‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 72 sur 221 · CHAPITRE XXIX l^Z · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX l^Z

Qui besongna de telle sorte Que d'un panier fit une porte (i).

Il y a quelques autres passages corrompus de la mesme faiçon es premières impressions de Tancienne infcrprétation. Et me souvient nommeement quant à everrit pour evertity qu'un certain imprimeur (2) fut en grand danger pour Tavoir remis au texte. Or quant à plusieurs mots dudict nouveau Testament desquels ils n'ont pas changé Tescriture, ils ont pour le moins changé la signification, c'est â dire les ont faict signifier ce qu'ils devinoyent, comme en S. Paul au lieu que hœreticum devita (3), signifie Évite un hérétique, ou Gardetoy d'un hérétique, ils ont deviné que c'estoit à dire, Oste la vie à un hérétique. Toutesfois encore n*est rien tout ceci au pris de l'interprétation de ce passage Invenimus Messiam, S. Jan, chap. i, Nous avons trouvé la messe. Et de cestuy-ci, Signa autem eos qui crediderintj hœc sequentur, Fay le signe de la croix sur ceux, etc. Entre lesquelles braves interprétations ne doit cstre oubliée celle d'un curé du pays d'Artois, qui ayant un procès contre ses paroiciens touchant quelques réparations qu'il faloit faire au temple, et entr'autres de le paver, en la fin prit le prophète Jérémie pour son avocat, au chap. 17, où il dit, Paveant illi, et non paveam ego: indue super eos, etc. Quand (dit-il) Jérémie dit expresseement, Qu'ils pavent, et non pas moy, ne vous donne-il pas bien à entendre que ce n'est

(i) Oa saivant le recueil de P. Grosnet, p. 55 :

Celluy estoit bon charpentier, De ce â vous je m'en rapporte : En contrefaisant son mestier, D'une corbeille feit la porte.

t2> Apparemment Robert Esticnnc, père de Henri.

Ok AJ TUum, II r, 10.

pas à faire au curé de paver l'cglise, ains aux paroiciens? Mais de ceste interprétation, Confilemini allcrutrum. Confessez-vous h un prestre, qu'en dironsnous? Car ici nous ne trouvons point que le mot Latin ait le son du François ou en approche, comme fs passages précédens. De raa part, je ne cèleray point quant il ceste interprétation, et quelques autres semblables, ne Sfavoir par quel chemin ils y venoyent.

C'est assez parle des simples prestres, ou moines : parlons des prélats. Il est certain qa'ils ont bien secondé en cest endroit les simples prestres: tesmoin celuy qui oyant alléguer des loîx qu'on nommoît Clementina et Novella{t), se mit en très-grande cholére de ce qu'on tuy amenoii le tcsmotgnage de paillardes. Et s'il esc licite de parler aussi du chaticelîer du Prat (entant qu'il a esté homme d'église], il monstra bien qu'il avoic du sçavoir, mais non pas plus qu'il luy en faloit pour sa provision ; quand ayant leu la lettre que le roy d'Angleterre Henri VIII escrivoîl au roy François premier de ce nom, où il y avoil cntr'autres choses, Milto tibi diiodecitn molossos (i) |c'esl à dire, Je vous

(il Dans la faculté de Poggf, 198, d'où ce conte es\ prit, il regarde un juge el non un prdUt. Cf. Oemaerilus rident, p. 14S : Judéx inJoctvt; — CarpenlariaTia. Pirii. 1714, in-ii, p. 3iS; — (Gayotdt Pïtml), Bibliolkèquc dt covr. de ville el de campagne. Paru, 1740,

barreau cl qui remplit de grande* placei dan< l' ordre judiciaire, ail pu ignorer la langue dana laquelle on readaii encore II ïusitce et qui fuit de preinlire n'cettilé pour laulei les itudei de droit ? On a remirquf, 11 eit vril. qu'il itiIi muvcdi montra de rtloignemeol el nue etpice de jalousie contre lei geni de letlrei. trouTani qn'ili le primaient dam l'etpril du public et danila faveur du roi; nuia, quoiqu'il n'aimât point les lettres el qu'il tii cru perdre ion temps en recherchant la socïfté de ceux qui lea cultivaleni, il n'en dut pas moiot sa première fltvation aux taienti de l'esprit ei t ics connaissance», parce qn'alors dans In cours de magistrature on ne a'ttevaii pas auiremenl. \x parlemsnl de Paris, qui le connarssaii bien et qui ne lui aurait pus plus meiiagd les roprotlics d'Ignorance que laits les

