CHAPITRE XXXIII
capit natura ipstus : et virgo manet vîrgo, Dixitque Salome, Vivit Dominus Deus meus, nisi scrutata fuero naturam ejus, non credam quod peperit. Et ingrediens obstétrix, dixit ipsi Mariœ^ Reclina teipsam, magnum enim iibi certamen incumbit. Quum autem in ipso loco pàlpavit eam Salome, egressa est^ dicens, Vœ mihi impiœ et perfidœ : quoniam tentavi Deum viventem. Et ecce, manus mea igné ardens cadit a me. Et flexit genua ad Deum, et ait, Deus, etc.
Je laisseray lire le demeurant à ceux qui pourront avoir la patience de le lire, où il y a choses encore beaucoup pires en toutes sortes. Mais je prieray le lecteur de considérer comment le diable s'est mocqué évidemment de la Chrestienté en faisant publier ce livre, et a aveuglé les yeux de plusieurs. Car il Ta publié par le moyen d'un qui apertement s'est efforcé par ses escrits de faire une meslinge de la religion Mahométique, Judaïcque (si religions se doivent nommer) avec celle des Chrestiens : par un qui a presché publiquement et soustenu des hérésies lesquelles ne sont seulement pleiiies de blasphème, mais répugnantes à Fhonnesteté naturelle, voire des payens. Qui est cestuy-là? Guillaume Postel (i). Et comment (dira quelcun) a-il esté possible que le livre venant de la
(i) « n suffit de jeter lesyeax sur le Protévangile de S.Jacques pour être convaincu que c'est une pièce fausse. L'on ne peut pas néanmoins dire que Postel, qui Tavoit apporté du Levant, Tait supposé, comme quelques-uns l'ont cru trop facilement : car Eustache, évoque d'Antioche, et plusieurs autres écrivains ecclésiastiques en ont fait mention, et ils nous en ont même laissé quelques fragmens. J'en ai vu deux exemplaires mss. dans la Bibliothèque du Roy... Il est bon d'observer qu'on trouve dans les mss. les mêmes fables que dans l'imprimé. Si Postel s'étoit contenté de dire que cet Évangile, tout apocryphe qu'il étoit, a quelque autorité dans l'Église orientale, il n'auroit rien avancé que de véritable : car quelques Grecs semblent le faire aller de pair avec les sermons de S. Ephrem, de S. Jean de Damas et de plusieurs autres Pères. » Rich. Simon. Noup. obs. sur le texte du N. Test., chap. I, p. 4.
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main de ce monstre exécrable, n'ait point esté tenu pour suspect, qui de soy-mesme le devoit estre quand il fust sorti de la main d'un ange? C'est en quoy nous devons congnoistre que le diable s'est évidemment mocqué de la Chrestienté, comme j'ay dict, et a bouché les yeux à plusieurs de ceux mesme« ment qui devoyent estre les plus clair-voyans. Il est vray que je confesseray bien que la meschanceté du susdict n'estoit pas alors si bien descouverte qu'ell'a esté depuis : mais elle l'estoit assez pour congnoistre qu'il se fadoit donner garde de luy. Lequel je laisseray comme estant (Dieu merci) assez congnu pour le présent : et viendray au stile ditdict livre. Je di donc et veux soustenir devant toutes gens qui ont quelque jugement en telles choses, que plusieurs hébraismes que nous y lisons, sont supposez, estans toutesfois meslez parmi autres que nous sçavons estre vrays et ordinaires en la saincte escriture. Au demeurant quant à la simplicité des façons de parler, on voit bien, aussi que c'est une chose affectée, et qui se dément soy-mesme. Quant au contenu, il est certain qu'il a esté forgé par un tel esprit que celuy dudict Postel (si d'aventure luy-mesme n'en est l'auteur) en dérision de la religion Chrestienne. Mais pour faire la fourbe meilleure, on y a inséré par forme de rapsodie quelques propos des évangélistes : item on y en a mis quelques-uns ausquels on a veu qu'on pouvoit donner couleur par quelques passages du vieil Testament : comme ce qui est dit des eaux de rédargution. Voilà jusques où est venue l'impudence et la meschanceté d'aucuns esprits diaboliques. Or si quelcun est curieux de voir plusieurs escrits semblables, ainsi supposez par la cautèle et astuce de Satan, il en trouvera un grand amas en un livre appelé Orthodoxogra-