CHAPITRE XXXIX Sy
principalement contre l'ordonnance qui commande aux prestres le célibat. G>ntre laquelle en premier lieu nous trouvons ces vers faicts à la bonne foy,
O bone Calixte, nunc omnis clerus odit te. Olim presbyteri poterant uxoribus uti, Hoc destruxisti {i) tu quando papa/uisti : Ergo tuumfestum nunquam celebratur konestum.
donne nne trad. de M. de Julien Scopon, « gentilhomme dont la Mnse a paru jusqulci, ou sérieuse ou badine, suivant les sujets qu*il a voulu traiter. *
Cétoit la coutume autrefois Que celui dont on faisoit choix Pour la chaire pontificale, Devoit être premièrement Visité très-exactement A Tendroit où Ton pût s'assurer qu*on est mftle. Mais d'où vient que cela ne se pratique phis? Hélas I ces soins seroient désormais snperflos : Le sujet qu'on élève à ce degré suprême
A pris le soin de faire voir lui-mSme, Avant que le Papat par lui soit occupé.
Qu'il étoit mftle autant qu'un autre.
Digne par conséquent du Siège de l'Apôtre : On n'y peut plus être trompé.
La Monnoye {Menagiana, II, si 5) dit que Tépigramme latine se trouve aussi dans Spéculum pontificum Romanorum per Stephanum S^egedinum Pannoniumy que Cujas, en i583, avait tant envie de voir, « comme il parolt par quelques lettres qu'écrivit pour cela de Bourgea à Genève Jérôme de Tlsle Groslot, imprimées dans le recueil de Goldast. »
, Janus Pannonius s'appelait Jean Cesinge; il fut évêque de Cinq- Eglises (FQnfkirchen), de 1459 à 1470. Il mourut sans doute à Zagabria. Voy. Bonfinius, Rerum Hungar.^ Decad, 4, 1. 3, p. Sog, éd. de Hanau, 1606. Pier. Valerianus, De Liter. infelicitate^ 1. 1, raconte que son corps fut gardé deux ans par un ami dans un coffre poissé, parce que lors de sa mort et dès quelques années auparavant, ce prélat, qu*on avait rendu suspect à Matthias Corvin, se tenait caché loin du prince qui l'avait fait chercher longtemps. Voy. encore KoUer, Hist, episcopatus Quinque-ecclesiensis, Pest, 1782, 7 v. in*4o; Pray, 5pecimen hierarchiœ hungaricœ, 2 vol. ; Theiner, Jdon. kist, Hungaria, 2 vol.
(I) Calixte II (Gui de Bourgogne), d*abord archevêque de Vienne, succéda à Gélase II en 11 19. Il tint à Reims, sur la fin de l'année, un concile où l'on condamna les simoniaques et les prêtres concubinaircs
Et pois des antres qui commancent ainsi,
Prisciani régula pertHus eassatur.
Sacerdos per hic et hjec olim declinatur, Sedper hic solum nunc articuîatur, Quumper nostrum prœsulem asc amoveatur.
Et un peu après,
Non est Innocentius (i), immo nocens vere, Qui quod facto docuit, verbo vult delere : Et quod olim juvenis voluit habere, Modo vêtus pontifex studet prohibere.
Gignere, etc.
Mantuan aussi a condamné ceste ordonnance, disant entr'autres choses,
N'eust-il pas mieux valu suivre la droite voye, Par où la loy de Dieu nous mène et nous convoyé. En ensuyvant les pas de nos anciens pères, Desquels la vie estoit chaste et sans vitupères, Quand ils se contentoyent d'avoir chacun leur femme? Elas, et qu'est-ce au pris du célibat infâme, Que maintenir on veut contre Dieu et nature, Si non impiété pleine de forfaiture?
Il n'a pas esté jusques à maistre Alain Charretier qui n'ait crié contre ceste ordonnance, ou loy, escrivant ainsi en son livre appelé Uexil (2) (comme Tallègue
et ceux qui exigeaient une rétribution pour les baptêmes et les sépultures.
(i) Innocent VIII avait eu sept enfants de différentes femmes et était marié avant son entrée dans les ordres.
(2) La pièce VEspérance ou consolation des trois vertus^ c'est assavoir Fqy, Espérance et Charité^ est en prose et en vers et débute ainsi :
Au dixième an de mon dolent exil.
Le poète fait allusion à l'invasion de la Normandie par les Anglais (de 141 5 à 141 8) qui le réduisit» ainsi que beaucoup de ses compatriotes, à un dolent exil. C'est vers 1438 que l'auteur faisait cet appel aux sentiments de la nation.