CHAPITRE XXX l
srrenrs. A laquelle allégation fut faicte il y a environ qiaiiu'ans ceste response par un personnage (i) excellent lors, mais auquel toutesfois Dieu augmente encor jour en jour ses grâces excellentes :
Nos grans docteurs au chérubin visage Ont défendu qu^homxne n'ait plus à voir La saiocte bible en vulgaire language, Dont un chacun peut congnoissance avoir. Car (disent-ils) désir de tant sçavoir N'engendre rien qu'erreur, peine et souci. Arguo sic, SMl est donques ainsi Que pour l'abus il faille oster ce livre. Il est tout clair qu'on leur devoit aussi Oster le vin, dont chacun d'eux s'enyvre.
Et comment donc s'entend ce que nous lisons en Olivier Maillard, ancien prescheur, quand il dit aux bourgeoises de Paris qu'elles ont leur bible en François ? (2) n entend une façon de bible qui estoit premièrement d'unUnterpretation faicte à leur poste, et puis glosée de la glose d'Orléans (3), à-sçavoir qui gastoit le texte : voire ayant la glose meslée parmi le texte, laquelle failoît accorder avec iceluy les abus et la fausse doctrine
(I) Th. de Bèze.
(3) V07. Le premier (et le second) volume de la bible historiée trsmilatée de latin en français de Pierre Comcstor par Guyart des Uomlins et revue par Jean de Rely, iropr. pour Jacques Sacon, Lyon, i5iS, 3 t. en I V. in-fol.
P) Glcm d'Orléans plus obscure que le texte, dit le Dict. de Trétomx. Le proverbe est fort ancien, puisque Pierre de Belle-Perche en a fait mention, sur le 4* livre des Instituts, tit. 6 de Actionibus, où il dit : Licet glassa alio modo exponat. glossa Aureliancnsis est quœ iestruit textum. Cm juriscoosulte. depuis évoque d'Auxerre et chanoclier de France, mourut en 1307. Le proverbe se trouve dans une lettre da cardinal Jean deCerTantcs, évCquc de Ségovie.à ^neas Syl- Tiu, Pao 1443 ; dans Nevizan, Forêt nuptiale, V, aS; dans Charles de Grasaaille. Regalium Francùr libri duo, Lyon, i338, in-8, 1. i, c. 6; dan Fr. Lemaire, Antiquités de la ville et du duché d'Orléans, 1^43, îo-4», 1648, in-fol.
de la religion Rommaine. Cesloyent des bibles ésquclles ils disoyeni mcUre de la contrepoison en tous les endroicts auqucls ils craignoycat que les simples lecteurs fussent empoisonnez, selon qu'ils parloyenl. Sur lequel
propos j'ay faîci ce dizain :
Comment ont nos rabbis permis et défendu
Le livre qu'ils ont craint de tous estre entendu?
La bible ont défendu en language vulgaire.
Puis l'ont fsîct imprimer, pour au peuple complaire.
Ceci s'accorde bien. Car lout-ainsi qu'on voit
Que nous ostona le vin à qui par trop en boit,
Ou qu'avecque force eau tellement on l'appresle
Que foire mal aucun il ne peut à la teste ;
Ainsi ont nos rabbis voulu la bible osier,
Ou bien leur minions à la bible ajousicr.
Or cstoyent ces mixtions ce qu'ils nonimoyent contrepoison |i) : lesquelles toutesfois méritent au contraire d'estre appelées poison. Car il est certain que le teste de ta bible estant leu en la sorte qu'il nous est commandé de le lire, n'empoisonne point (c'est-à-dire, ne met point d'erreurs en la teste, ains si nous y en avons, les oste) : mais leur glose au contraire est celle qui évidemment empoisonne ceux qui ne sont munis de contrepoison.
(il Alluiion k deux Duvraget d'Artui Désiré : le CoHtrepoiion ia ciiiquaiile-àeax chansons de C. htarol fantKmenl inliluUts par las Psalmes dt David, Pari*. P. Giuliier, iSâo, ptl, in-8. — Plaiiant et harmonieux ctHtiqutt de déreliOH qui loni un recoud camirtpoitm aux eiuquanlt-deiix chasiota de C. Marol, Pirit, P.GaulUer, iHt,