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TOME VIII. — NOUV. TECH

L’ART MÉDICAL

six barrettes en bois que l’on peut replier contre le dossier. Ce dossier est composé de deux barres verticales reliées supérieurement par une barre horizontale et terminées par deux crochets que l’on maintient fixés le long du bût, au moyeu de deux crampons en fer. Pour que le malade ou le blessé puisse trouver un point d’appui, la partie supérieure du dossier est munie d’une tige en 1er à pivot susceptible de se relever et de recevoir une lanière de cuir qui peut être attachée au crampon supérieur. Une autre lanière fixée à la partie antérieure du siège peut être abaissée pour soutenir les pieds de la personne assise.

Pour transporter des blessés couchés, on place de chaque côté de la selle et sur les cacolets une couchette de lm,80 de long etde 0m,G0 de large. Chaque couchette (pl. IV, fig. 10), formée de tringles en fer articulées à charnières, est garnie d'une forte toile; elle peut se x’eplier facilement et est pourvue d’une capote formée, également en tringles de fer articulées à charnières, pour pouvoir être repliée et destinée à recevoir une toile qui puisse protéger la tête du biessé couché.-

7° Voitures d’ambulance.

Les voitures d’ambulance sont destinées au transport des blessés du champ de bataille à l’ambulance la plus voisine, de celle-ci à des ambulances ou à des hôpitaux peu éloignés, aux gares de chemins de fer ou aux embarcadères des bateaux à vapeur. Cette partie du matériel, malgré toutes les améliorations qui y ont été apportées, laisse beaucoup à désirer û cause des difficultés que l’on a à surmonter pour concilier l’intérêt particulier du blessé avec l’intérêt plus général de l’armée. Beaucoup de voitures que nous allons étudier, pèchent surtout par leur extrême lourdeur, quand elles devraient réunir une grande légèreté à une extrême solidité. Les voitures disposées pour recevoir six blessés couchés sur trois étages, malgré les différentes modifications qu’elles ont subies, soit pour l’élévation des brancards de l’étage supérieur, soit pour la fixité de ces brancards, nous paraissent cependant devoir difficilement atteindre leur but. En effet, c’est toujours avec une très-grande difficulté que les couchettes supérieures sont mises en place quand elles sont chargées et malgré tout, les blessés sont exposés à de grandes oscillations.

Pour les voitures destinées au transport de quatre blessés couchés sur deux étages, la grande difficulté que l’on a à charger et à décharger les blessés du deuxième étage nous ferait proposer un plancher à claire-voie, pour les brancards supérieurs. Ce deuxième plancher pourrait être fixé au moyen de charnières afin de pouvoir être rabattu et servir de banquettes pour les malades ou blessés assis. On aurait ainsi les avantages suivants : facilité de chargement et de déchargement, en faisant glisser les brancards sur ce deuxième plancher; possibilité de placer ou de retirer chaque blessé sans avoir besoin de déranger les autres, ce qui serait un grand avantage; et enfin sécurité plus grande qu’avec des brancards suspendus au moyen de courroies, puisqu'on n’aurait pas à craindre les dangers que peut amener une courroie brisée.

D’un autre côté, une bonne voiture d’ambulance doit être simple, légère, bien suspendue, bien aérée, d’une solidité suffisante, d’un accès commode et d’une contenance qui permette de placer les blessés assis ou couchés sans qu'ils soient incommodés l’un par l’autre. Comme aménagement, elle doit posséder plusieurs brancards, des ressources chirurgicales de première nécessité, quelques provisions de bouche, un réservoir à eau et un réservoir à boisson. Toutes les voitures qui ont été exposées présentent plus ou moins toutes ces qualités; quoi qu’il en soit, chacun a fait des efforts pour chercher à rendre le plus grand bien-être possible aux blessés et tous ces efforts ont donné naissance aux nom-

INSTRUMENTS ET APPAREILS

breuses voitures que nous allons avoir à étudier et que nous diviserons en deux classes : les voitures à deux roues et les voitures à quatre roues destinées au transport des blessés. A la fin de cette étude, nous décrirons deux appareils destinés à supporter les brancards dans les voitures afin d’éviter aux blessés couchés sur ces appareils les souffrances si douloureuses occasionnées par les cahots et les chocs. Un de ces appareils, dû à M. le comte de Beaufort, se trouvait dans l'exposition de la société française de secours aux blessés militaires; le deuxième, présenté dans la section russe, est dû au capitaine Valentin de Gorodezki. Enfin nous terminerons en citant quelques modes d’appropriation des voitures ordinaires au transport des blessés présentés au Congrès international d’hygiène tenu à Bruxelles en 1876. Nous ne nous occuperons ici que des voitures destinées au transport des blessés; pour les autres voitures qui ont un but spécial : voitures-tentes, fourgons de pharmacie, chirurgie, médecine, voitures-cuisines, le lecteur les trouvera dans les chapitres suivants, auxquels nous le prions de se reporter.

Voitures à deux roues.

France. — Dans la section française, on trouvait plusieurs voitures à deux roues.

Une charrette d’ambulance pour quatre blessés couchés transversalement sur quatre lits-brancards rangés sur le même plan. Celte charrette, construite et exposée par M. Aubié Bergerac carrossier à Montauban, est montée sur deux roues qui ont près de 2 mètres de hauteur; la largeur d’un moyeu à l’autre est de2m,38. La caisse longue de 2m,40, large de 2 mètres et haute de lm,10 est suspendue sur deux ressorts parallèles (pl. VI, fig. 9) de 2 mètres de long placés en longueur et fixés sur l’essieu. La voiture est pourvue de quatre brancards pourl’attelage de deux chevaux l’un à côté de l’autre. Ces brancards (pl. VI, fig. 8) réunisdeux à deux etsolidementfixéssurlapartie moyenne de l’essieu, à l’aide de bandes de fer, sont maintenus en écartement par une traverse en fer solide. Les deux tiers inférieurs de la caisse sont fermés par une porte articulée qui s’ouvre dans toute la largeur en s’abaissant de haut en bas; le troisième tiers ou tiers supérieur complètement ouvert, est garni de rideaux mobiles. Les deux tiers inférieurs des panneaux des côtés sont complètement fermés et le tiers supérieur tout ouvert est également muni de rideaux mobiles. A l’avant, en haut, se trouve la place pour le cocher qui a son siège entaillé dans la caisse. La toiture de la voiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés. Sous la caisse on trouve quatre supports mobiles pour la soutenir quand elle est au repos et un brancard de rechange pour l’attelage; à gauche un petit coffre et en avant une pelle et une pioche. Cette voiture est assez légère; il lui manque un réservoir, un frein et un marchepied.

A l’intérieur, place pour quatre blessés couchés transversalement sur quatre lits-brancards rangés sur le même plan. Comme nous l'avons dit dans notre paragraphe sur les brancards, page 4o7, ces quatre lits se composent de cadres cnbois garnis d’une toile cirée rembourrée formant matelas et traversin et munis de chaque côté et à chaque extrémité, de rallonges en bois glissant dans des coulisses pour permettre de les porter comme brancards. Dans la voiture, ils sont placés en travers et portent, de chaque côté et en dessous pour le chargement, deux galets qui glissent sur des rails fixés sur le fond de la caisse. Le poids de la voiture est de 402 kilogrammes; en en faisant faire un certain nombre, le prix de chaque serait de 1,700 francs.

Nous regardons cette voiture comme celle qui remplit mieux que tout autre

analogue de l’exposition, les facilités pour charger, décharger, transporter et passer sur des terrains accidentés, ainsi que les expériences faites l’ont démontré. Elle est construite d’après toutes les règles du progrès moderne, notamment au point de vue des brancards de l’attelage qui, prenant leur point d’appui sur l’essieu et non sur la caisse, épargnent aux blessés les secousses provenant de faux mouvements, car les secousses provenant des chevaux s’amortissent sur l’essieu. La caisse n’est donc exposée qu’aux secousses des roues, mais ces secousses se trouvent elles-mêmes amorties par les deux grands ressorts de 2 mètres de long, longueur extraordinaire, sur lesquels elle est suspendue. Les deux grandes roues de 2 mètres de diamètre permettent à cette charrette de passer sur des terrains accidentés, de traverser même des fossés et de franchir toutes sortes d’obstacles qu’une voiture d’un autre genre ne peut aborder. La grande distance d’une roue à. l’autre est une garantie contre les chutes sur les terrains très-inclinés où des voitures ordinaires risqueraient de verser. Enfin, la manière de placer les blessés transversalement permet d’aménager quatre blessés l’un à côté de l’autre sans les superposer, avantage immense peur la facilité de charger et de décharger la voiture et, avantage encore plus grand, qui évite aux blessés placés sur deux étages dans les voitures ordinaires, surtout à ceux qui occupent la partie supérieure, les souffrances causées par les chocs violents latéraux (1).

Le Ministère de la Guerre exposait une voiture à deux roues pouvant recevoir deux blessés couchés l’un à côté de l’autre dans le sens de la longueur. Cette voiture destinée à un cheval est suspendue sur quatre ressorts à six feuilles, deux ressorts fixés parallèlement sur l’essieu, s’allongeant en avant et en arrière pour recevoir les brancards de l’attelage et deux autres ressorts, un en avant, l’autre en arrière, dont le milieu supporte la caisse et dont les extrémités fixées aux brancards les tiennent en écartement. En arrière, à leur extrémité, ceux-ci sont encore maintenus écartés par une tringle en fer d’un centimètre et demi de diamètre.

La caisse posée sur le ressort de devant et sur le ressort de derrière est longue de 2m,50, haute de lm,60 et large de lm,bO. Elle est divisée en deux parties, l’antérieure renferme une banquette sur laquelle il y a place pour le conducteur et deux personnes. La partie postérieure, disposée pour recevoir les blessés, n’est pas séparée de la première par une cloison et un infirmier, placé sur l’avant, peut aider au chargement et au déchargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux en toile fixés au moyen de courroies et de pitons. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées se relève et vient compléter la fermeture de la partie inférieure de l’arrière. Devant et derrière, des bâtons de repos sont fixés dans des manchons en fer; celui de derrière est articulé. Sous le plancher, une échelle pour le chargement et le déchargement; sur le toit, une garniture en fer pour maintenir l’équipement et l’armement des blessés. A l’avant, une lanterne et un drapeau portant la croix rouge; enfin des croix rouges peintes sur les côtés. Cette voiture a été faite dans les ateliers de l’État. A l’intérieur, place pour deux malades ou blessés couchés sur deux brancards réglementaires du Ministère de la Guerre. Une gouttière en métal munie d’une chaînette, facilite le chargement des brancards; elle est munie de trois galets, un à chaque extrémité et un au milieu à cheval sur un rail fixé dans le plancher de la voiture. Une fois introduits, les brancards sont suspendus à des courroies qui entourent chaque extrémité du brancard reposant en outre sur un crochet de

(1) Voir Etudes sur l'Exposition de 1867, Appareils et instruments de l'art médical , par le Dr Grubv, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères, 54, Paris.

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sûreté fixé à une anse en fer. Les courroies sont fixées également au moyen d’anses en fer, d’une part aux parois, et d'autre part à deux tringles enfer, l’une en avant, l'autre en arrière, qui vont, au milieu de la voiture, du parquet au plafond. Ces tringles sont mobiles et sont fixées au parquet au moyen de vis que l’on l’ctire pour les coucher ensuite en haut, sous le ciel de la caisse.

Cette voiture à deux roues, suspendue sur quatre ressorts, est une des innovations du Ministère de la Guerre. Sa construction ne laisse rien à désirer, aussi Lien au point de vue de la solidité qu’au point de vue de la douceur de la suspension. Cette suspension sur quatre ressorts qui a été adoptée par le Ministère de la Guerre est en usage dans beaucoup d’industries depuis une cinquantaine d’années. Si on compare cette voiture à celles exposées par le Ministère en 1867, on pourra mesurer la distance énorme parcourue par l’administration de la guerre, distance qui est tout il son honneur (1).

Ls société française de secours aux blessés militaires présentait plusieurs voitures à deux roues.

1° Une charrette ordinaire appropriée au transport d'un blesse couché. Cette charrette (pl. III, fig.6) pour un cheval est montée sur deux roues et suspendue par deux ressorts. La suspension n’a rien de particulier, les brancards de l’attelage sont fixés à la caisse qui porte en avant deux supports mobiles pour la soutenir quand elle est au repos. A l’avant on trouve un petit coffre qui s’ouvre intérieurement. Dans l'intérieur, un brancard est fixé de chaque côté, sur les ridelles au moyen de crochets munis de ressorts à boudin longs de 0m,18 et larges de 0m,16, système du Dr Le Fort. Chaque ressort (fig. 7), exécuté par Mr Werber se compose d’une partie élastique terminée d’un côté, par une tringle formant crochet que l’on fixe sur les ridelles, et de l’autre côté, par un autre crochet qui reçoit la hampe du brancard.

Fig. 7. Ressort avec crochets, pour la suspension des brancards.

2° Une voiture à deux roues pour quatre blessés couchés. Cette voiture (pl. VI, fig. I et 2), construite par M. Colas, se compose d’une caisse de 2m,50 de longueur,lm, 28 de hauteur et lm, 40 de largeur montée sur deux roues de tm,4o de diamètre et suspendue sur trois ressorts : deux ressorts longitudinaux placés sur l’essieu, un de chaque côté et parallèlement avec l'axe delà caisse reçoivent les brancards de l’attelage ; le troisième placé transversalement et fixé également sur l’essieu supporte la caisse dans son milieu, de manière que le train, complètement indépendant de la caisse, ne lui communique pas les mouvements imprimés aux brancards par le cheval, et qu’elle reste uniquement soumise au jeu des ressorts.

