CHAPITRE XXIX
est quant legatus. Petrus fuit universalis Christi vica^ rius. Cui dixit Christus, Tu es Petrus, tu es Simon : tu vocaheris Cephas: quod Grœce dicitur major etprimus, quia scilicet fuit papa. Quant à ceux qui ont voulu dire, pour prouver la mesme chose, que c'estoit an mot de François duquel nostre Seigneur avoit là «se (d*autant que chef signifie en nostre language Teste, et aussi celuy qui est le principal et le conducteur en quelque affaire), ils ont eu par trop mauvaise grâce : et eussent-eu encore plus de raison de le prendre du Grec ( s'ils l'eussent sçeu ), en ostant les deux demiàres syllabes de xsoaXiJ. Car c'est d'ici que nous aussi avons pris ce mot Chef ( i ).
Voilà comment on s'est joué des mots de Grec et dliébricu (estans en la Bible) quant à l'interprétation. Or estans le Grec et l'Hébrieu beaucoup plus eslongœa du commun usage, il ne se faut esmerveiller si ceux qui se scandalizoyent du chanoine qui prononçoit per omnia^ non pas per onnia ( voire jusques à l'en mettre en procès), cstoycnt encore plus scandalisez de l'oujrr prononcer Kyrie eleison^ non Kyrieleison, et encore d'avantage de allelu'Iah (en faisant I consonant ) au lieu de leur alleluya. Et quant à ce qu'ils disoyent que ceste prononciation leur rendoit ledict chanoine suspect de luthéranisme, c'estoit pourcequ'en voulant soustenir sa façon de prononcer, il alléguoit des raisons par lesquelles il dcscouvroit qu'il avoit estudié csdictes langues Grecque et Latine, qui de long temps ont esté estimées luthéranifiques et hérétifiques. Tesmoin nostre maistre Beda, qui en la présence du roy François premier de ce nom objecta à feu Guil-
(I) Dtn» le recueil qui termine le Traité de la Conformité, EttJeoQe «Tait dé)à dit : chef, quasi ceph, de xc^oXiJ. — Qief est la iMnanisatioo régulière du radical cap de caput,
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laume Budé (qui par tous moyens s'efforçoit d'entretenir le roy en sa bonne délibération, voire la loy accroistre de plus en plus, touchant l'establissement des professeurs de ces langues) que l'Hébrieu et le Grec seroyent la source de plusieurs hérésies. Mais ledict Budc rembarra vaillamment ledict Bcda, luy prouvant sur le champ qu'il estoît un bedier ( t ), auquel il n'appartenoii pas de juger de telles choses où il ne congnoissoit que le blunc et le noir. Ainsi fut ceste trèsvertueuse entreprise du roy (i) heureusement exécutée au grand despit et déshonneur de Beda et de ses compagnons, et au très-grand contentement et très-grand honneur tant dudict prince que dudîct Budé. Et ne faut douter que si ces gentils rabbis qui s'y opposoycnt, eussent osé confesser la vérité, ils eussent dici ce qu'un poËte François leur sceui bien reprocher quelque temps après: à-sçavoir qu'il y avoit danger que ce Grec, cest Hêbricu, ce Latin, ne descouvrissent le poi aux roses (3).
([) Cr. t. I, p. g, Au lecUnr.
|a| ■ C'«t au juceès glorieui de celle entrepris >, dit Le Dnehii. < q«doii te rappornr 1c lumom de grand donn<«D rai PriD{a[>[*'.> • Cm pMttrlié, • dil-il aîlleun [Ducatiaim, p. tfiJ). • ■ itt auci iuiuitc pour lui ravir un surnom qu'il avoit ai bien lattixt. • Cf. De Biie, Hitt. dt% Églius réfirmies, 1i». I, et Bayle, Dict. Alilorlfu. an. Franfoii J^, lenre S.
(3) Ce Grec, oïl Hcbreu, ce Luin