PRÉFACE DE LA SECONDE PARTIE
prédécessears ne nous laissent point douter d'icelle, combienqu'autrement elle surpasserait la foy : pareillement il est à présumer que les siècles qui précèdent le nostre de tant de centaines d'ans, ayent eu leur lourderie propre et péculière : laquelle ne nous eust esté incroyable (comme ell'est à présent) si nous leur eussions esté prochains, successeurs : d'autant qu'ils nous en eussent laissé semblablement des certains tesmoignages. Lequel argument sera traité ainsi généralement pour senrir comme de préparatif à PApologie d'Hérodote : en attendant que j'aye le loisir et le moyen de le traiter particulièrement et par le menu, et de trouver des faicts de nostre temps correspondans et sortables à ceux qui nous semblent si estranges en Hérodote.
Et comment donc? (pourra dire le lecteur) estimez vous que tous les actes descrits par Hérodote, auquels nous ne pouvons ajouster foy, ne nous soyent incroyables que pour les deux raisons susdictes? à-sçavoir ou pour la trop grande meschanceté, ou pour la trop grande sotise que nous y trouvons? Certainement mon opinion n'est point telle : ains recongnoy très-bien que l'incrédulité de plusieurs en cest endroit provient aussi d'un' autre troisième raison : c'est que plusieurs n'ont aucun esgard au grand changement qui est presque en toutes choses entre ce temps-là et le nostre, ains veulent que le naturel et manière de vivre des hommes d'alors se rapporte tellement aux nostres qu'ils ayent pris plaisir aux choses qui nous sont plaisantes, et aucontraire aussi que tout ce qui nous desplaist leur ait despieu. Qui plus est, veulent trouver convenance entre Testât des républiques et des royaumes d'alors et autres gouvememens de peuples, avec ceux que nous voyons aujourd'huy estre establis. Voire sont aucuns si inconsidérés en lisant les anciennes histoires, qu'ils
I mesurer le climai des pays si
nostre. Or ne se faut esbahir
n grand dîscord emre ces choses, ils esti-
Is histoires ancii^ones esire autant eslongniées de
; qu'ils y lisent est cslongne de ce qu'ils
mé de voir et ouyr. Congnojssant donc
loisiùme cause de l'incrédulité de plusieurs, |e
is la troisJÈme partie du présent traité : mais
^ le lecteur qu'il tue permette laisser pour
t ee que mes occupations ne me permettent
'. [I est vray que j'ay espérance de donner
n eschaniillon decesie troisième partie en la
Iquc \c mcttray au devant de cest oeuvre.