Elle est pourvue de double marchepieds derrière et de chaque côté. Le marchepied de derrière formé de deux palettes articulées, se relève et complète la fermeture de la partie inférieure de l’arrière de la voiture. L’avant et l’arrière sont fermés par des rideaux simples en toile et les haies des côtés par des rideaux doubles. En avant, sous le plancher, se trouve un coll're divisé en deux compartiments pouvant recevoir divers objets ou agrès. Sur le devant, au-dessus du tablier est disposé un double réservoir en fer blanc renfer-

(1) Voir Exposition du Ministère de ta Guerre 1867. Appareils et instruments de F art médical, par le D1' Gruby, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères. 54, Paris.

L'AllT MÉDICAL.

manl de l’eau et de l’eau-de-vie. Cette voiture est munie d’un frein, de deux lanternes, l’une en avant, l’autre en arrière; enfin d’une pelle et d’une pioche placées sur les côtés. La toiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés. La caisse est divisée en deux parties : celle d’avant renferme une banquette sur laquelle il y a place pour le conducteur et deux personnes; cette banquette est mobile pour faciliter la manœuvre du chargement. La disposition intérieure de la seconde partie permet de placer quatre blessés couchés, deux par étage. Les brancards sont suspendus par des courroies fixées d’une part sur les parois et d’autre part sur deux tringles en fer, l’une en avant, l’autre en arrière, qui vont du parquet au plafond et qui peuvent être couchées en haut sous la toiture. Le prix de la voiture est de 1 ,600 francs. Bonne voiture et asssez douce pour les blessés.

3U Plusieurs voilures-cadres du Dr Olive, construites par MM. Monteil et Ci0 de Marseille, pour 4 blessés couchés (pl. IV, fig. 1 et 2).

La charpente de chaque voiture qui peut être montée sur deux roues dont l'essieu est pourvu de deux ressorLs, se compose décadrés de2m,10 sur fm,30. Le cadre du fond est muni de quatre pieds en fer en forme de marteaux, de 0m,50 de long, ayant pour but de le surélever au-dessus du sol quand la voiture est dégarnie de ses roues. La partie supérieure de chaque pied longue de 0m,07 et ayant 0m,02 de diamètre, s’engage dans une douille garnie de fer et la partie inférieure, petite plaque en forme de double T large de 0m,065 et épaisse de 0m,005, s’appuie alors sur le sol. Ce cadre est surmonté par quatre montants en bois de 1 m ,40 de haut, 0m,07 de large et 0m,!5o d’épaisseur réunis en haut par deux traverses en bois de même largeur et de même épaisseur, de manière à former quatre châssis.

Les montants sont brisés vers le milieu de leur hauteur et pourvus de charnières pour permettre de l’abattre le plafond sur le plancher de la voiture. Ils sont maintenus sur les côtés par des bandes de fer de force solidement fixées et munies d’un levier en fer qui glisse dans un écrou pour permettre d’abattre ou de relever ces montants. Tous les châssis réunis forment le cadre d’une caisse de voiture. Les châssis de côté, portent, dans les points de jonction des bois, une équerre en fer fixée par des écrous et des vis. A l’intérieur de ces châssis, ou trouve, séparées par un espace de 0m.70, deux traverses larges de 0m,07 et épaisses de0m,03. Le cadre supérieur est réuni, au moyen de charnières avec les châssis des côtés, ainsi qu’avec ceux de devant et de derrière.

Dans ce cadre, à une distance de 0m,70, on trouve des traverses en fer en forme de T qui maintiennent l’écartement. Ces fers sont mobiles, coudés de chaque côté et retenus par des écrous à oreilles. Les châssis de devant et de derrière sont réunis au milieu, au moyen de traverses avec les châssis de côté. Le tout est recouvert par une forte bâche et fermé tout autour, au moyen do rideaux attachés avec des boucles et des boutonnières garnies de cuir.

A l’intérieur, place pour quatre brancards pliants, avec pieds, garnis de toile et légèrement surélevés du côté de la tête; de ce côté, l’extrémité porte un petit rouleau transversal de 0m,0o de diamètre. Les brancards sont suspendus, à chaque extrémité, au moyen de courroies attachées d’une part, aux montants des châssis latéraux et d’autre part, à de fortes tringles en fer, de 0m,22de long sur 0m,02 de large placées au milieu des traverses des châssis de devant et de derrière, de manière a êLre surélevées de 0m, lo du niveau de ces traverses pour permettre la suspension d’un bout des brancards supérieurs. Il reste un espace vide de 0m,06 entre le brancard et la tringle (pour empêcher le frottement et les-secousscs. La partie inférieure de la tringle se termine par un crochet horizontal dans lequel s’engage une forte courroie bouclée sur une articulation en fer qui se trouve au milieu du châssis inférieur. De chaque côté de la courroie,

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une anse en cuir reçoit un bout du brancard qui se trouve éloigné du cadre de 0m,20. Au-dessous, à une extrémité du châssis inférieur, se trouve un cylindre en forme de rouleau, évasé au milieu, engagé dans une plaque de o'm,04 de diamètre qui facilite le chargement et le déchargement des brancards. , On trouvait quatre corps de voitures, tous du même genre, mais cependant avec quelques variantes. Les uns avaient un plancher, un autre était lixé sur un essieu dont les roues d’un diamètre de 1 m,60 se trouvaient à côté.

Une autre voiture-cadre était munie de ressortsenfer transversaux, adaptés aux montants au moyen de courroies. Ces ressorts fixés sur une bande en cuir sont destinés à recevoir quatre brancards, leur longueur est de 1 ™,25, leur largeur de 0m,06 et leur épaisseur de 0m,004. Cette voiture est à ressorts et montée sur deux roues pouvant être enlevées à volonté. Le siège pouvant recevoir le conducteur et une personne est formé de deux banquettes à charnières, s’ouvrant horizontalement. Le poids de la voiture vide est de 350 kilogrammes; son prix d’environ 900 fr. Chaque charpente revient à 600 fr.

Les montants des cadres pliés pour rabattre le plafond sur le plancher de la voiture, les roues enlevées, le siège du cocher replié, les brancards de l’attelage détachés, lavoiturencformeplusqu’uncolisde 0m, 30 de hauteur (fig. 8). Un fourgon de la société française de secours aux blessés militaires peut transporter deux de ces voitures pliées et cinq cadres voitures sans roues. Un wagon peut contenir de 16 à 20 cadres pliés et trois cadres montés pour recevoir de 12 à 18 blessés couchés sur des brancards.

Fig. 8. — Voiture-cadre pliéopour être portée dans une voilure ou dans un wagon.

Le Dr Olive fait construire des cadres exactementsemblables (pi. IV, fig. 2) mais sans roues, destinés à recevoir des blessés couchés sur des brancards soit pour le transport dans un wagon de chemin de fer, soit pour former un hôpital instantané (pl. IV, fig. 3) semblable à celui que nous étudierons dans un des chapitres suivants.

Une des voitures-cadres du Dr Olive était exposée près de l’ambulance baraquée présentée par la Société française de secours aux blessés militaires. Elle était montée sur ses doux roues et suspendue sur deux ressorts fixés sur l'essieu de ces roues (Pl. IV, fig. l).Ces voitures sont d’une grande simplicité; leur ensemble, leur combinaison, la manière de s’en servir comme nous le verrons plus loin pour former, comme l’appelle le Dr Olive, un hôpital mobile instantané méritent fort d’être appréciées.

Pays-Bas et Indes néerlandaises. — Dans la section des Pays-Bas, partie des Indes néerlandaises, on trouvait une charrette à deux roues pour un cheval et quatre blessés couchés, adoptée par les armées néerlandaises.

Cette voiture de l’ingénieur Deelemann, (Pl. VI, fig. 4), se compose d’une caisse longue de 2 mètres, large de 4 m ,37, haute de lm,IO et de im,25 avec le toit, montée sur deux grandes roues de 4 10 ,60 de diamètre et 0m,04o d’épaisseur, sur lesquelles est écrit: Frédérick Madeley, fabricant à Londres. Elle est munie de deux brancards pour l’attelage d’un cheval. Ces brancards, en bois, garnis en dessous, d’une bande de fer, pénètrent dans l’intérieur de la

L’ART MÉDICAL

caisse et sont fixés à une tige de bois qui traverse son milieu. L’essieu des roues, droit, en fer, de 0n,0i de diamètre, traverse la caisse au milieu et à la partie inférieure, dans une fente de 0 ",20 de haut ; il est surmonté, de cha- j que côté, par un ressort à cinq feuilles de lm,lo de long. L’extrémité de ces ressorts remonte en demi-cercle sur les côtés extérieurs de la caisse, eL est fixée sur une tige de bois qui soutient au milieu les côtés de la caisse dans toute sa longueur. La caisse est touLe en bois, à claire-voie, ses deux côtés sont garnis de planchettes fixées en biais, en forme de jalousies, pour ) laisser passer l’air. De chaque côté, au milieu, on a ménagé dans la partie supérieure une ouverture garnie d’un rideau en toile imperméable, très-souple, blanche en dedans et noire en dehors.

L’avant et barrière de la voiture sont complètement ouverts. La partie inférieure de l’arrière est garnie de rideaux de même nature que les rideaux des côtés. La partie supérieure de l’avant est garnie de la même façon. Le dessus de la voiture porte six fers plats très-minces placés en travers et sur lesquels repose une toile imperméable fortement tendue. Au-dessus de cette toile, à 0m,lo environ, un cadre en bois d’une épaisseur de 0m,02, et d’une largeur de 0ra.0i supporté, de chaque côté, par quatre fers plats de 0m,t3 de long et de 0"“,025 de large, porte en travers, dans son intérieur, six bandes minces en fers plats sur lesquelles est tendue une deuxième toile blanche, imperméable, qui recouvre le tout. Ce cadre dépasse la voilure de tous les côtés, d environ 0m.l0.

Le fond de la caisse, à claire-voie, est formé de petites traverses en bois de O^OS de large, placées à une distance de 0m,lo les unes des autres.

Ce fond porte deux tiroirs-lits, à fonds cannelés, garnis de tringles en fer sur les côtés, fermés et maintenus en arrière par un verrou à 0m,53 au-dessus du fond de la voiture. Un second fond, supérieur, également à claire-voie, en planchettes, reçoit deux autres tiroirs-lits semblables aux premiers. La distance , entre le second plancher et le toit est de 0m,50. Le milieu de la voiture est soutenu par quatre montants qui donnent de la force au plancher supérieur.

A ces montants sont fixés des galets en cuivre de 0m,03 de diamètre qui faci- ; litent le glissement des tiroirs.

Cette voiture est aussi complète que possible, bien construite et bien suspendue, elle est remarquable par la hauteur de ses roues, qui ont lm,60 de diamètre; son double toit est très-avantageux et le chargement en est très- 1 facile. En effet, elle est très-basse, le premier plancher ne se trouve qu’à 0".40 du sol environ et le deuxièmeàO™, 90 seulement ; les couchettes à fond cannelé sont très-légères et leur glissement est encore facilité par les galets qui se trouvent fixés aux montants de la caisse. Le chargement du deuxième étage est en outre beaucoup facilité par le second plancher fixe à claire-voie qui offre un grand avantage et qu’on ne trouvait dans aucune autre voilure présentée à l’Exposition.

Russie. — M. Schmidt de Saint-Pétersbourg a exposé dans la section russe, une voiture d'ambulance à deux roues pour quatre blessés couchés, présentant un nouveau mode de suspension.

Cette voiture (pl . VI, fig. 3), se compose d’une caisse à claire-voie de fm,10 de haut, 1 m,f 5 de large et lm, 90 de long, montée sur deux roues de I m, 28 de diamètre, 0m,0o5 d’épaisseur, pourvues d’un essieu droit. Les brancards de l’attelage trèssolides, se prolongent sous la caisse et forment la pièce sur laquelle se trouvent placés ses montants. On trouve, de chaque côté, trois montants munis de tringles en fer vissées aux deux bouts et de plates-bandes également en fer qui maintiennent les côtés. Chaque montant porte, dans sa partie supérieure,

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un cerceau en bois pour permeltre de couvrir la voiture au moyen d'une forte toile. Une traverse en bois maintient l’écartement entre les montants du milieu. L’avant, l’arrière et les côtés sont fermés par deux planches de 0m,22 de haut, formant coulisses ; le reste est tout ouvert. Cette voilure est munie de deux soutiens articulés, l’un devant pour appuyer les brancards de l’attelage, l’autre derrière, pour soutenir l'extrémité de la caisse. Celle-ci *ne repose pas directement sur l’essieu, elle est maintenue sur un appareil destiné à modérer les secousses; appareil intermédiaire entre la caisse et l’essieu et qui se trouve par conséquent au-dessous de la caisse, et devant l’essieu. En effet, de cette partie, parlent deux morceaux de fer courbés en U fixés solidement. Ces bandes de fer à deux joues portent dans leur milieu un levier en bois “garni de fer de Om,4;5 de long. Un bout du levier est boulonné et forme charnière avec les deux joues, l'autre bout également boulonné porte dans les joues, un galet en bois de 0m,06 de large et 0m,0i de diamètre. Ce galet tourne autour de son axe qui traverse les deux joues et est librement maintenu par une bride en fer fixée à essieu au moyen d’un boulon. Celui ci traverse l’essieu de part en part et est serré fortement par un écrou. Dans la partie la plus courbée des deux joues se trouve un boulon qui les maintient à distance et sur ce boulon est montée obliquement une tringle en fer de 0m.02 de diamètre qui traverse le levier en bois et se termine par une peti te soucoupe en fer, creuse, ronde de 0n\10 de diamètre, dirigée horizontalement. Sur celte soucoupe repose un cylindre en caoutchouc de 0“,10 de haut et de 0m,08 de large; surmonté d'une autre soucoupe parallèle et pareille à la première, maintenue par un boulon traversant le caoutchouc. Les joues de chaque appareil sont maintenues en écartement en dessous de la caisse, par une traverse en fer. Le poids de la caisse porte sur la partie inférieui’e du levier en bois et les secousses de ce levier s’amortissent, de haut en bas, dans l’épaisseur du caoutchouc. Quand les brancards de l’attelage sont mis en mouvement, le mouvement de l’essieu, d’avant en arrière, se communique au galet, puis au levier en bois et de là aux joues et à la caisse. Le mouvement, de l’essieu, de haut en bas, se communique également au levier, mais comme ce dernier est articulé, le mouvement se perd dans l’articulation. Le mouvement du cheval se communique aux deux joues et de là au levier articulé, puis au caoutchouc.

