‹ Apologie pour HérodoteChapitre 117 sur 223 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

fueill. 2o8, col. 2) quod erant de junco marino (i). Et quœsivit ab illis qui fuerant cum beato Ludavico rege in terra sancta, quod quidam dixit quod illœ spince penetrabant sotulares cum duplici semella, quantum^ cunque essent novi et fortiter reparati. Corona erat sicut corona imperatoris, in qua erant mille cuspides : et ponebant super caput ejus, prementes cum magnis baculis et lapidibus.

Mais S. Jan leur a bien taillé de la besongne quand il ne leur a point voulu dire qu'escrivit nostre Seigneur alors qu'on luy eut amené la femme qui avoit esté surprise en adultère. Or de plusieurs opinions touchant cela Menot en amène quelques-unes au fueillet i38. col. 4., où il dit aussi que l'homme avec lequel eiravoit esté surprise se cachoit derrière les autres. Et tout d'un train en la colomne précédente on trouvera la response à une question meue touchant le bon larron, à sçavoir si Dieu peut pardonner à quelcun ses péchez sans qu'il ait faict pénitence et satisfaction.

Ils n'ont pas esté si empeschez à deviner qu'avoit dict nostre Seigneur à ses disciples touchant le figuier qu'il avoit faict devenir sec : mais ont incontinent trouvé en leur cerveau, qu'il leur avoit dict que le figuier signifioit la synagogue des Juifs, qui devoit estre destruite en brief, à cause de la malédiction que Dieu avoit donnée. Et qui ne me voudra croire, lise Menot au fueillet 166, col. 3., où il rend aussi la raison pour laquelle nostre Seigneur avoit eu faim alors. Âsçavoir, pource qu'il avoit mal souppé. Et pourquoy

(1) Selon la tradition latine à Jérusalem) la couronne fut prise sur le lycium spinosum, Hasselquist croit qu'on employa le nabka des Arabes {Voyagea la Terre sainte, Paris, 176a). — Forbin, Voyage dans le Levant, Paris, 1819, p. 96, dit : « Plusieurs auteurs pensent que la couronne d'épines fut formée d'une branche de rbtmus. »

avoit-il mal souppé? Pourcequ'il estoit arrivé tard. Car nous sçavoos que c'est l'ordinaire que ceux qui arrivent tardy ont la petite part (i). Il est vray qu'il dit que selon aucuns docteurs cette faim n'estoit corporelle mais spirituelle.

Ils ont faict aussi telle diligence qu'ils ont trouvé presque tous les noms (à propos de ce que j'ay tantost dict touchant le nom du chien de S. Roch) de tous ceux et celles dont il est faict mention es Évangiles : tellement qu'il n'y a si petit entr'eux qui ne responde à telles questions. Exemple : quant au nom de la femme pécheresse qui vint oindre les pieds de Jésus Christ estant à table chez le Pharisien, c'est une chose hors de doute entr'eux qu'ell'avoit nom Marie Magdelaine, comme j'ay monstre ci-devant. Quant à ceste femme qui dict à Jésus Christ , Bienheureux est le ventre qui fa porté, ils tiennent pour aussi certain qu'elle se nommoit Marcelle , que si l'évangeliste l'eust dict. Barelete au fueillet lxxi, col. 1 1 1 , Quum hcec diceret, extollens voeemquœdam mulier (scilicet sancta Marcellay famula beatœ Marthœ sororis La^ari) dixity Beatus venter qui te portavit. Il est vrai qu'Olivier Maillard dit seulement que c'estoit une damoiselle de Marthe, au fueillet 140. col. 3. Or quand ils se sont veus estre empeschez à trouver les noms de quelques personnes, ils ont usé de nouvelles métamorphoses : comme quand ne pouvans trouver le nom de celuy qui donna le coup de la lance, ils l'appelèrent luy-mesme Lance : car lonchi (comme nous avons dict ci-dessus) signifie lance ; lequel nom lonchi ils ont donné à celuy qui fit ledict coup. Il est vray qu'on l'a depuis corrompu en Long! ;

(i) Sero venientibus ossa, dit un proverbe latin d'origine récente, selon Faselius, Latium, Weimaff i865. Une forme plus ancienne serait : pos/ /«/«m ventre^ tiré du grec xaxoTriv ttjç lopTTjç ^xeiv Platon, in Géorgie).

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