‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 55 sur 221 · CHAPITRE XXVI IO · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI IO

n'eschappèrent pas la main du grand juge, ainsi que i'ay dict. Et entr'autres Menier la sentit fort horrible, par une strangurie et un feu qui le bruloit depuis le nombril jusques en haut : lesquels maux il porta en telle patience que depuis qu'il en fut saisi, jusques au dernier souspir il ne cessa de blasphémer et despiter Dieu : Cuisant fort mal son proufit des exemples de plusieurs hommes et femmes lesquels il avoit ouys louer Dieu entre les tourmens alors qu'il les faisoit massacrer. Mais aussi il faut considérer qu'il enduroit la mort comme un brigand et meurdrier, les autres l'enduroyent comme martyrs (1). Or entre les gens d'Église qui auparavant ledict d'Oppède avoyent persécuté les porres fidèles de Provence, y eut un Jacobin nommé de Roma (des cruautez duquel j'ay îsLict mention cidessus) qui pareillement sentit la main de Dieu bien pesante. Car sous couleur de la charge qu'il avoit d'inquisiteur de la foy, ayant tyrannisé tant es corps qu'es biens tous ceux qu'il trouvoit n'adhérer point à la religion Rommaine, il se retira en Avignon, en délibération de faire grand'chère du pillage qu'il avoit apporté de divers lieux dudict pays de Provence. Mais le pillard fut pillé par ses domestiques et mis à povreté : et bien-tost après il tomba en une maladie espouvantable, et incongnue aux médecins. Car elle luy engendra des ulcères en plusieurs places, lesqueb s'emplirent de vers, tellement que sa chair tomboit par morceaux : et devint si puant que nul, non pas luy*mesme, pouvoit endurer sa puanteur. Ainsi en vint là qu'il voulut persuader à quelques-uns qu'ils le tuassent : ce que n'ayant sceu persuader, il essaya

(0 Voy. Histoire (U Vexicution de Cabrières et de Mérindol... déâmiie dams le plaidoyer de Jacques Aubery, lieutenant civil au Ckastelet de Paris, Paris, Séb. Cnmoisy, 1645. in-40.

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APOLOGIE POUR HERODOTF

de se desfaire. Mais n'ayani pu meitre

|xéculion cesTc malheureuse délibération, il fui

aini d'endurer jusques à la fin : non sans plusieurs

i plusiost hurlemens, conjoints avec maints bla-

t despitemens de Dieu : comme c'est ordinai-

Ini le rerugc de tels meschans, se scnians pressez de

lurs. Et h propos des gens d'église, il me souvient

n qu'on n'a pas accoustumé d'oublier, quand on

I de tels jugemens de Dieu : h-si;a¥oir Petrus Castel-

1(i). Car de faict nous avons en luy [aussi bien

n autre] un exemple notable du jugement de

J ; poureeque après avoir faict grande profession de

ligile pendant le règne du roy François premier de

m, jusques h encourir la male-graee de la Sor-

c pour ceste raison ( laquelle il ne craîgnoit k cause

tppuy qu'il se seotoit avoir dudict prince), tl

Irna sa robbe au règne du roy Henri deuxième de

1 Ipounani qu'il voyait que ceux qui faisoyeni

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