De chaque côté, entre la caisse et les roues, une hampe est accrochée au moyen de courroies. Ces deux hampes servent pour charger et décharger les quatre blessés que la voiture peut recevoir. Derrière, au-dessous de la caisse, sont suspendus deux bâtons en bois terminés à chaque bout par un anneau en fer destiné à recevoir l'extrémité de chaque hampe. Ces bâtons maintiennent alors les hampes en écartement et forment bi'ancard pour ti’anspoi'ter les matelas sur lesquels sont couchés les blessés.

Dans l’intérieur de la caisse, deux matelas munis de deux oi'eillers sont placés sur le plancher qui forme le fond de la voiture. Les matelas et les oreillers en toile et laine, sont fortement capitonnés. Chaque matelas est fixé sur une forte toile imperméable sous laquelle quatre sangles, larges de 0m,07o, sont fortement cousues de chaque côté de manière à former des anses destinées à recevoir les hampes dont nous avons parlé, afin de permettre de porter les blessés couchés sur ces matelas. A 0m,oo au-dessus du fond de la voiture, se trouve un deuxième plancher organisé de la même façon pour recevoir deux autres blessés couchés.

Voitures à quatre roues.

Autriche. — Voilure d'ambulance d 4 roues pour 4 blessés couchés, (pl. I, fig. b, 6 et 7), système Dieterich-Loliner, exposée par MM. Jacob Lohner et O de Vienne.

Cette voiture de forme omnibus et destinée à deux chevaux se compose d’une caisse de 3 mètres de long, lm,4o de large et lm,20 do haut, suspendue par cinq ressorts en feuilles et montée sur 4 roues, deux devant de O"1,!!;) et deux derrière de ln>, 20 de diamètre. Elle est disposée pour recevoir quatre blessés couchés sur deux étages, munie de deux lanternes et pourvue d’un frein pour les roues de derrière. Le devant et les côtés de la caisse sont à claire-voie et le derrière complètement ouvert peut être fermé en partie par une planche haute de 0“‘40 pouvant former marchepied. Le tout est garni et fermé au moyen de toiles.

A l’intérieur 4 brancards que nous avons décrits plus haut page4o6, sont placés deux dans la moitié inférieure et deux dans la partie supérieure de la voiture et sont suspendus au moyen de courroies. Les 4 brancards sont suspendus, aucun ne repose sur le parquet de la caisse et tous sont pourvus du côté de la tête d’un appareil spécial à glissement servant pour leur chargement. Les courroies qui supportent les brancards du côté des pieds se trouvent fixées, comme à l’ordinaire sur les parois et sur une tringle verticale qui va du parquet au plafond, au milieu de la voiture (Pl. I, iig. 6). Du côté de la tête; elles sont attachées sur une plate-bande en fer (pl. I, fig. 7), fixée au moyen d’une charnière sur un châssis en fer formé au moyen de trois tringles, deux .supérieures et une troisième inférieure aux deux premières. Les tringles supérieures sont fixées, de chaque côté, dans deux branches formant fourchette et la tringle inférieure, dans le manche de la fourchette. Chaque branche est munie, dans sa partie supérieure, d’un galet pour permettre le glissement et ces galets sont engagés dans des coulisses creusées dans les bois qui se trouvent dans la voiture et qui courent tout du long.

Dans les voitures d’ambulance ordinaires pour 4 ou 6 blessés couchés où les brancards se trouvent superposés, lorsqu’on veut charger ou décharger les brancards supérieurs, on est obligé de déplacer préalablement ceux de l’étage inférieur pour donner aux porteurs la possibilité d’exécuter leur opération. Dans la voiture autrichienne, on peut charger et décharger les brancards de l’étage supérieur sans avoir besoin de déplacer ceux qui se trouvent au-dessous et sans incommoder les autres blessés, ce qui constitue un immense avanlage sur les autres voitures d’ambulance en usage jusqu’ici. Voici la manière de procéder: l’appareil de suspension que nous venons de décrire, est amené, à l’aide de ses galets, jusqu’à l’entrée de l’arrière de la voiture. Les porteurs du brancard à introduire, élèvent celui-ci et notamment le côté de la tête jusqu’à la hauteur des courroies de l’appareil de suspension. On y engage alors l’extrémité des hampes correspondant à la tête et il suffit que le porteur qni soutient le brancard du côté inférieur, le pousse obliquement pour lui faire prendre sa place dans la voiture, ce qui est très-facile puisque les galets de l’appareil favorisent ce glissement. Le brancard étant complètement entré dans la voilure, on élève la partie inférieure et on engage l’extrémité des hampes correspondant aux pieds dans les courroies fixes de suspension qui doivent supporter cctle partie.

Pour le déchargement, la même facilité se reproduit. On dégage d’abord de leur suspension les poignées du brancard correspondant au côté des pieds du

INSTRUMENTS ET APPAREILS

blessé, on abaisse cette partie du brancard et on le tire obliquement hors de la voilure. L’appareil de suspension, à galets, suit cette traction facilement I jusqu’il la sortie de la voiture où l'on dégage les poignées du brancard correspondant à la tôle du blessé.

Deux porteurs suffisent pour le chargement et le déchargement de l’étage supérieur sans incommoder le blessé qui se trouve au-dessous, tandis que dans les voitures ordinaires il faut 3 ou 4 porteurs pour exécuter cette manoeuvre.

Cette voiture est eu outre pourvue de banquettes mobiles, se rabattant le long des parois, pour permettre de transporter des blessés assis quand elle ne contient pas de blessés couchés (pl. 1, fig. 6). Sou poids est de 650 kilogrammes.

A côté de cette voiture, on trouvait un tableau représentant diverses voitures de MM. Jacob Lohner et Cic.

Voiture d’ambulance réglementaire. Ancien système en Autriche, 1859. — Voiture d’ambulance d’après le système du général baron Stein, 1862. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Turquie, 1871. — Voiture d’ambulance avec triclinium d’après le système du Dr Muhlwenzel, 1872. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Roumanie, 1873. — Voiture d’ambulance transformée pour brancards réglementaires, 1875. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Russie, 1877. — Voiture d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique, 1870. — Voiture d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique,*1875. — Fourgon d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique (service d’hôpital), 1876. — Voiture d’ambulance avec des fermetures pour l’hiver, 1874. — Voiture d’ambulance; système Dieterich-Lohner. — Voiture de campagne; dernier système Lohner-Mundy, 1876. — Voiture pour les médecins des chevaliers de l’ordre teutonique, 1876. — Voiture d’ambulance de la cour d’Autriche, 1876. — Fourgon d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique, 1875.

Ce tableau est intéressant à indiquer comme historique du grand mouvement de sentiment humanitaire qui s.’empare de la société moderne.

I Espagne — Le Ministère de la Guerre d’Espagne a exposé un modèle de voiture à quatre roues 'pour le transport de 4 biessés couchés.

Ce modèle représente une voiture de forme omnibus, suspendue sur cinq ressorts et montée sur 4 roues. La toiture porte une garniture en fer et une banquette placée transversalement; le siège du cocher se trouve

S tout à fait en haut et en avant. L’intérieur est divisé en deux parties, la partie d’avant ressemble à un coupé et renferme une banquette, la partie d’arrière est aménagée pour recevoir quatre blessés couchés sur deux brancards inférieurs el sur deux brancards supérieurs suspendus au moyen de courroies.

États-Unis. — Dans la section des États-Unis, M. le Dr Thomas \V. Evans a exposé une voiture d’ambulance construite à Roston en 1861 et qui a servi pendant la guerre de sécession des États-Unis. Cette voiture, exposée en 1867 à Paris, comme modèle, a été ensuite choisie par le Dr Evans, pour les modifications et perfectionnements qui constituent son système. Aménagée pour le transport de quatre blessés couchés, deux dans une position inclinant au moyen de sièges matelassés et deux sur des brancards suspendus, elle a servi tous les jours pendant le siège de Paris en 1870-1871.

Cette voiture (pl. VI, fig. 5), se compose d’une caisse longue de 2'», 40, large de 1“\27, haute de lm, 43, suspendue sur des ressorts à pince ordinaire avec paumelles doubles et montée sur 4 roues, deux devant, tournantes sous la voiture, de O1», 86 de diamètre et deux derrière d’un diamètre de 1IU30. Elle est munie d’un frein pour les roues de derrière, de deux lanternes, est de forme omnibus et porte,

L’ART MÉDICAL

sous le siège du cocher, deux coffres s’ouvrant eu dehors, un de chaque côté. Un de ces coffres renferme un réservoir; on trouve encore sous le même siège et devant, des boites destinées à recevoir différents ustensiles. Le devant de la caisse, complètement ouvert, est pourvu d’une banquette qui peut recevoir 3 ou 4 personnes. Le derrière, complètement ouvert dans sa moitié supérieure, est fermé, dans sa moitié inférieure, par une porte à charnières qui, rabattue, forme marchepied. La partie inférieure des parois latérales est fermée sur une hauteur d’environ 0mL0, et les planches qui la ferment, dans cette hauteur, portent, de chaque côté, deux ventilateurs en métal pourvus d’un petit volet en bois qui s’ouvre et se ferme par glissement. La partie supérieure des parois latérales est complètement ouverte. Toutes les ouvertures peuvent être fermées au moyen de rideaux en toile cirée que l’on attache sur des montants en bois qui partent de chaque côté et se terminent en haut par des demi-cercles en bois pour former le toit recouvert lui-même avec une toile imperméable. Ce toit déborde en avant pour garantir le cocher et les personnes assises sur la banquette qui se trouve devant. De chaque côté, à l’intérieur, il y a deux brancards superposés pour couchettes. Les deux brancards inférieurs que nous avons décrits dans notre paragraphe sur les brancards page 4o7, reposent sur le parquet de la caisse et peuvent, comme nous l’avons dit, être transformés en banquettes pour recevoir des blessés ou malades assis.

Chaque brancard supérieur, également décrit plus liaul, pageioT, estfîxé d’une part sur les parois de la voiture, au moyen de deux courroies attachées sur des pattes en fer fixées sur les montants d’angle de la caisse, et d’autre part, sur deux autres courroies semblables fixées, l’une en avant sur une tige en fer fixée au parquet et l’autre en arrière sur une autre tige en fer qui descend du ciel de la caisse. Ces deux tiges, fixées au moyen de charnières, peuvent, la première s’abaisser et se coucher sur le fond de la caisse et la deuxième se relever et se coucher sous la toiture. Enfin, des courroies destinées à recevoir des brancards vides, sont attachées au plafond de cette voiture.

France. — Dans la section française, nous avons à étudier la voiture àquatre roues exposée par le Ministère delà Guerre et plusieurs voitures à quatre roues présentées parla Société française de secours aux blessés militaires.

La voiture à quatre roues exposée par le Ministère de la Guerre est destinée à deux chevaux et peut recevoir quatre blessés couchés ou 12 assis. Elle se compose d’une caisse de 2T”,b2 de long, 1 m ,62 de haut et 1 m ,50 de large, suspendue à six ressorts et montée sur quatre roues. Elle est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place; la postérieure, disposée pour recevoir les blessés,n’est pas séparée de la première par une cloison; et un infirmier, placé sur l’avant, peut aider au chargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés, sont fermés par des rideaux en toile fixés au moyen de courroies et de pitons. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées, se relève et vient compléter la fermeture de l’arrière do- la voiture. Devant, sous le siège du cocher, deux réservoirs en fer battu étamé, pourvus de robinets en cuivre, et pouvant contenir chacun environ 23 litres, s’ouvrent en dehors, un de chaque côté. Entre les deux réservoirs, se trouve un petit coffre; en arrière, sous le plancher, il y a également un coffre et au-dessous de ce dernier, une échelle pour le chargement et le déchargement des objets placés sur le toit qui est garni d’une galerie en fer destinée è maintenir l’armement et l’équipement des blessés. La voiture est pourvue, à l'avant, d'une lanterne et d’un drapeau portant la croix rouge ; elle a été faite dans les ateliers de l’État et est munie d’un frein pour les deux roues de derrière.

INSTRUMENTS ET APPAREILS

La disposition intérieure de la deuxième partie de la caisse permet de placer quatre blessés couchés sur deux étages ou 12 blessés assis. Les blessés couchés sont placés sur quatre brancards réglementaires du Ministre delà Guerre, deux par étage, et sont suspendus de la môme manière que ceux qui se trouvent dans la voiture A deux roues que nous avons décrite plus haut page 476. De môme aussi, pour les brancardsde cette voiture, une gouttière munie de trois galets et glissant sur le plancher, facilite le chargement et le déchargement. Les blessés assis sont placés sur deux banquettes mobiles (une de chaque côté) soutenues par quatre supports articulés d’un côté et glissant d'autre part, dans un bâton en fer fixé le long de la paroi. Elles peuvent ainsi, être rabattues contre les faces latérales de la voiture, de façon lorsqu’elles ne reçoivent pas de blessés assis, à laisser disponible tout l’intérieur pour placer les brancards destinés aux blessés couchés.

