‹ Apologie pour HérodoteChapitre 152 sur 223 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

milieu, qui pourcstre souvent manié est ordinairement plus mal net que les autres, démonstre par une mystique antiphrase, leur netteté et chasteté. Celuy d'enhaut duquel ils se serrent et lient estroitement, signifie leur estroite povreté. Quant aux brayes, elles sont allégorizées diversement : mais la plus commune opinion est qu'elles déclarent la grande odeur du sacrifice d'obéissance, pourcequ'elles sont communeement perfumées d'une odeur horriblement forte.

Entre leurs façons de faire j'en choisiray aussi quelque nombre seulement : mais sans ajouster l'exposition des subtilitez, pourceque je ne Tay encore trouvée en aucun docteur. J'appelle leurs façons de faire les coustumes cérimoniales de leur ordre ou règle. Et d'autant que les susdictes brayes sont comme la plus belle rose de leur chapeau (soit pourcequ'elles servent à engrossir les femmes, soit pour autre raison), je commanceray par icelles. Il faut donc sçavoir qu'il est très-expresseement et avec grandes comminations défendu aux Cordeliers de n'aller ne venir, ne manger, ne dormir, ne prescher, ne dire la messe, sans avoir leurs brayes, comm'estans mystifiquement incorporées avec l'habit. Il est vray que quelquesfois se sentans fort escorchez par icelles entre les jambes (comm'il avient en cheminant), ils les mettent pour quelque peu de temps en leurs manches. Audemeurant ce qui s'apprend en l'an de probation et avant qu'ils soyent profez, c'est à tenir le doit au cul du verre en beuvant, ou bien à le tenir des deux mains : à regarder en terre, à contrefaire les torticoUes , à cacher les mains es manches, à faire chatemitiquement l'inclinabo en l'église et autre-part, en haussant le cul , et baissant la teste par égal contrepois : item à baiser la terre, s'agenouiller devant les patres, quand on les rencontre , leur baiser la main, la corde, ou les pieds, s'il ne leur plaist de

présenter la bouche. Je laisse les choux qu'on fait planter aux povres novices la racine contremont, les arbres morts qu'on leur fait arrouser^ le gros o& qn'oa knr fait porter en la bonciie : et plusieurs autres manières de Êurc descrites par celuy-mesme dont j'ay tiré ces autres, à-sçavoir Jan Menard, en un livre qu'il a intitulé Déclaration de la règle et estât des Cordeliers. Lequel en pouvoit parler et escrire comme celuy qui avoit esté de cest ordre , mais par la grâce de Dieu s'estoit descapluchonné , après avoir congnu tant les subtilitez susdictes que plusieurs autres lesquelles il raconte. Aa reste;, lêcfieœr^ si d'aventure vous n^estes encore saoul de sobtilîtez, on ks aimes mieux en ryme qu'en prose, je vous en ay aussi trouvé : entre lesqudks est mentionnée aussi celle des mitres épiscopales, dcmt j'ay desjà parlé.

L^aube et le surplis blanc dénote Vie sans macule et sans note.

La mitre de deux pars cornue, Science certaine absolue Du vieil et nouveau Testamens.

Les gans, des sacrez sacremens Sincère administration.

La crosse, saine attraction Des brebis à vraye pàsture.

La croix, les livres, TEscriture, Des humaines affections, Avccque les afflictions, Les avènements signifient.

Voilà où caphars se confient Par belles contemplations.

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