CHAPITRE xxxrv igS
le diable ayftnt ouy cela s'enfuit avec une merveilleuse furie et tempeste, au lieu que quand il se retire pour Teau béniste, il ne se daigne pas haster d'un pas. Que si le diable mesme a eu si grand peur d'estre ainsi perlumé par frère Ruffin, ne doutons pas que le perfum que laissa f rater Juniperus au lict de son hoste pour payement, ne fbst pareillement plus que memphitique (i), c'est à dire très-puant et très-puantifique.
Pardonnez-moy, lecteur, si je parle si gras, estant contraint de m'accommoder au propos que je traite. Car (comme dit un proverbe Grec), il est bien difficile de trouver honnestes paroles aux choses déshonnestes : et toutesfois je n'ay pas dict du pis que j'ay pu (comme vous voyez) de ces frères, pour le respect que je porte ï leur mère saincte église : mais s'ils y retournent plus, je ne les espargneray point.
Qui sera aussi tant héraclitique qui ne s'esclatte de rire quand il lira en la vie de S. Dominique qu'il tenoit les diables assiégez dedans le corps d'un homme, ne leur voulant permettre de s^en aller sans donner pièges? et qu'en la fin ils donnèrent pour pièges les saincts martyrs qui reposoyent en l'église ? Mais à fin qu'on soit plus satisfoict, je mettray les propres mots de ceste histoire tels qu^ils sont en vieil language Fran- {ois : Un homme estoit démoniacle de plusieurs diables, lequel luy fut présenté fà-sçavoir à S. Dominique) et il pnt Testole, et la mit sur son col. Et puis en ceignit le col au démoniacle, et commanda à iceux que d'oresenavant ils ne tourmentassent celuy homme.
Ii}Maiiphitiqae aujoard'hui Tentdire : qui appartient à Memphit. Hépatique dérlTt de mefUis qui c paraît venir des dialectes iuliotes au Samniam, où ce nom se donnait aax sources d'eaa sulfureuse d aax dÎTinités qui y présidaient. • Littré. Il est difficile de ne pas rapprocher de m«6tis mofette^ terme d'ancienne chimie, gaz irrespirable, Meo que Diez le dérive de l'allemand muff^ moisissure. Cf Pwie, III, 99, et Tsdte HiU., III, 33.
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APOLOGIE POUR HEBODOTE
itosl ils furent lourmeniez dedans luy fourmem,
ent, " Laisse-nous aîler. Pourquoy nous con-
ns-iu à esire lourmertez î » Et il dict, — « Je ne
s laisseray jusque-s 3 tant que vous m'aurez donné
I piège que vous oc retoumereï plus. . Et ils dirent,
0 Quels pièges vous pouvons-nous donner? • Et il
, — ™ Les saints martyrs qui reposent en ceste
I église. » Et ils dirent, — c Nous ne pouvons : car
s mérites ne le requièrent pas. o El il dict, — «Il
nvient que vous les donniez, ou je ne vous lais-
'ay pas aller quittes, o Et ils respondirent qu'ils y
■lettroyent peine. Et après un peu de temps ils dirent,
sit ce que nous ne soyons pas dignes, nous
inipétré que les saincts martyrs nous plège-
1 Et il requit avoir signe de ceste chose. Et ils
- T. Allez à la chace où les chefs des martyr»
et vous les trouverez renversez, u Eiadonques
|lléreni, ci fut ainsi trouvé comme ils avoyent dict (i).
s laquelle histoire (ou plustost fable) suit cesic-ci,