La Société française de secours aux blessés militaires, avait groupé dans son exposition, six voitures à 4i'oues destinées à transporter plus ou moins de blessés couchés ou assis et c’est justement, en nous basant sur le nombre des blessés que peut recevoir chaque voiture que nous allons faire notre description.

Voiture découverte à 4 roues, construite par MM. Jean et Kellermann, pour le transport de deux blessés couchés.

Cette voiture découverte, à 4 roues, est suspendue sur six ressorts et mesure 3“,o0 de long sur 2 mètres de large. Les deux côtés et le derrière sont garnis par des cloisons à claire-voie de 0m,90 de hauteur. Au-dessus des claires-voies, on fixe perpendiculairement à la longueur delà voiture, des traverses en bois destinées à supporter deux brancards suspendus sur des crochets et des ressorts à boudin construits par M. Werber, d’après le système du docteur Le Fort, e que nous avons déjà décrits page 477, à propos des voitures à deux roues. Le der* rièredela voiture est pourvu d’un cric muni d’un levier en fer de0m,60 de Ion?.

Voiture à 4 roues , à cadres articulés et à mouvements inclinés, pour quatre blessés couchés ou douze assis. — Cette voiture a été construite par M. Colas, sur les indications d’un médecin militaire, membre de la Société de secours aux blessés. Elle se compose d’une caisse de 2m,50 de long, 1 m , 6 3 de haut et Im,o0 de large, montée sur 4 roues et suspendue sur 6 ressorts. Elle est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place ; cette banquette est mobile pour faciliter la manœuvre du chargement. La disposition intérieure de la partie postérieure de la caisse permet de placer les blessés couchés sur deux étages. Les deux parties de la caisse ne sont pas séparées par une cloison et un infirmier placé sur l’avant peut aider au chargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux doubles en toile. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées

!se relève et vient compléter la fermeture de l’arrière de la voiture qui contient un réservoir à eau placé au-dessus du tablier et des coffres pour ustensiles et agrès. La toiture présente une galerie destinée à maintenir l’armement et l’équipement des blessés. Cette voiture est en outre munie d’un frein pour les roues de derrière, de lanternes, d’une pelle et d’une pioche ; elle pèse vide 1071 kilogrammes. La largeur de la voie est de 1“>,70, le diamètre des roues de

f devant est de 0m,75 et celui des roues de derrière de l“,4o. Le prix de cette voilure est de 2,800 francs.

A l’intérieur, il y a place pour quatre blessés couchés sur quatre brancards, deux par étage. Les deux brancards inférieurs reposent sur le plancher et ne doivent être chargés qn’après les brancards supérieurs. Un nouveau système d’élévation de ces derniers brancards a été introduit dans cette voiture. En

L’AJtT MÉDICAL.

effet, chaque brancard supérieur est placé sur un cadre mobile articulé (pl. IV fig. 6), qui s’abaisse pour recevoir le brancard et se relève comme un parallélogramme, pour se lixer à la hauleur voulue. Dans cette voiture, ouverte de tous côtés, le cadre s’abaisse obliquement en arrière pour former un plan incliné et son extrémité postérieure vient presque toucher le plancher de la caisse pour recevoir, dans deux rails en fer, les deux hampes du brancard qu’un seul infir- i mier commence à pousser. Le deuxième inlirmier, placé sur le siège du cocher, saisit les deux extrémités antérieures du brancard, qu’il engage complètement dans les rails. Les deux infirmiers élèvent alors le blessé jusqu’à la place qu’il doit occuper et fixent le cadre dans les tenons qui le retiennent. Les cadres sont disposés de manière à ne pas empêcher l’adaptation de deux banquettes latérales mobiles pour 12 blessés assis (pl. IV, lîg. 7).

Cette voiture, comme nous venons de le voir, présente un nouveau système pour l’élévation des brancards à l’étage supérieur. L’idée de son mécanisme a été inspiré par l’étude d’une voiture exposée à Bruxelles en 1876 par le Comité de santé de l’armée danoise. Nous allons donc rappeler ici cette voiture la plus ingénieuse de tout le matériel présenté à cette époque, au point de vue du mode d’élévation de la deuxième rangée de brancards.

Voiture danoise à cadres articulés et à mouvements parallèles. (PL I, fig. 1 et 2). — Cette voiture, de forme omnibus, suspendue par huit ressorts à pin cettes et montée sur quatre roues, deux devant de 0m,92 et deux derrière de lm,20 de diamètre, a été construite par M. Elof Jensen, fabricant à Copenhague.

Les figures sont faites d’après le modèle exposé à Bruxelles en 1876, mais toutes les mesures sont prises d’après une nouvelle construction un peu différente.

a. Caisse destinée pour de l’eau-de-vie, du vin, etc.

B. Siège du cocher. <

G. C. Marchepieds.

D. D. Ouvertures ménagées dans les côtés de la voiture et garnies de stores eu toile à voile. Le nouveau modèle n’a gardé que les ouvertures de devant D et D ; les quatre de derrière ont été remplacées par une petite vitre carrée en verre dépoli, pour éviter les courants d’air.

E. Ouverture de ventilation dans la couverture.

a b cd représentent un des trapèzes mobiles , à l’aide desquels on fait monter les deux brancards dans la position supérieure avant que les brancards inférieurs soient placés sur le fond de la voiture. Le trapèze avec le brancard se montre dans ses deux positions ; ses bras mobiles ac et bd sont en fer.

a b (b, b, quand on le voit du côté de derrière), (pl. I, fig. 2), est un cadre en bois qui porte le brancard supérieur ; il est couvert de toile à voile et établit de cette façon, une séparation entre les deux brancards placés l’un audessus de l’autre. Il y a dans chaque voiture, deux appareils pour faire monter les brancards supérieurs et à chaque appareil appartiennent quatre bras en fer mobiles. On fait monter ces appai’eils en se servant des mains, puis on affermit la position de chaque cadre à l’aide d’une pièce de fer.

e f (f g et h i du côté de derrière) sont les brancards. Un brancard est composé do deux hampes e f, de deux traverses f g et h i et d’un fond en toile à voile bordée de coulisses de chaque côté pour recevoir les hampes.La traverse de devant est garnie de deux pièces de bois auxquelles on attache un des deux bouts du fond pour surélever la partie correspondant à la tête du blessé. Les brancards dont on se sert pour la voiture, sont semblables à ceux qu'ont les porteurs de blessés et chaque brancard est porté par deux hommes.

INSTRUMENTS ET APPAREILS

Chaque porteur est pourvu d’une traverse attachée au havre-sac, et d’une hampe (avec ou sans toile à voile) qu’il lient sur l’épaule comme un fusil, Quand un malade ou un blessé a été transporté à la voiture, on attache à la traverse posée par l'homme qui marche devant, une pièce de bois de la même forme que la traverse mais garnie de rouleaux, après quoi, le brancard est mis en place en le poussant sur ces rouleaux, et le brancard de la voiture maintenant remplacé par celui des porteurs et remis à ceux-ci. Quand plusieui’s blessés sont transportés en même temps, il faut d’abord placer les brancards supérieurs, puis les inférieurs En déchargeant la voiture, on doit procéder en sens inverse, et cependant les appareils destinés à faire monter les brancards, peuvent être baissés dans leur position la moins élevée sans toucher aux blessés couchés sur les brancards inférieurs.

Les coups produits en faisant monter les brancards supérieurs et en mettant en place les inférieurs sont empêchés par des coussins mis à l’avant de la voiture qui contient en outre des appareils destinés à affermir ces brancards.

D’après le nouveau modèle, une petite grille est mise sur le haut de la couverture du siège du cocher pour le transport de l’équipement des blessés ou autres objets.

Comme nous l’avons dit, la voiture contient deux appareils pour faire monter les brancards. A cet effet, deux forts montants en bois réunissent le milieu des deux extrémités du plancher et du plafond. A 0m,30 environ du plancher, ces montants et les parois de la caisse sont munis de taquets en bois servant de supports pour recevoir les cadres pendant le chargement. AO”, 30 plus haut, les montants postérieures et l’extrémité postérieure des parois présentent des tenons à échappement, dans la cavité desquels viennent se placer, après l’élévation des cadres, des boulons en fer fixés dans leur traverse postérieure. Les quatre bras mobiles qui supportent le cadre s’articulent en haut avec les traverses antérieures et postérieures, et en bas avec des écrous fixés aux points verticaux correspondants des parois et des montants de la caisse.

Pour abaisser le cadre, il faut soulever légèrement, avec les mains, sa traverse postérieure, retirer les boulons des tenons à échappement qui les retiennent et tirer le cadre à soi, par un mouvement d’abaissement parallèle au sol, jusqu'à ce qu'il rencontre les taquets où il est arrêté et maintenu. Le chargement du brancard est alors facilement fait par deux infirmiers et il suffit d’un seul d’entre eux pour soulever et pousser en avant le cadre tout chargé jusqu’aux tenons où il doit être solidement retenu. Le petit mouvement d’élévation, nécessaire pour engager les tenons, est rendu possible par le jeu large des articulations des parties inférieures des bras mobiles avec leurs écrous de fixation.

Ainsi, dans la voilure danoise, le brancard élevé à la hauteur du cadre est poussé facilement parce qu’il n’a qu’une ligne horizontale à parcourir et une seule personne peut faire cette opération avec la plus grande facilité. Dans la voiture française , le châssis descend et monte obliquement, il en résulte que, pour le chargement, les porteurs ont beaucoup plus de résistance à vaincre, puisqu’il faut toujours pousser de bas en haut pour élever le brancard sur ce plan incliné et alors deux hommes sont nécessaires pour l’opération. 11 faut encore remarquer que dans la voiture danoise, on peut, au besoin, charger et décharger les brancards supérieurs sans toucher aux brancards inférieurs, immense avantage qui ne peut être procuré par la voiture française.

Voiture à quatre roues pour quatre blessés couchés ou douze assis, système de treuil et chariot-rail de MM. Werber et Azéma.

Cette voiture se compose d’une caisse de 2m,K0 de longueur lm,30 de hauteur

L’Ail T MÉDICAL.

etlm,bOde largeur, suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux de devant de 0™,80 et deux derrière de lm,32 de diamètre. Les roues de derrière sont pourvues d’un frein qui agit sur elles au moyen d’une chaîne, genre Vaucanson, commandée du côté du cocher, par une manivelle fixée dans un écrou au milieu de la planchette du siège. Sous ce siège, se trouvent deux coffres; l'un à droite contient deux tiroirs au-dessous desquels il y a un réservoir à eau muni d’un robinet qui s’ouvre en dehors, sur le côté de la voiture ; l’autre j placé à gauche, est divisé en trois parties. Au-dessous de ce dernier, se trouve un réservoir en ferblanc pourvu de deux robinets qui s’ouvrent également en dehors sur l’autre côté. Entre les roues, la voiture est pourvue sur ses faces latérales de marchepieds qui permettent de visiter les blessés. L’avant, l’arrière et les baies des côtés, sont fermés au moyen de grosses toiles volantes qu’on peut fixer à l’aide de boucles et de boutonnières. En arrière, une demi-porte s’abaisse et forme deux marchepieds, l’inférieur à 0m,40 du sol, le second à 0m,35 du premier et à 0m,2o du fond de la voiture. Chaque côté est muni, dans sa partie inférieure, de deux ventilateurs, en plaques de cuivre, de 0m,30 de long et de 0m,20 de large, s’ouvrant et se fermant par glissement. Cette voiture est encore munie de deux lanternes, l’une en avant, l’autre en arrière.

L’intérieur est disposé pour recevoir quatre blessés couchés ou douze assis. Les blessés sont couchés sur des brancards, deux posés sur le fond de la voiture et deux suspendus à l’étage supérieur sur des crochets munis de ressorts à boudin longs de 0m,18 et larges de 0m,16 ou sur des chaînettes terminées par des crochets et fixées au plafond. Les malades assis sont placés, six de chaque côté, sur des banquettes mobiles que l’on rabat le long des parois lorsqu’on veut y placer des blessés couchés. Les ventilateurs dont nous avons parlé, s’ouvrent à la hauteur de ces banquettes.

En haut, se trouvent deux treuils, l’un à droite, l’auti’e à gauche, destinés à descendre et à monter séparément chaque brancard de l’étage supérieur. ’ Chaque treuil se compose d’un rouleau à cliquet, de deux poulies avec leurs attaches et d’une corde de traction. Au moyen de ce treuil, on soulève en môme temps les quatre bouts du brancard placé sur le plancher de la voiture. Une fois monté, celui-ci est accroché aux ressorts à boudin ou aux chaînettes mentionnées ci-dessus. On trouve encore dans cette voiture, deux longs leviers qui peuvent servir à soutenir les brancards supérieurs, en cas de besoin. Les brancards que l’on place sur le fond, se chargent très-facilement, au moyen de chariots-rails. Le chariot-rail se compose d’une gouttière en métal, montée sur trois gai )ts, un de chaque côté et un au milieu, munis de deux joues qui embrassent les parois d’un rail fixé sur le plancher de la voiture. Les pieds du brancard, chargé du blessé, sont placés dans le chariot-rail, à l’arrière et une seule personne suffit alors pour l’introduire complètement. La voiture est munie de deux rails et de deux chariots -rails ; elle porte le n° 20 et est très-lourde.

Vers la fin de l’Exposiiion, M. le comte de Beaufort avait placé dans cette voi* ture un nouveau système, pour le chargement des brancards au 2e étage. D’après ce nouveau système de M. le comte de Beaufort, appelé par lui la « balançoire » la voiture est munie à l’arrière (côté droit) de deux crochets auxquels sont fixées deux cordes, terminées par une traverse en bois, que l’on place sous le brancard, à peu près au tiers de la longueur des hampes.

