CHAPITRE XL 42 I
sans estre damnées. Mais je produiray le passage dudict Menot, servant fort bien à ce propos. Il dit donc au fiieill. 143, col. 4 : « Quand un homme est excom»* munie, il est renoncé de Dieu, et donné en la puissance de tous les diables : et pourtant c'est un grand scandale de mettre un si dangereux baston en la main d'un fol prélat. Ce n'est pas petit cas d'envoyer un homme à tous les diables. Et à ce propos, un gentilhomme de robbe courte dict un jour à quelcun de* nostre ordre : c Beau père, je vous demanderois volontiers une difficulté. Je ne me puis assez esbahir de la £eiçon de faire qui est pour le jourdhuy en l'église, en ce que nous séculiers envoyons en pa-* radis ceux dont nous faisons justice , vous gens d'église les envoyez à tous les diables. Et voici comment : Quand nous condamnons un homme à la mort, laquelle il a bien desservie (1), avant que l'envoyer au gibet, nous luy pourvoyons de quelque homme de bien pour le confesser : et quand on le mène, nous le réconfortons et luy donnons bon courage, et taschons par tous moyens de le bien disposer, et faire qu'il meure en bon estât : mais au contraire l'église, qui doit avoir le soin des âmes, pour six blancs, pour un bonnet perdu, envoyé un homme tout chaussé et tout vestu à tous les diables. Voilà comiment vous estes zélateurs de nostre salut. » Alors ce beau père (comme luy m'a confessé) congnoissant que ce gentilhomme disoit la pure et réale vérité, ne luy put respondre avec toute sa théologie : et est encores maintenant à songer quelle response on luy peut fidre. » Si ce povre Cordelier estoit contraint de con-
(1) Méritée:
N*ad deservit qae altrt bien i ait.
Roland^ V. 3710.
r ci'ci qui avoîl dîci un peu auparavant que tous jji i.'i-T.nent excommuniez par les prestres n'es-
, nt 1:^ r.:i à Saian : de sorte qu'au saîncl vendredi -..mi;nt. auquel on prioil non seulemeni pour les -ii,n-. mais aussi pour les Juifs, pour les payens, ;ri.-> iTiriJvles, on ne prioit pas pour euxl, si di-je, :i-.:iciic>.- li coniraignoil de confesser ceci, qucUo rtiivor.-nous qu'il y avoiien ceux qui esioyeni i> r.iniiiiti par la crainte de cesie foudre î Ol' ^t I.iui esmerveiller s'ils crai^noyent tant un' -m-^iJoKion sortant de la bouche des prestres,
.v^nini qu'ils avoyent d'eux, laquelle on leur < I c:i U teste : j'enien l'opiaion qu'ils avoyeni de
.:'.sj.in;c- : roirc jusqucs à dire, polestas Maria - r.-r poittsLUe OMgelorum. non tamen potestale