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envoyé une douzaine de dogues), il interpréta Je Tom envoyé une douzaine de mulets. Et se fiant à ceste interprétation s'en alla avec un autre seigneur trouver le roy, pour le prier de leur donner le présent que le roy d'Angleterre luy envoyoit. Le roy, qui n'avoit enoores ouy parler de ceci, fut esbahi comment d'Angleterre on lui envoyoit des mulets, disant que c'estoit une grande nouveauté. Or ayant voulu voir la lettre et la faire voir aussi à autres, on trouva duodecim molossoSy c'est à dire douze dogues. Dequoy ledict chancelier se voyant estre mocqué (et faut penser de quelle sorte), trouva un' eschappatoire qui le fit estre encore d'avantage : car il dict qu'il avoit failli à lire, et qu'il avoit pris molossos pour muletos.

Quant a se formalizer pour leur Latin, à ce qu'il soit congru, ils en sont dispensez par ces mots de leur S. Grégoire, Non debent verha cœlestis oraculi subesse regulis Donati. Et pourtant a eu tort un des prescheurs susdits de reprocher aux prestres qu'ils ne sçavoyent pas leur Donat. Aussi de leur vouloir faire rendre conte de leur prononciation, seroit les recercher de trop près : et croy que le mesme S. Grégoire n'entendoit pas qu'ils s'en donnassent peine, et qu'il n'estimast leur messe aussi bonne avec Dominu vobiscon, qu'avec Dominus vobisatm, et Peronnia secula qu'avec Fer omnia secula. Et pourtant ne m'esbahi pas si de nostre temps a esté intenté un procès contre le chanoine qui vouloit avoir sa prononciation h part, et discorder de tous les autres, disant: Pcr omnia secula. Il Cbl vray qu'ils se plaignoycnt aussi de Kyrie eleison, au lieu de Kvrielcison, comme nous orrons tantost.

aatrt«. jvotiait dans une de se^ réponses .i la réjjcntc cri i?2S • que 'c v^jn.elicr avait une pcnctratum vive, de-» ^.onnai'.-^aticc»» trc«4iicnduc' c! un travail facile .. » lUraiitc p«.rc, dan< la Bio^.jfHic MickauJ

Quant' au Grec, il leur est â pardonner s'ik n'y ont entendu rien du tout, veu que de plus habiles gens qu'eux n'ont eu bontc de dire ce que nous avons raconté ci-devant, à-sçavoîr, Gracum est, non legitur: ei Transeal, Grœcum est [i). Et si on tient cesie ignorance pour mal, pour le moins on peut dire que ce mal a apporté quelque bien. Car par icclle a este augmente le nombre des saincts et des sainctes, tesmoin S. Lonchi DU Longi, quant aux saincts, S. Tiphaine quant aux sainctes : car du mot Grec Xc^r,. Loncki, signifiant lance, est sorti ce sainct (2) (combîenque desjà ce mesme nom eust esté baillé à celuy qui de ceste lance perça le cosié de nostre Seigneur]; et d'un autre mot Grec Oi^sàvix, theophania {comme si on disoit Apparition de Dieu) est sorti saincte Tiphaine. II est vray que d'autre part ceste mcsme ignorance a este cause d'augmenter le nombre des diables : car de Macrobius et quelques autres tels mots on en a faict des noms lie diables. Quant au povre Malchus qui eut l'oreille coupée, et auquel depuis on a osié son nom pour le donner à une sorte do glaive (3), je luy lai^erâv plaider sa cause : alîn qu'on ne die que je suis l'avocat des

Mlirieurc 1 «lie que fait Esllenne. Ricliilet de mentionne que le «econd. ■ Pour du lutin, ic n'y cniendi rien, miis pour du grcl>, ii TODi en c«»c. < La CaméJ- '

(i| Ln Àcla SaKCloruiK ■ Proprium ne id el nomex fatrit an a 'i.OY/^ ''"' ttceptum, qao milei aliat anourmut deaifueîur variant anttom Poilerlorum longt verosimitior vidtttir me conjectura : cni alla quoiue addi postet , videlieet occasianem ejus sic nominandi tumplam exeo ^uod lut Longino centarione miliiia romaïut ilipe»dia meraeril : niii farte eliam haie aliad Jkerit proprium Homen. • XV Marlii. U Longin cemurion eu toni de M*nh.. XXVII. i4, Mire, XV. 39, le Longin soldit de Jean, XIX. 34. U. U^dli, llaliaiaera.t.VI, p. iioi, n' ii7;Till(manl, M^m., t. I, p. 5o.

13) MALCVS. ensii falcalia, harpe. Nicot. ■ PDlyniim« prodiiiun! ton nulcbui. > Du Fait. Batlvtmtriet, IV.

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