Pour opérer le chargement du blessé au 2° éLage, il suffit qu’un brancardier placé près de la banquette du cocher, tire le brancard vers lui, et qu’un autre brancardier, placé à 1 arrière de la voiture, pousse le bi’ancard vers le fond du véhicule. Les coi'des de supension portent ainsi tout le poids, et l’arc de cercle qu elles décrivent, élève forcément le brancard au point voulu, sans secoussej

INSTRUMENTS ET APPAREILS

sans danger pour le blessé, et sans fatigue pour les brancardiers qui, lorsque le brancard est arrivé à la hauteur du 2° étage, n’ont plus qu’à placer les hampes dans les crochets à ressorts disposés pour les recevoir.

Le chargement du 2° étage s’est opéré dans les nombreuses expériences qui ont été faites devant le public avec une promptitude extrême et une sécurité complète, le brancard étant soutenu à la fois, parles cordes et par les mains des brancardiers, condition qui donne une double garantie contre les fausses manœuvres.

Fourgon d’ambulance, pouvant être transformé en voilure pour quatre blessés couchés ou douze assis.

Cette voiture se compose d’une caisse de 2m,72 de longueur, lm,45 de hauteur et lm,60 de largeur, suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux devant de 0n>,90 et deux derrière de ln>,3o de diamètre. Ce fourgon beaucoup plus léger que les voitures précédentes, a été construit par M. Colas ; son prix est de 1,300 francs. 11 est pourvu d’un frein et muni de marchepieds sur les côtés. La caisse est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette fixe pour trois personnes ; la postérieure est fermée de toutes parts au moyen de portes en bois. Devant, une porte simple à charnières, de 0m,70 de large, s’ouvrant en dehors ; derrière, une porte également à charnières, à deux battants et s’ouvrant entièrement; enfin, de chaque côté, une porte de lm de large, s’ouvrant à glissement, à la manière des portes de nos wagons à marchandises. Ces ouvertures servent pour le chargement et le déchargement de la voiture et facilitent l’introduction des brancards quand elle est utilisée pour le transport de blessés couchés. A chaque battant de la porte de derrière, se trouve un vasistas que l’on peut descendre pour donner de l’air et qui est garni d’un rideau. Des ouvertures de ventilation ont été également ménagées en haut et sur les côtés.

L’intérieur contient deux banquettes, une de chaque côté, fixées au moyen de chaînes. Ces banquettes sont mobiles et peuvent être rabattues le long des parois du fourgon, de manière (lorsqu’elles ne reçoivent pas de blessés assis) à laisser tout l’intérieur disponible pour placer les brancards destinés aux blessés couchés. Dans ce dernier cas, des ressorts en feuilles de lm,20 de long sont placés transversalement, deux en avant et deux en arrière et sont destinés à recevoir les extrémités des brancards qui se trouvent placés deux à deux sur deux étages. Chaque ressort est formé d’une lame d’acier arquée, à convexité supérieure, placée entre deux courroies très-fortes qui s’attachent à des crochets fixés à droite et à gauche dans l’intérieur de la voiture. Si ces ressorts venaient à se briser, les courroies supporteraient toujours les brancards. L’intérieur de ce fourgon est encore muni, de chaque côté, de quatre planchettes mobiles destinées à recevoir les ustensiles, objets de pansement et d'équipement des blessés.

Voiture à quatre roues pour six blessés couchés ou quatorze assis.

Cette voiture (pi. V, lig. 4, b et 6) se compose d’une caisse de 2m,52 de long, 1 m,63 de haut et lm,t>0 de large, montée sur 4 roues et suspendue sur 6 ressorts. Elle est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette, mobile pour faciliter la manœuvre des chargements et des déchargements, sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place. La disposition intérieure de la partie postérieure de la caisse permet de placer les blessés couchés sur trois étages. Les deux parties de la caisse ne sont pas séparées par une cloison, et un infirmier placé sur l’avant de la voiture peut aider au chargement des brancards. Ceux-ci sont suspendus par des courroies fixées d’une part sur les parois de la voiture et d’autre part sur deux tringles en fer, l’une en avant, l’autre eu arrière

roue vin. xoev. Tnc.n. 33

L’ART MÉDICAL

qui vont du parquet au plafond au milieu de la voiture et qui peuvent être cou- i cliées en haut, sous la toiture. La manœuvre pour le chargement de l’étage supérieur ne s'effectue pas sans difficultés; aussi cet étage ne doit guère être i utilisé que pour le transport des blessés dans les villes ; sur le champ de bataille, * la voiture ne doit porter ordinairement que quatre blessés couchés. L’introduc- ' tion des brancards inférieurs est facilitée par quatre bandes de tôle fixées sur j le plancher et sur lesquelles s’opère le glissement. Deux banquettes sont ! fixées sur les parois latérales et peuvent être placées de façon à recevoir chacune six ou sept blessés assis, quand la voiture ne porte pas de blessés couchés. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux i doubles en toile. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes \ articulées se relève et vient compléter la fermeture de l’arrière de la voiture. Sous le plancher, se trouvent deux coffres destinés à recevoir divers objets et : agrès ; sur le devant, au-dessus du tablier, est placé un réservoir à deux conr ■ partiments, renfermant, l’un de l’eau et l’autre de l’eau-de-vie. La toiture porte une galerie destinée à maintenir l’armement et l’équipement des blessés. Enfin, cette voiture est munie d’un frein, d’appareils d’éclairage, d’une pelle et d’une i pioche. Elle est très-lourde ; son prix est de 1,985 francs.

Voiture à treuil et à chariot, de M. Kellner, pour six blessés couchés ou douze assis.

Cette voiture (fig. 9), porte le n° 13; elle est suspendue par six ressorts et montée sur quatre roues, deux devant de 0m,83 et deux derrière de lm,25 de j diamètre. Elle est pourvue d’un frein dirigé par une manivelle fixée au milieu de la planche qui se trouve devant le cocher. La caisse, longue de 3œ,i0, large de lm,35 et haute de lm,62, est ouverte de tous côtés et peut être fermée au moyen de rideaux doubles en toile. De chaque côté, entre les roues, on trouve un fort marchepied en bois de 0,63 de long, 0m,25 de large et 0m,03 > d’épaisseur. Le marchepied de derrière formé de deux palettes articulées, se » relève et vient compléter la fermeture de la partie inférieure de l’arrière de la voiture. De chaque côté, sous le siège du cocher, on a placé un réservoir s’ouvrant à l’extérieur au moyen d’un robinet et entre les deux réservoirs, sous le ; siège, on trouve un coffret. La toiture de la voiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés.

La caisse est divisée en deux parties, communiquant entre elles ; l’antérieure renferme une banquette pour le conducteur et deux personnes; la postérieure est disposée pour recevoir les blessés couchés sur trois étages. Dans cette partie, plusieurs courroies descendent du plafond pour maintenir les blessés et leur permettre de se soutenir. Elle est en outre munie de deux appareils, un chariot et un treuil, servant à l’introduction et à l’élévation des brancards. On suspend dans l’intérieur de la caisse quatre brancards pliants, au moyen de crochets et de courroies. Les deux brancards supérieurs sont couchés sur deux traverses mobiles de lm,30 de long, 0m,07‘ de large et 0“,0L d’épaisseur. Les bouts libres des deux traverses sont maintenus en écartement par deux fortes barres de fer, de manière que ces deux traverses et ces deux barres forment un cadre. Celui-ci est suspendu au moyen de sangles et le bout libre de chaque sangle s’enroule sur un cylindre en fer de 0m,03 de diamètre garni de joues de CM, 08. Les cylindres sont montés sur des barres de fer de 0m,07 de diamètre fixées sur les côtés au plafond de la voiture et portant à leurs extrémités, des roues d’angle qui s’engrènent. La plus forte de ces roues a Ora,10 et les autres de 0m,06 à 0ni,08de diamètre. Ce mécanisme est commandé par un levier qui se trouve à l'extérieur, au bas de la voiture, du côté gauche du cocher, et qui permet de monter

INSTRUMENTS ET APPAREILS

et de descendre deux brancards ensemble. Deux autres brancards sont suspendus sur des crochets anguleux qui sont accrochés aux traverses mobiles sur lesquelles sont couchés les brancards supérieurs. On peut enfin placer deux autres brancards sur le plancher de la voiture.

Fig, 9. — Voiture à treuil et à chariot (systèmo Ivelluer)

Comme nous l’avons dit plus haut, cette voiture est pourvue, pour le chargement et le déchargement des brancards, de deux appareils : un chariot et un treuil. La voiture porte deux chariots à roulettes, qui s’engagent dans une rainure "qui traverse le plancher. Les pieds de devant du brancard, étant placés sur le chariot, il suffit de pousser légèrement d’arrière en avant pour faire avancer, sans la moindre secousse, le brancard jusqu’au fond de la voiture.

Pour l'élévation des brancards, on descend d’abord sur le plancher le cadre qui doit les supporter, et on les élève ensuite au moyen de la manivelle extérieure, jusqu’à la hauteur voulue. On accroche au-dessous un deuxième rang de brancards que l’on élève également au moyen du treuil. Les blessés ne ressentent aucune secousse pendant ces manœuvres, car les deux brancards du même rang sont doucement et horizontalement élevés par l’action simultanée des quatre courroies qui les supportent. Les distances sont calculées pour pouvoir placer deux autres brancards au-dessous du deuxième rang, afin de pouvoir, au besoin, transporter six blessés couchés. Cette voiture peut également être utilisée comme omnibus pour transporter dix blessés assis sur deux banquettes, une de chaque côté. Ces banquettes se rabattent le long des parois

L’ART MÉDICAL

latérales de la voiture pour laisser tout l’intérieur disponible quand on veut transporter des blessés couchés. Le prix de la voiture est de 2,300 francs, dont S00 fr. environ pour le treuil et les chariots, qui peuvent être appliqués à toutes les voitures d’ambulance.

Pays-Bas. — Dans la section des Pays-Bas, M. W. P. Ruiscli, médecin militaire à Amsterdam, avait exposé un petit modèle de voiture à quatre roues, j non suspendue, destinée au transport des blessés. Ce modèle représentait une charrette ordinaire, entre les montants de laquelle on a placé des caoutchoucs fixés solidement pour recevoir et supporter les brancards.

Suisse. — Dans la section suisse on trouvait une voiture à 4 roues pour le transport des malades et des blesses dans les hôpitaux, construite et exposée parM. Ilauck, carrossier à Genève.

Cette voiture, de forme omnibus, la plus élégante de celles exposées pour le transport des blessés et coquettement ornée, est montée sur 4 roues, deux roues derrière de lm,2a et deux devant de 0m,7o de diamètre, et peut être traînée par un ou deux chevaux à volonté. La caisse, longue de 3ra, et large de l“,3o est distante du sol de 0m,80; elle est suspendue, et l’essieu de derrière qui est coudé, porte deux ressorts sur la partie inférieure de son coude. L’avant, couvert par une avance, est divisé en trois parties, un tiers contient le siège du cocher et les deux autres tiers forment un passage qui communique avec l’intérieur de la voiture ; ces deux derniers tiers sont fermés par une porte pliante qui s’ouvre en dehors. Sur le côté de cette partie, on trouve une petite fenêtre. Deux marchepieds, l’un à droite, l’autre à gauche, sont fixés sur les ressorts des roues de devant. De chaque côté, la caisse est fermée par trois panneaux vitrés au moyen de petites glaces dépolies ; ces panneaux qui ressemblent à de petites croisées, sont munis de charnières et s’ouvrent et se ferment en <

dehors. Le derrière s’ouvre par une porte à deux battants, haute de lm,30 et l’ouverture totale a plus de lm de large. Au milieu, on trouve une ouverture fermée par une glace en verre dépoli qui monte et descend comme les vasistas des wagons de chemin de fer. Cette voiture est encore munie en arrière d’un double marchepied pliant, toutes les fenêtres sont garnies de stores et le toit qui porte une échelle et une galerie pour maintenir les objets placés sur la toiture peut êti’e recouvert par une toile imperméable. Une voiture semblable est employée à l’hôpital cantonnai de Genève, depuis deux ans.

L’intérieur est disposé pour recevoir un malade ou un blessé couché et trois assis ou encore huit à neuf assis et pas de couché. A gauche on trouve une banquette qui se déploie pour recevoir un brancard pour un malade couché. Pour son introduction dans la voiture, les galets creux dont est muni ce brancard, que nous avons décrit plus haut, p. 466 roulent sur une petite tringle en fer demi-i'onde fixée dans le parquet. Loi’sque la banquette ne porte pas de brancards, elle peut recevoir cinq ou six malades assis; la partie sur laquelle ils sont alors est mollement rembourrée. Sur le côté droit de l’intérieur de la caisse, trois sièges pour asseoir trois autres malades. Deux de ces sièges sont mobiles, se rabattent et se relèvent à volonté, pour laisser passer les personnes du service. Le dossier et l’appui-bras de ces sièges mollement remboui’rés sont pliants et les sièges une fois pliés se logent sur la paroi de la caisse de la voiture. Une autre place à siège fixe est établie pour un malade assis dos à dos avec le cocher, le siège est muni d’un coussin moelleux et au-dessous on prouve un petit coffre. L’intérieur est encore muni d’une lanterne. Cette voiture réunit l’élégance à tout le confort que l’on peut exiger pour le transport des blessés et des malades.

INSTRUMENTS ET APPAREILS

Nous citerons encore une voiture-tente d’ambulance de M. Ivromhout, lieutenant-colonel hollandais, exposée par le Ministère de la Guerre des Pays- Bas, mais, pour la description, nous renvoyons le lecteur à notre paragraphe sur les voitures-tentes d'ambulance dans notre chapitre réservé aux Abris p. oOo.

Comme nous l’avons dit, au commencement de cette étude, nous allons décrire ici les appareils de M. le comte de Beaufort et de M. le capitaine russe Valentin de Gorodezki destinés à supporter les brancards placés dans les voitures (1).

