‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 51 sur 221 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

des poètes, et nommeement en certains vers alléguez par Justin Martyr (i). Toutesfois voici encores un' autre considération que nous devons avoir : c^est que Dieu en ce monde n'use pas seulement de telles punitions que les hommes qui sont establis pour le fait de la iustice, mais s'en réserve aucunes que l'œil ne peut voir, lesquelles il desploye quand bon lui semble. Ce sont les tourmens et les géhennes incomparables qu'il fidt endurer â plusieurs meschans en leurs consciences, non point pour une heure ou pour un jour, mais pour maintes années : voire permet souvent que le ver leur ronge le cueur presque tout le temps de leur vie. Mais si ceste punition est cachée aux yeux humains, comment en pouvons-nous parler? Il est certain qu'outre une infinité de tesmoignages que nous en avons tant es sainctes qu'es profanes lettres, elle nous est descouverte en plusieurs personnes pai" les effects : ne plus ne moins que par iceux les médecins descouvrent les maladies, tant bien cachées soyent-elles. Or comme le temps passé les grans personnages ont esté plus subjets à tels tourmens (comme les histoires nous racontent d'un grand nombre de princes tyrans), ainsi encore pour le jourdhuy voyons-nous que c'est la punition des plus haut montez et jusques au dernier degré de richesses

(i) Dtns le tnité de Monarchia. Les vers allégués sont attribués à Sophocle, à Philémon et à Euripide. Ceux de Sophocle sont cités sans nom d'auteur par Clem. Alex., Strom., V, 14, § 132, et par Essèhe, Pr^. evang., XIII, i3. On les retrouve dans Wagner, Poet.irag. gr. fragmenta, Vratislav., 1848, m, 341. Cf. Grotius, Exeerpta ex trag, et corn, grœc.^ p. 145 : celui-ci les attribue à un Sophocle postérieur au grand tragique.

Les vers de Philémon sont attribués à Diphile par Clém. d'Alex.. iv. VII, et Euscbe ; cf. Meinekes, Menandri et Phil. reliq, p. 433.

Les vers d'Euripide sont attribués à la tragédie de Phrixus par Sextus EMÊfimcu%,Adw.èiaihem.y I, i3. Walckenaer/D/d/rt^e^e^riiro^K/o^ Boeckh, Grmcœ tragqtdiœ principum gcnuina, Hartung iEuripides rettttutmsf, regardent nne partie de ces vers comme ajoutée par un i«tf o« m chrétien.

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