‹ Apologie pour HérodoteChapitre 111 sur 223 · CHAPITRE XXXIV 2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV 2l

les, Ovide, Virgile, ont escrit les louanges de la vierge Marie (au feuillet 71. col. 4.), alléguant toutesfois les mots de Virgile seulement, à-sçavoir Ultima Cumœi venitjatn carminis cetas, etc. (i). Et au mesme lieu il dit que les Sarrazins et les Turcs l'adorent en leurs temples et punissent ceux qui la vitupèrent, comme il est escrit en Talcoran. Pareillement l'auteur des sermons intitulez Dormi secure ne se contente pas de falsifier évidemment l'exposition de ce passage du cinquième chapitre de la première épistre de sainct Jan, Car il y en a trois qui donnent tesmoignage au ciel . en exposant, Qui donnent tesmoignage, à-sçavoir à la vierge Marie, qu'ell'est conceue sans péché originel. Et qui sont ces trois? maistre Alexandre Niccam, Bonaventure cardinal, et sainct Bernard : desquels nous parleronstantost plus amplement. Ni ne se contente de falsifier là-mesme cestuy-ci du troisième chapitre de Daniel, Ces trois quasi d'une bouche louoyent Dieu, en exposant, Louoyent Dieu, à-sçavoir de ce qu'il avoit préservé sa mère du péché originel. Il ne se contente (di-je) de ces fausses allégations des passages de la bible, ni du tesmoignage de quelques docteurs, niais allègue aussi les Sarrazins et l'alcoran de Mahomet. Necmirum (dit-il) quod ista affirmatio a Catholicis teneatur, quum etiam Sarraceni illud prœconium sibi attribuant. Nam in quodam libro suo qui dicitur alcoran, qidi liber fuit editus per discipulum Mahometi et est authenticus inter eosy sic inquit Mahometi discipulus, Audivi nuntium Dei dicentem, Nullus de filiis Adam nascitur quem non tangat Satan, prœter Mariam etfilium ejus. Quapropter et ipse Mahometus collaudans virginem in suo alcorano, sic dicit, O Maria, Deus utique députa» vit te et elegit te super fœminas seculorum, O Maria,

• (I) Eclog. IV, 4.

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Deus anmmtiavit tibi verbum sttum de se. Nomen ejus Messias, et Jésus Mariœ filius honorabitur in hoc seculo et in alio, etc. Or faut-il noter qu'avant que venir au tesmoignage de Talcoran, il avoit produit toutes les autoritez de la bible et des docteurs desquelles il pensoit pouvoir faire son proufit : ajoustant mesme, pour mieux autorizer leur opinion, Sancta synodus dicit quod dicta sanctorum doctorum scilicet Augustini, Hieronymiy et aliorum, a cunctis fidelibus sunt reti' nenda sicut quatuor evangelistœ. Et que fait-il après ? Il vient aux contes, de l'accommodation desquels je traite maintenant. Tertio, (dit-il) dico quod virgo Maria est sine originali peccato concepta, quia est exemplis confirmatum : specialiter autem tribus exemplis qucC' facta sunt in tribus magnis doctoribus sanctœ matris ecclesicBy scilicet in magistro Alexandro Niccam, in do^ mino Bonaventura cardinali, et in sancto Bemardo. Et que contiennent ces contes ? G>mment la vierge Marie a monstre qu'ell'estoit indignée contre ceux qui soustenoyent qu'elFestoit conceue en péché originel : et nommeement quant à maistre Alexandre Niccam, que luy ayant faict courir le bruit par trois diverses fois qu'il prouveroit que la vierge Mane avoit esté conceue en péché originel, toutes les trois fois fut par maladie empesché de ce faire. Toutesfois encore depuis reprit ceste délibération : mais la nuict dont il devoit le lendemain tenir ses conclusions, il tomba en une très-griefve maladie. Alors il invoqua la vierge Marie à son aide : laquelle ne faillit à le venir trouver sur l'heure, et luy dict déprime arrivée, Hanc infirmitatem pateris pro eo quod me esse conceptam in peccato originali probare niteris. C'est à dire. Tu endures ceste maladie pourceque tu t'efforces^e prouver que j'ay esté conceue en péché originel. Et après luy avoir dict cela, elle prit le couteau de la chambrière qu'elle menoit, duquel elle coupa au costé dudict mai-

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