France. — L’appareil de M. le comte de Beaufort (lig. 10) est un support élastique construit par M. Werber. Ce support élastique se compose d’un cadre en bois pourvu à chaque extrémité d’un ressort à boudin. Les ressorts à boudin sont rivés dans les anneaux de quatre chaînes mobiles, fixées elles-mêmes aux angles d’un cadre extérieur formant socle; ce cadre extérieur, fait de planches de

Fig. 10. — Support élastique de M. le comte de Beaufort.

sapin placées de champ, a une hauteur de 0m,30. Des cordes placées transversalement, sont fixées à chaque extrémité des ressorts à boudin et destinées à supporter les brancards. Ce support offre de haut en bas l’élasticité du sommier, et de droite et de gauche, en avant ou en amère, obéit à la moindre impulsion qu’il reçoit. Il peut recevoir tous les brancards de champ de bataille et se place facilement dans les voitures. Le blessé couché sur ce support se trouve au milieu des cahots et des chocs, bercé d’un mouvement aussi doux que celui du hamac.

Russie. — Le matériel d'ambulance pour le transport des blessés sur des charrettes, système russe du capitaine Valentin de Gorodezki, a servi dans la dernière guerre turco-russe.

D’après ce système (fig. 11), deux brancards reposent sur des planchettes en bouleau, formant ressorts, fixées sur deux traverses en sapin de lm,55 de long, posées sur les montants d’une charrette, l'une en avant l’autre en arrière. Ces planchettes sont épaisses de0m,012, larges au centre de 0m,06b et de 0m,05 à chaque extrémité. La planchette la plus longue a 0m,70 de long et la plus courte qui se trouve au-dessous et au milieu de la première, n’est longue que de 0ra,36. Ces ressorts en planchettes qui ont au centre 0m,024 d’épaisseur sur une longueur de 0m,08 vont ensuite en s’amincissant de chaque côté, mais la planchette de dessus s’amincit très-peu. Cette dernière est garnie à chaque extrémité d’une petite plaque en fer relevée pour empêcher le glissement des brancards. Les planchettes sont placées dans leur milieu, entre deux morceaux de bois longs, celui du dessus de O™, 13 et celui du dessous de 0m,18, de manière qu’il n’y ait qu’un tout petit espace sur lequel touchent les planchettes formant ressorts. A l’endroit où se trouve la partie la plus épaisse, elles sont maintenues par une

(1) Voir notre brancard disposé pour le transport par voiture ou par wagon, p. 461.

L’ART MÉDICAL

ande de fer de 0m,03ü de large cl de 0m,003 d’épaisseur; c’est au moyen de celte bande en fer qu’elles sont fixées sur la traverse. Cette disposition de ressorts en planchettes pour recevoir les brancards est également employée par l’administration russe pour le transport de blessés dans les wagons de chemin de fer. (Voir fig. 12, page 302).

Fig. 11. — Matériel d’ ambulance pour le transport des blessés sur charrette (système russe du capitaine

Valentin de Gorodezki).

Une monture en bois, complètement pliante et destinée à former un toit, permet de couvrir la charrette au moyen d’une forte toile garnie de rubans servant à la maintenir. Cette monture se compose de trois tringles en bois longitudinales qui courent parallèlement à la longueur des brancards. De chaque bout de la tringle longitudinale qui forme le haut du toit, descend verticalement une autre tringle en bois articulée, à charnière. Celle-ci vient se fixer dans la traverse qui supporte les bois principaux soutenant les brancards. De chaque extrémité des deux antres tringles qui forment les côtés du toit partent d’autres tringles en bois qui viennent s'adapter, au moyen de charnières, le long des tringles verticales. Le tout est à charnières et recouvert d’une forte toile. Les côtés sont maintenus par des sangles ,et des cordages; l’ensemble présente une belle proportion. La hauteur du toit au milieu est de 0m,90, la hauteur des côtés est de 0m,6D et la longueur du toit en haut est de tm,30.

Nous terminerons ce paragraphe en citant quelques modes d’appropriation des voitures ordinaires au transport des blessés présentés au Congrès international d’hygiène tenu à Bruxelles en 1876.

Pour le transport de blessés atteints peu grièvement et pouvant rester assis, on a proposé de suspendre, à l’aide de cordes, des sièges, formés de planches ilexibles, offrant des conditions convenables de solidité et d'élasticité. Ces banquettes improvisées peuvent être placées transversalement ou longitudinalement suivant la longueur de la voiture.

Un autre système consiste à suspendre avec des cordes, le long des parois latérales, deux longues perches formant de chaque côté un support élastique sur lequel reposent, par leurs extrémités, des planches transversales échelonnées les unes derrière les autres, à des intervalles suffisants.

INSTRUMENTS ET APPAREILS. 495

Les planches peuvent être remplacées par des cordes tendues deux à deux d'un côté à l’autre et garnies par des couvertures ou des vêtements.

Pour le transport des blessés couchés, on peut couvrir le fond de la voiture d’une couche épaisse de paille sur laquelle on étend les blessés dans toutes les positions exigées pour les lésions dont ils sont atteints. Afin d’avoir plus d’élasticité, on suspend par des cordes, à une distance d’un pied du plancher, trois perches transversales sur lesquelles on place des planches longitudinales que l’on garnit de paille, de paillasses ou de matelas.

D’après un autre système, ou passe sur deux longues perches longitudinales fixées aux parois, des cordes qui vont d’un côté à l’autre et s’entrecroisent de manière à former une sorte de treillage élastique que l’on recouvre de paille. Il faut citer comme l’un des plus ingénieux à cet égard le système norwégion pour l’adaptation des chariots à foin aux transports des blessés. Ce système, applicable à toute espèce de chariots de paysans, n’exigeant aucun appareil particulier et pouvant s’improviser partout, consiste à suspendre les brancards au moyen de longues perches de sapin longitudinales dont une des extrémités libre fait très-efficacement l'office de ressort.

Le système russe pour l’appropriation des fourgons de munitions au transport des blessés se compose de traverses soutenues par des ressorts en spirales sous lesquels quah'e litières peuvent être suspendues deux à deux (1 .

8° Transport des blessés par chemins de fer.

Le transport' par chemin de fer qui, naturellement, tend de plus en plus à se généraliser et qui est certainement le meilleur pour conduire les blessés dans les villes et villages éloignés des champs de bataille, était très-rude eUrès-pénible tel qu’il était pratiqué jusqu’à ce jour. En effet, pour ce service, les chemins de fer n’étaient pas organisés, les wagons n’avaient reçu aucun arrangement particulier; on transportait les blessés qui pouvaient rester assis comme des voyageurs ordinaires dans les wagons de service habituel, et les blessés qui ne pouvaient être transportés que couchés étaient mis sur un lit do paille étendu sur le fond des wagons à marchandises. C’est ainsi que nous nous rappellerons toujours avec tristesse que, pendant la guerre de 1870-1871, les blessésont été transportés, en France, de la façon la plus incommode et la plus irrégulière. Les malheureux soldats entassés pêle-mêle dans des wagons sans aménagement préalable, parcouraient ainsi de longues distances, dans une situation difficile pour leur état. Il est donc de toute nécessité qu’une entente s;’établisse entre l’administration hospitalière de l’armée et les compagnies des chemins de fer pour faire construire ou transformer des wagons qui, à un moment donné, puissent servir au transport des blessés. Aussi est-ce avec un profond soulagement que nous avons appris que, sur la proposition faite parla Société française de secours aux blessés militaires qui, comme nous le verrons plus loin, avait exposé un matériel de chemin de fer si parfait pour ce service, les ingénieurs des chemins de fer français s’occupent activement du projet de transformation des fourgons de marchandises en wagons pouvant servir au transport des soldats blessés ou malades. Cette transformation serait des plus simples et n’imposerait aux compagnies que des frais insignifiants; elle consisterait à percer des portes à l’avant et à l’arrière des fourgons à marchandises pour ménager entre les wagons, au moyen de passerelles, une communication qui permettrait d’aller d’un bout à l’autre d’un train en marche. Il faudrait en outre ménager dans chaque wagon et dans

(1) Congrès international d’hygiène. Rapport de M. le Dr Ilermant, (Bruxelles 1876).

49G L’ART MÉDICAL

le sens de la longueur, un espace suffisant pour un couloir à l’usage du personnel de secours.

Nous allons étudier trois modèles de wagons destinés au transport des blessés exposés par l’Angleterre, les États-Unis et la France, mais c’est surtout le traiu sanitaire présenté par la Société française de secours aux blessés qui va méi’iter toute notre attention. Pour la description de ce train sanitaire qui indique sibien quelle devrait être l’organisation de tous les trains destinés au même usage, \ nous demanderons au lecteur la permission de lui donner avec la description des wagons destinés au transport des blessés, la description du train tout entier.

Angleterre. — Dans lasection anglaise, M. Joshualïenry Porter avait exposé un modèle de wagon de chemin de fer disposé pour le transport de malades ou de blessés dans des hamacs de marine. Dans ce wagon, semblable à nos wagons de marchandises, plusieurs matelas sont fixés suivant l’axe longitudinal du wagon et suspendus au moyen de cordes. D’après le système du Dr Porter, chaque matelas est placé dans l’intérieur d’une toile attachée, par ses deux extrémités, au moyen de cordages en forme de hamac, à deux crochets fixés dans des poteaux verticaux qui vont du plancher au plafond. Le milieu de chaque matelas est en outre soutenu par une traverse en bois suspendue transversalement au moyen de cordes qui descendent du plafond.

États-Unis. — M. le Dr Thomas W. Evans exposait dans la section des États-. Unis, un modèle de loagon-hôpilal pour chemin de fer, pouvant contenir 30 lits pour transporter les blessés; échelle 1 ; 4. Fac-similé des wagons de chemin de fer, employés pendant la guerre de sécession aux États-Unis par la commission d’hygiène pour le transport des blessés. Le modèle (pl . V,fig.2et3) démontre un système de chauffage et de ventilation et représente, dans sa construction générale, un wagon ordinaire d’un train de voyageurs en usage aux États-Unis. Il se compose de deux parties : la partie antérieure a 4 roues, monture ordinaire des trains ,[ de wagons sur chemin de fer, et le plancher qui réunit les roues est fixé à cette partie antérieure de, la caisse par un axe susceptible de tourner. La partie postérieure est construite de même, quant aux roues. Les deux extrémités du wagon sont reliées ensemble par quatre tringles en fer de 0m,0 1 de diamètre, qui courent au-dessous de la caisse en décrivant une courbe et sont tendues à chaque extré-' mité par des arcs-boutants à vis. En raison de la longueur du train et de sa position sur les tringles, on a assez d’élasticité. La caisse du modèle a 4m,ÜO de long, fim,70 de large et 0ra,60 de haut; elle a deux entrées devant et deux par derrière et est précédée et terminée par un balcon de 0m,t4 de profondeur et d’une longueur de 0m,o0 garni d’une marquise pour le conducteur. A une des extrémités, est un cabinet de médecin. Le compartiment du milieu est réservé pour les malades qui y sont disposés sur des lits, étagés par trois superposés et par série de cinq de chaque côté, suspendus aux panneaux et à des montants en bois par des anneaux en caoutchouc. On a ménagé, dans toute la longueur, entre les rangées de lits, un corridor pour le service et à l’une des extrémités on a placé un poêle-calorifère. Les panneaux de côté sont garnis de vasistas mobiles pourvus de stores à l’intérieur. Le ciel est surélevé dans toute la longueur et surtout au milieu où sont les tuyaux de ventilation placés de chaque côté. Ce wagon est muni de freins à chaque extrémité (I).

France. — Pour la France, nous avons à étudier un modèle de wagon pour

(1) Voir Exposition de 1867. Appareils et instruments de l'art médical , par le Dr Gruby, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères, 54, Paris.

INSTRUMENTS ET APPAREILS

ambulance exposé par M. le comte d'Osmont et le train sanitaire de la société française de secours aux blessés militaires.

Lemoclèledewaponpvèsenlè parM.le comte d'Osmontest longde0m,90, large de 0m,40 et haut de 0m,45; il est en bois et fer. Ce wagon, modèle des wagons de chemins de fer ordinaires, est monté sur des ressorts; le milieu est surélevé et garni de vitres pour le jour et la ventilation. A chaque extrémité, se trouve une entrée avec croisée communiquant avec un escalier muni d’une rampe. Sur les paliers, près des portes, il y a des cabinets' d’aisance. La communication d’un wagon à un autre se fait au moyen d’un pont. La caisse forme un seul compartiment fermé de chaque côté par trois parois mobiles qui peuvent être tournées complètement, de manière que le chargement et le déchargement des .blessés couchés puisse s’opérer sans qu’aucun brancardier pénètre dans l’intérieur. A cet effet, un châssis rectangulaire en fer, suspendu sur une poulie, glisse tout du long de chaque paroi latérale dans deux rainures verticales et porte deux potences desLinées à recevoir un brancard. Les deux angles supérieurs de ce châssis sont suspendus à l’aide de crochets en fer qui eux-mêmes sont attachés à une corde et les deux cordes se réunissent ensuite en une seule qui va passer sur une poulie fixée au-dessus. De là, la corde se dirige de droite à gauche, horizontalement, passe sur une poulie d’angle et descend ensuite pour s’engager en bas du panneau sur un treuil en fer à cliquet, muni d'une manivelle; au-dessous de ce châssis s’en trouve un second semblable, mais celui-ci n’est soutenu que par un seul crochet et une seule corde fixée au milieu et audessus. Cette corde remonte derrière le châssis supérieur, va trouver une autre poulie et fait ensuite le même chemin que la première. Les potences font corps avec les châssis et sont entaillées pour recevoir les hampes des brancards. Ceuxci sont en fer, ils sont munis de pieds et de poignées articulées pour pouvoir être rabattues. Pour les chargements, on descend le châssis à hauteur d’homme, on place sur les potences le brancard avec le blessé couché et on le remonte à sa place à l’aide du treuil. Le déchargement s’opère de la même manière. Les parois glissent sur deux rails excentriques, l’un placé dans le parquet et l’autre dans le plafond ; le rayon des rails excentriques est de 0m,0*2G. Dans chaque rail glisse des pitons fixés, l’un à la partie supérieure, et l’autre à la partie inférieure du panneau. En outre, le même panneau porte en dessus et en dessous une coulisse garnie de fer qui reçoit un axe ou piton fixé en haut et en bas, de façon que le panneau puisse suivre en tournant la ligne excentrique des rails. Une des trois parois n’est pas munie de rails ni de coulisses; elle porto seulement, en haut et en bas, dans son milieu, un axe ou piton autour duquel elle peut pivoter. Ce dernier système serait facile à appliquer à tous les wagons de marchandises ordinaires.

