison de ceste conclusion. Avec laquelle s'accorde bien aussi ce qui lut dict {ftir un qui prioit une Nostre Dame qui tenoit son petit enfant : car au bout de sa prière ayant eu quelque response qui ne luy plaisoit point, par un qui s^estoit mis der« rière Timage (ainsi que celuy de Florence se mit derrière rimage de S. Jan Baptiste, et parla comme estant luy\ il jugea à la voix que ce n'estoit pas la mère qui mvoit parlé, mais l'enfiint, et pourtant luy dict, « Tai-

> sez-vous, petit friand : laissez parler vostre mère qui

> est plus sage que vous. » Mais un Bourguignon usa bien de plus grosses paroles contr'un jeune crucefis, fils d'un vieil par lequel il avoit esté blessé. L'histoire

{\) Qui s'engage énec des enfants, avec des enfants se retrouve. Ce proTcrbe n'est pas mcotkwné dans Pico Luri di Vassano : Modi di dire properbiaii e moiti papoiari italiani^ Roma, Tip. tibt* rina, 1875. On ne trouTe dans Monosini, Floris italicm Hngice libri novem, Vcoet, 1604, in-4*, qoe : Chi s* impaccia col \oppo,gti se Miaeca; — si jnxta ciandum habites, subclandieare disces^ et cet antre :

Chi f* impaccia co' gran matstri,

E r ntiimo a tavela e primo a* capestrL

Fuge procnl a piro majore.

telle. En Bourgongne près d'un village nommé seule (11. un paysani qui passoit par un lemplc ■inJa à des sonneurs pour quel trespassé ils son- L-ni ; avLint sçeu le nom, il se mit à dire qucU iraison pour Tame d'îceluy, devant un cruceSs qui it pris licsdicts sonneurs : lequel au lieu de luy faire émeut signe de la teste, tomba sur luy, et le mît en esiat que ceux-là laissèrent leur sonnerie pour porter vistement en sa maison : où il demeura , temps malade. Après laquelle maladie retournant emple cl voyant un beau jeune crucefis, qui avoit f.ui; riante |car il faut noter que le vieil en tom- . sur te povre homme s'estoit rompu le col), ne se tenir de luy dire, « Quelque belle mine que tu me «s, si ne me fieray-je jamais en toy. Car si tu vis ge d'homme, tu seras aussi meschant comme ton TU qui m'a cuidé tuer. » Ces trois histoires nous eni sulfisammeni tesmoigoerde ce que j'ay dict, ivojr que nos prédécesseurs ne lenoyent pas si

Page 1