Chaque pai’oi porte deux blessés superposés, ce qui fait par conséquent six blessés couchés de chaque côté. D’autre part, un banc double en bois, placé au milieu et dans toute la longueur du wagon, peut recevoir des blessés assis. L’avantage du mouvement excentrique des rails est de donner plus de sécurité et d’empêcher que, pendant la manœuvre, les parois occupent une trop grande place dans l’intérieur du wagon, où il reste encore un grand espace, de manière que les blessés assis ne soient nullement gênés.

L’idée nouvelle et ingénieuse présentée par ce modèle ferait désirer qu’on puisse expérimenter un wagon de grandeur naturelle organisé d’après ce système, afin de se rendre compte du service qu’il pourrait rendre.

Le matériel d'ambulance de chemin de fer exposé par la Société française de Secours aux blessés militaires se composait de huit wagons montés sur rails et placés derrière les abris de cette société. Tous ces wagons sont munis

devant et derrière, de chaque côté, d’un marchepied communiquant à une plate-forme qui facilite l’entrée et la sortie. Les marchepieds et -une partie de la plate-forme sont garnis de tringles en fer formant rampes et galeries mobiles; le milieu de la plate-forme n’en est pas garni, mais il présente une autre petite plate-forme qui déborde et va s’appuyer sur celle du wagon suivant ou précédent pour former pont et permettre de passer facilement d’un wagon dans l’autre et de circuler dans tout l’intérieur du train. Sept de ces voitures font ! partie du train sanitaire de la Société française de Secours aux blessés. Ce sont :

1° un wagon approvisionnement; 2° un wagon magasin; 3° un wagon cuisine;

4° un wagon réfectoire; 5° un wagon pour 4 médecins; 6° un wagon pour 50 blessés assis; 7° un wagon pour 18 blessés couchés, dont 13 sur des couchettes fixes superposées 3 par 3 et les 3 autres sur des brancards suspendus au moyen de cordes attachées au plafond; le 8° wagon exposé était un wagon ordinaire à marchandises approprié pour la réception de blessés couchés.

Le matériel de chemin de fer de la Société française de secours aux blessés militaires a été construit par M. Charles Bonnefond ingénieur, sur les indications du Dr baron Mundy.

•1» Wagon d’approvisionnement. — Ce wagon, entièrement en bois, est trèsgrand et très-solide; il est pourvu, au milieu et sur chacune de ses faces laté- i raies, de larges portes à deux battants. De chaque côté de ces portes on a placé deux grands écussons croix rouges mobiles et au milieu on a écrit en grosses ! lettres : Approvisionnement. A l’arrière et à l’avant une porte fait communiquer la plate-forme avec un couloir qui divise le wagon dans toute sa longueur en deux parties égales. La largeur du couloir est de 0m,70; la largeur du wagon de chaque côté du couloir, est de 1 mètre et sa hauteur de2m,35.

Les deux extrémités du wagon sont garnies de deux vasistas surélevés de 0m,40. A droite et à gauche du couloir sont disposés des compartiments avec portes à coulisses munies d’inscriptions; ces compartiments contiennent le combustible et les provisions nécessaires. Les compartiments destinés à la viande fraîche, au pain et autres aliments frais, sont aérés; les boissons en bouteilles se placent dans des tiroirs munis de supports entaillés. Ce wagon contient un sellier pour boissons en fûts, des casiers pour boissons en bouteilles, une soute pour les pommes de terre, une soute à charbon, un garde-manger pour la viande fraîche, un garde-manger pour le pain, un autre pour les légumes, enfin un magasin pour l’épicerie et les conserves alimentaires. Le prix du wagon d’approvisionnement est de 3,730 francs. Ce wagon, comme nous l’avons dit plus haut, communique avec le second au moyen d’une plate-forme, formant pont.

2° Wagon-magasin. — Ce wagon, semblable au wagon d’approvisionnement, contient une lingerie, une bibliothèque, une pharmacie, tout le matériel de pansement, des brancards, des tables, des chaises pliantes, des baignoires s'emboîtant l’une dans l’autre, un poêle en fonte, une glacière, un appareil pour fabriquer la glace, un lit monté pour le garde-magasin. Ce lit se trouve à une hauteur de 1“,20 à peu près au-dessus du parquet. L’éclairage a lieu pendant la nuit au moyen de lanternes encastrées dans le plafond. Ce wagon communique avec celui qui le précédé et avec celui qui le suit au moyen de plates-formes formant ponts. Le prix du wagon-magasin est de 3,730 francs.

3° Wagon-cuisine (PL V, fig. 1). — Le wagon-cuisine toujours réuni aux wagons suivant et précédant au moyen de plates-formes formant ponts, n'offre plus le même i aspect que les précédents. On n’y trouve plus de couloir, il présente l’aspect et l’aménagement d’une vaste cuisine. En haut, au milieu, on a ménagé de larges vasistas surélevés de 0m ,4-0 à 0m, 30 pour la ventilation; ces larges vasistas sont ! garnis de rideaux. Dans l’intérieur, au milieu, on trouve un grand espace libre

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d'environ 1™,10. Au milieu d’une des parois latérales est placé un large fourneau en fer de 2m,35de long, 0m,90 de profondeur et de hauteur ordinaire. Ce fourneau est muni d'un large tuyau de dégagement, s’ouvrant dans le plafond. 11 porte deux grandes chaudières de 7ü litres chacune, pour la préparation du pot-au-feu et du bouillon, et deux grands bains-marie pour le café et autres boissons chaudes. Les couvercles des marmites sont maintenus par des bandes flexibles en bois. Au-dessus du fourneau, un rayon fixé sur la paroi du wagon porte une batterie de cuisine en cuivre étamé. En face du fourneau, sur l’autre paroi du wagon, deux lits, l’un pour le cuisinier et l’autre pour son aide, sont fixés au moyen de charnières. Ils se relèvent pendant le jour contre la paroi du wagon, de manière à ne pas encombrer la cuisine. Un de ces lits est doublé d'une table de 0ra,85 de large qui se développe lorsque le lit se relève. A côté du fourneau, on trouve une table en bois avec tiroir, et à côté des lits et de la table dont nous venons de parler, on a installé une grande bassine en cuivre pour laver la vaisselle. Un peu plus loin, on a placé un billot en bois. Des armoires dans lesquelles toute la vaisselle et les accessoires nécessaires pour le service sont assujettis, occupent les quatre coins du wagon et sont surmontées de réservoirs à eau d’une contenance totale de 1800 litres. Ces réservoirs s’alimentent par une ouverture pratiquée dans la toiture du wagon et distribuent l’eau au moyen de robinets dans tout l’intérieur de la cuisine. Une horloge est suspendue à l’une des extrémités du wagon. L’éclairage a lieu la nuit au moyen de lanternes encastrées dans le plafond et le jour par un grand lanterneau et quatre châssis latéraux qui servent à la ventilation. Le wagon-cuisine contient donc les appareils, ustensiles etaccessoires nécessaires à la nourriture de trois ou quatre cents blessés ou malades et à celle du personnel d’ambulance et du train. On peut préparer dans ce wagon, outre les tisanes, tous les genres d’alimentation qu’exigent les blessés ou malades et les employés. Le prix du wagon-cuisine est de b, 750 francs.

4° Wagon-Réfectoire. — Le quatrième wagon porte en grosses lettres, sur ses parois latérales le mot : ambulance. 11 est réuni, toujours au moyen de plates-formes formant ponts, avec le wagon qui le précède et avec celui qui le suit. Ce wagon qui était disposé à l’Exposition comme un réfectoire peut recevoir des blessés couchés ou des blessés assis. Outre les portes qui, à chaque extrémité, donnent accès aux terrasses, portes <\ deux battants inégaux, dont un seul, le grand, sert pour la circulation ordinaire, tandis que l’autre ne s’ouvre que pour l’entrée ou la sortie des blessés couchés, ce wagon e6t pourvu sur chacune de ses faces latérales, d’une large porte à glissement. Les parois sont doubles; une partie de la paroi intérieure est formée par les sièges et les dossiers des bancs destinés aux blessés assis et aucune des appliques de ce wagon fixées de manière à ne pouvoir être déplacées sans le secours d’une clef commune à toutes les serrures, ne fait saillie dans l’intérieur. Dans ce wagon, appliqué au service de réfectoire, les banquettes fixées dans les parois étaient rabattues, et devant ces banquettes, on avait placé des tables de lm,90,delong et 0m,40 de large, munies de pieds à vis. En haut, le milieu et les deux extrémités sont surélevés d à peu près 0m,40 pour l’éclairage et la ventilation. Ces surélévations sont pourvues de larges vasistas garnis de rideaux. Le wagon est en outre muni de lanternes pour l’éclairage de la nuit; son prix est d’environ 5,000 francs.

5° Wagon-mcdccins. — Ce wagon est disposé pour recevoir quatre médecins et est réuni, comme les autres, avec celui qui le précède et avec celui qui lesuit( au moyen de plates-formes formant ponts. 11 est divisé en deux parties égales et dans toute la longueur, par un couloir qui a 0’",60 de large. II contient quatre cabines, deux à droite et deux à gauche, et entre les deux cabines, on trouve

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d’un côté un water-closet, et de l’autre côté, entre les deux autres cabines, un très-grand poêle de 1 mètre de haut et de 0m,ob de large. La largeur de la place occupée entre les deux cabines par le poêle et le water-closet, est de 0m, 80.

Le couloir est éclairé, le jour, par une guérite vitrée, dont les châssis mobiles permettent de régler l’aérage à volonté, et la nuit par des lanternes ordinaires de voiture encastrées dans le plafond. L’appareil de chauffage est du système dit à courant d’eau, et est étudié de façon à chauffer légèrement pour empê- • cher la congélation de l’eau contenue dans deux réservoirs dissimulés dans les plafonds et destinés à alimenter les toilettes des chambres et le water-closet. Le même appareil, par une disposition de conduites à eau chaude passant sous le plancher, entretient à une température égale et constante, des chaufferettes placées sous le tapis, devant le fauteuil de chaque chambre. Chaque cabine, pourvue de larges fenêtres garnies de rideaux, contient : une armoire à rayons, pour linge et habits, sur laquelle repose une toilette-lavabo garnie de tous ses accessoires et pourvue d'un robinet de prise et de sortie d’eau. Au-dessus de la toilette, est placée une pharmacie bibliothèque. Le lavabo et la bibliothèque se trouvent près de la porte d’entrée. L’extrémité opposée de la cabine, faisant face à la toilette, est occupée par un lit qui, dans le jour, se relève le long de la paroi du wagon, le dessous se confondant avec la tenture du reste de lacabine.

Ce côté est encore occupé par un siège à deux places, dont la moitié se rabattant, par un simple mouvement de bascule, laisse la place libre pour le lit. Derrière ce siège, on a ménagé un vestiaire dont l’ouverture se trouve au-dessus de la partie fixe de ce dernier; devant cette partie fixe, on peut encore rabattre une table pliante, munie d’un encrier fixe, table que l’on dissimule dans la boiserie. Chaque cabine est pourvue en outre, d’une pendule-réveil portant baromètre et thermomètre. Enfin, toutes sont éclairées par une lampe à huile qui peut être suspendue, soit à côté de la toilette, soit à côté de la table. Le wagon pour médecins, ainsi aménagé, coûte 10,000 francs.

6° Wagon 'pour 50 blessés assis. — Le sixième wagon toujours réuni avec les autres, au moyen de plates-formes, offre la même construction que le wagon ■ réfectoire. Il est pourvu, outre les portes de ses extrémités, de deux portes ; latérales à glissement, seulement, une de ces portes est condamnée par l'adaptation d’un water-closet le long de la paroi. Les bancs qui forment la paroi : intérieure sont rabattus et prêts à recevoir les malades assis. Ces bancs sont de simples planches, sans* aucune garniture ; on les rabat au moyen d’une clef commune à toutes les serrures. Au milieu, on a installé un poêle en fer de 0œ,80 de haut, dont le tuyau de dégagement traverse le plafond. Le milieu et les extrémités portent des vasistas surélevés d’environ 0m,L0 et garnis de rideaux.

Ce wagon est muni de lanternes pour l'éclairage de nuit et porte en grosses lettres sur ses parois latérales le mot : amuulance. Son prix est d’environ 5,000 francs.

7° Wagon- Ambulance. — Ce wagon toujours réuni aux autres, contient un aménagement pour huit blessés ou malades couchés sur des cadres en bois à fonds sanglés garnis de matelas et d’oreillers. Les cadres sont supportés par des barres rondes en fer, maintenues d’un côté sur les parois, et de l’autre sur des montants en bois fixés au milieu du wagon. Ces montants fixés à la toiture de la voiture, sont détachés et mis en place pour recevoir les tringles destinées à supporter les cadres et ces tringles sont alors engagées dans des œillets dont les montants sont pourvus. Ce wagon porte sur ses faces latérales, de larges portes à deux battants; une de ces portes est condamnée par un watercloset à côté duquel on a installé un poêle. On trouve encore dans ce wagon des bancs pour asseoir les blessés et des lanternes pour l’éclairage de nuit. Il

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est surélevé au milieu et à chaque extrémité et muni de vasistas garnis de rideaux. Sur les côtés, il porte le mot : Ambulance.

8° Wagon- Ambulance. — Le huitième wagon-ambulance, toujours réuni aux autres est muni, sur ses faces latérales, de larges portes s’ouvrant à glissement. On trouve dans ce wagon surélevé d’environ 0,o,40au milieu et à chaque extrémité et muni de vasistas garnis de rideaux, des lanternes pour l’éclairage de nuit. 11 porte sur ses côtés le mot : Ambulance et représente différents modes d’appropriation des wagons ordinaires à marchandises pour le transport des blessés.

Quatre systèmes étaient exposés : 1° le blessé est étendu sur un brancard placé sur une couche de paille; 2" les brancards sont suspendus à des cordes attachées au toit du wagon, au moyen de simples crochets et, pour supprimer le balancement latéral, on attache les brancards aux parois du wagon; 3° les cordes qui supportent les brancards sont munies de ressorts ou transformés en ressorts de la manière suivante : quatre cordes terminées en boucles à leur partie inférieure, reçoivent les extrémités des hampes d’un brancard et deux bâtons, formant arcs, tiequent ces cordes en écartement de manière à ce qu’elles représentent ainsi deé lignes brisées. Tout choc met enjeu l’élasticité des bâtons arqués, et modifie l’écartement des cordes qui tendent alors à se rapprocher l’une de l’autre, produisant ainsi les mouvements que donnent les ressorts en acier; telle est la description du ressort improvisé de M. le comte de Beaufort qui en est l’inventeur. 4° les cordes qui supportent les brancards sont portées par un cadre mobile qui est placé dans le wagon, auquel il n’adhère par aucun mode d’attache. Ce cadre, dit : cadre de transformation , est dû à M. le comte de Beaufort qui le décrit ainsi : le cadre de transformation est un appendice qui convertit presque immédiatement un wagon à marchandises en un wagonambulance pour le transport de blessés couchés, et cela sans la moindre modification de la caisse du véhicule pour l’aménagement des brancards, sans l’addition d’un seul clou, d’une seule vis. Le cadre se place comme un colis ordinaire. Articulé à tous ses angles, il se monte vite et facilement, il forme, lorsqu’il est démonté, une ligne droite comme un brancard fermé. Chaque wagon à marchandises peut contenir deux de ces cadres qui supportent six brancards chacun. Un espace intermédiaire forme corridor pour donner accès auprès de chaque blessé. L’opération laborieuse de la mise en place des brancards chargés de blessés est facilitée, au besoin, par un élévateur qui se compose de deux poulies et d’une corde terminée, à une de ses extrémités par un poids de lb kilogrammes environ, et à l’autre par une traverse en bois, longue de 0m,60. Lorsque le brancard est placé entre les deux montants du cadre, on pèse sur la traverse de l’élévateur, on l’abaisse, en faisant monter par conséquent le poids. La traverse est alors placée sous les hampes du brancard, à l’élévation duquel vient concourir la force qui a été employée pour l’ascension du poids; sa descente diminue de lb kilog. le poids à soulever. Un élévateur est placé à chaque extrémité du brancard; il en résulte que le travail de la mise en place du blessé est diminué de moitié, ou plutôt qu’il se divise en deux parties: la première s’effectuant par l’effort du brancardier quand il pèse sur la traverse, la seconde par sa force musculaire. L’élévateur n’étant pas fixé au cadre, il n’en faut que deux par wagon à marchandises.

On pourrait augmenter l’action du poids, de manière à lui faire produire l’élévation entière du brancard; mais il est préférable de rendre nécessaire l’intervention des brancardiers pendant toute la durée de l’opération, afin qu’ils puissent suppléer à un dérangement de l’appendice; ce qu’ils sont à même de faire, puisqu’ils n’abandonnent pas les hampes, avant la parfaite mise en place du brancard. Tout dérangement aurait donc simplement pour effet d’obliger à faire

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le chargement de la manière ordinaire. L’élévateur est ainsi conforme à ce Principe : tout appendice complémentaire doit avoir son action distincte et ne

doit entraver en rien, au besoin, le fonctionnement des moyens ordinairement employés.

Russie. — Pour terminer cette étude, nous citerons le matériel d'ambulance pour le transport des blessés par wagons à marchandises, système du capitaine Valentin de Gorodezki, ayant servi pendant la dernière guerre Turco-Russe et qui se trouvait exposé dans la section russe. D’après ce système (fig. 12), les brancards en sapin que nous avons décrits dans notre étude sur les brancards, p.45o sont placés sur des ressorts en planchettes semblables à ceux que nous avons vus à la fin de notre paragraphe sur les voitures. Pour le transport en chemin de fer, ces ressorts en planchettes sont fixés transversalement sur deux montants en sav P*n> boulonnés dans les wagons de mar-

fPV - Matériel d’ambSf^ic cllandlses' *ïn rf>°rL en planchettes est fixé transport dos blessés par wagons à mar- par son milieu a 1 extrémité supérieure de deaGorodozk?Stime 1111 capitaiIlc Valontin chaque montant et en dessous, près du pied

de celui-ci, on trouve un système de suspension semblable pour un autre brancard (1).

9° Transport des blessés par eau.

L’Exposition de 1878 nous offrait peu de sujets d’étude ayant trait au transport des blessés par eau. Ainsi, après avoir parlé de l’exposition du Ministère de la Marine française et décrit un modèle de barque pour le transport des blessés, présenté par le Ministère de la Marine des Pays-Bas, nous finirons par la description d’un appareil contre le mal de mer, exposé dans la section italienne.

France. — Le Ministère de la Marine française exposait un hamac règlemcntairede matelot, disposé pour le transport des blessés à bord, pendant le combat, d’après la méthode du Dr J. Maréchal, médecin principal au port de Brest. Le hamac sert en même temps à descendre les malades ou blessés, ceux-ci étant emmaillotés dans le hamac et celui-ci étant placé dans une gouttière en métal.

Le hamac réglementaire que l’on a toujours à bord, est tendu, dans sa longueur (pl. 1, fig. 9), par des lattes flexibles passées sur sa face dorsale, en dehors et vers le milieu du mince matelas qui le double, ainsi que par deux bâtons, un de chaque côté, qui doivent servir à soulever le blessé ou le malade une fois emmailloté, maintenu immédiatement, et pour toute la durée des soins ultérieurs, dans une enveloppe qui l’abrite contre les violences et facilite sa transmission. Les bâtons doivent être tenus à distance convenable par des attelles percées qui traversent les extrémités. Ce hamac est muni en outre de deux traversins, l’un pour soutenir la nuque, l’autre pour maintenir les jambes en demi-flexion. Huit crochets

(1) Voir notre brancard disposé pour le transport par voilures ou wagons, p. 161.

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boulons permettent un transfilage rapide à l’aide d'une corde terminée par une boucle à l’une de ses extrémités. L’application de cette enveloppe demi-rigide et matelassée a pour but de supprimer l’usage des brancards peu pratiques à bord. Le malade transfilé dans son hamac est présenté obliquement à une gouttière en métal préalablement inclinée de 25 degrés (pl. I, lig. 8); arrivé dans la batterie, il est saisi à l’extrémité inférieure du cadre-hamac par un premier porteur. Un deuxième porteur se tient prêt à saisir l’extrémité supérieure du cadre-hamac, dès que la descente par glissement sera complète et que la tête du blessé ou du malade sera arrivée à hauteur de ceinture. Un troisième servant se dispose à peser les cartahus suspenseurs de la gouttière pour la remettre dans le cadre du panneau. Le blessé ou le malade est alors déposé à la place qui lui est assignée ou à l’orifice d’une nouvelle gouttière de transmission s’il y a plusieurs étages à traverser. Le patient peut être ainsi descendu dans la gouttière jusqu’au dernier étage, au moyen de poulies adaptées dans chaque plancher.

Pour démontrer la méthode nouvelle de transport des blessés à bord pendant le combat, du Dr J. Maréchal, le Ministère de la Marine française exposait le modèle réduit d'un segment de frégate oh le passage des blessés et la manœuvre (glissement sur un plan à inclinaison variable, transmission oblique à travers des panneaux indépendants) était figurée, conformément à des croquis exposés sous cadre, et contradictoirement à l’ancienne méthode (transmission verticale à travers des panneaux dépendants). En face, on trouvait un modèle correspondant démontrant le transport des blessés par transmission verticale à travers des panneaux superposés.

Les croquis exposés sous cadre, dont nous parlions tout à l'heure et dont nous donnons une reproduction démontrent la méthode du Dr J. Maréchal, appliquée au transport des blessés à bord de l’Océan. C’est à tort que les deux panneaux ont été figurés l’un au-dessus de l’autre et se correspondant, puisque la méthode n’a nul besoin de cette superposition.

Pour terminer avec l’exposition du Ministère de la Marine française, nous ne ferons que mentionner, ne pouvant en donner un dessin, un petit modèle de cadre de bord modifié par M. Duval et exposé par ce Ministère. 11 est fâcheux qu’il ne nous ait pas été donné, pour cela comme pour bien d’autres objets, la possibilité d’en prendre le croquis, aussi négligerons-nous de parler de bien des choses qui certainement seraient intéressantes à signaler, mais qui ne peuvent être rendues compréhensibles qu'à l’aide du crayon.

Pays-Bas. — Le modèle de Barque pour le transport des blessés, exposé par le Ministère de la Marine des Pays-Bas (fig. 13), a été exécuté, d’après le système du lieutenant de vaisseau de première classe C. J. Marinkelle, par MM. G. Léen et Klopper à Willemsord, en Janvier 1878, pour la deuxième expédition de la guerre d’Adjeh. Le modèle a 2m,10 de long et 0m,60 de large: La barque est recouverte par une voile en forme de toit, inclinée sur un des côtés et par conséquent offrant une seule pente. Cette voile de lm,55 de long et de 0m,60 de large, porte à chacune de ses extrémités une tringle en bois de 0IP,01 de diamètre, munie dans son milieu d’un crochet qui peut glisser dans tous les sens et permet de la suspendre à une tringle en fer transversale fixée dans l’embarcation. La tringle transversale est recourbée et a la forme d’une ellipse, l’une de ses branches est fixée sur un poteau en fer à une hauteur de 0m,30. Les bords de la toile sont garnis de tringles en bois, demi-rondes, traversées par des cordes qui vont rattacher la toile sur les bords de l’embarcation. A l'aide de ces dispositions, on peut raidir la toile aulanL que l’on veut. A l’intérieur de la barque, à 0m,15 du fond, se trouve un plancher mobile sur lequel

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sont placées des couchettes en bois de 0m,40 de long et de 0m,4 8 de large. Le fond de ces couchettes en bois lisse, est légèrement cintré. Sur chaque couchette repose un cadre-brancard en bois, garni d'un matelas et d’un oreiller en toile ' cirée. Ce cadre tout entier, ainsi que la couchette est placé dans un sac litière*.? hamac en toile, qui dépasse le matelas de 0m,10. Aux bords les plus courts se trouvent des traverses en bois portant cordes et anneaux de suspension. Ces i deux anneaux de suspension sont accrochés sur une tringle en fer de O^/tO de long, pourvue à chaque extrémité d’un fort crochet. Une fois accrochés les hamacs sont hissés sur le navire au moyen d’une poulie. De chaque côté du

Fig. 13. — Modèle de barque pour le transport des blessés (Pays-Bas).

navire, il y a des cylindres en bois pour faciliter le glissement et aider au chargement. Dans l'intérieur, il y a place pour six lits et des banquettes sont placées tout autour pour recevoir des blessés assis.

Un dessin qui accompagnait ce modèle montrait six hommes portant sur leur tête une couchette qu’ils vont déposer dans le canot, les couchettes sont pourvues d’une enveloppe pour qu’on puisse, au besoin, les incliner sans crainte de faire tomber les malades. Un autre dessin montrait l’embarcation près du grand navire qui doit recevoir et transporter les blessés.

Italie. — Enfin dans la section italienne, M. d'Amora, lieutenant de vaisseau italien, avait placé le modèle d’un appareil à double suspension contre le mal de mer. Ce modèle (fi g. 14) était au 1/i du véritable appareil.

Au plafond d’une cabine de vaisseau, est suspendu un double mouvement, comme pour les chronomètres de marine, qui supporte un cadre en cuivre de 0m,20 de long et de 0m,12 de lai'ge. Chaque coin de ce cadre est relié au moyen de tringles également en cuivre à un autre cadre en bois de 0m,4o de long et de 0m,lo de large qui se trouve au-dessous. Ce second cadre qui représente une garniture, porte au-dessous de chaque coin, un galet à joues, en bois. de0m,03 de long et de 0m,02o de large, entouré d’une rondelle en caoutchouc. Celle-ci entoure également un autre galet de même grandeur qui se trouve au-desjotis du premier à une distance de 0m,00i>. Ce second galet est fixé sur un autre cadre en bois, de manière que les deux galets se trouvent interposés entre les cadrés. Le cadre inférieur représente la couchette, il est entièrement garni

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par une toile et fixé de chaque côté au parquet au moyen de caoutchoucs qui le maintiennent mollement. La distance enti’e le sol et ce cadre est de

Enfin au-dessous de ce dernier, se trouve une caisse en cuivre glissant sur deux tringles et servant de lest pour équilibrer l’appareil. On trouvait, à côté de ce modèle, une brochure explicative datée de 1877.

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