LA GYMNASTIQUE A L’EXPOSITION
Nous n’avons pas l’intention de nommer et de décrire tous les objets de l’Exposition, pouvant servir à la gymnastique ; ainsi, on rencontre, au Champ-de-Mars, dans beaucoup de classes, surtout dans celles où se trouvent des cordages ou des objets de campement, divers produits qui peuvent être
employés à cel usage. Mais nous devons limiter l’étendue de ce travail et nous nous bornerons à signaler :
1° En Angleterre, classe 12. Un tableau des exercices gymnastiques que l’on peut exécuter avec un trapèze; ce tableau, dû à M. Bacon, a été reproduit en France dans la classe 11. — Le docteur Roth, qui s’est occupé de propager en Angleterre la pratique de la gymnastique, a exposé une série de petits personnages, en carton-pâte, représentant les divers mouvements que l’on peut imprimer aux articulations, d’où résultent les poses diverses que l’on peut reproduire a volonté, même dans son appartement.
2° En Italie, classe 89, nous trouvons un tableau représentant une belle salle de gymnastique. Ce tableau, envoyé par l’Association italienne pour l’éducation du peuple, représente l’école de gymnastique de Lodi.
' 3» En Espagne, classe 11. Le comte de Villalobos expose des modèles de machines gymnastiques, consistant en barres parallèles, système compliqué, barres à suspension et un système de crampons pour monter aux cordes lisses.
40 En Suède. Dans la patrie de Ling, l’inventeur d une gymnastique fondée sur des connaissances précises d’anatomie et de physiologie, nous n'avons trouvé qu'un appareil peu ,«t-
P°5Min Saxe. Nous mentionnerons d'une manière toute partientière l’exposition de la Saxe. C’est un beau et grau mo< c dc gymnase, pa^ “
place importante tient la gymnastique dans le système «nu
Ca6»ËnFrirSDisons toutd'abord que nousavons i^rcuéd. „e nas trouver parmi les exposants M. Lelièvre, a font m Pr lp lvCées et pour l’armée un grand nombre d objets,
destiné à être placé dans un appartement pour servir à l’exercice de chambre; c’est une espèce d’armoire dans laquelle se trouvent des poids que l’on soulève au moyen de cordages. C’est le même principe que celui de Pechery ; seulement la résistance est dans les poids à soulever au lieu d’être dans des ressorts.
Dans la classe 89 nous signalerons :
1° L’exposition de MM. Bertrand et Frété où l’on trouve tous les objets pouvant servir soit à la gymnastique de chambre, soit à celle en plein air; 2° M. Coru a fait une exposition analogue; 3° enfin nous avons encore remarqué dans cette classe un charmant petit modèle de gymnase exécuté par M. Laisné, professeur de gymnastique.
11 importe, maintenant, pour être complet, de signaler les ouvrages déposés à l’Exposition, dans lesquels sont relatés les principes de la gymnastique, son but, son avenir. Nous signalerons, dans la classe 89, les petites brochures du docteur Mathias Roth, où il a reproduit quelques-unes de ses idées et où il a fait, en même temps, connaître les exercices corporels variés auxquels il soumet ses sujets.
En Saxe, nous avons trouvé une série d’ouvrages notables ;
1° M. Kloss, directeur de l’École royale de gymnastique de Dresde, a exposé douze petits volumes ayant trait à cette matière et où il parle, en détail, de la gymnastique de l’homme, de la femme, de l’enfant, soit en chambre, soit en plein air ; des figures accompagnent la plupart de ces traités classiques et sont intercalées dans le texte.
2° M. Lion, deLeipzick, a aussi exposé deux ouvrages, avec un atlas, contenant les instruments de gymnastique et des figures pour les divers exercices du corps. L’exposition faite par le ministre de l’instruction publique de Saxe, et les ouvrages que nous venons de mentionner, prouvent combien la gymnastique préoccupe les esprits sérieux dans ce pays.
Nous signalerons d’une manière toute particulière les ouvrages de M. Laisné, qui a rendu, en France, de grands scr-
vices par son enseignement théorique et pratique et aussi par les ouvrages où il expose ses doctrines et les faits qui les justifient. Ces divers traités sont :
1° La gymnastique pratique, contenant la description des exercices , la construction et le prix des appareils, enfin des chants spéciaux inédits; ouvrage destiné aux familles, aux établissements d’éducation, aux corps militaires ; 1830.
2° La gymnastique des demoiselles, ouvrage destiné aux mères de famille et contenant la description des exercices avec la construction et le prix des instruments.
3° Un traité élémentaire de gymnastique, avec chants, à l'usage des enfants des deux sexes ;
4° L'application de la gymnastique ù la guérison de quelques maladies, avec des observations sur renseignement ac- * tuel de la gymnastique; 1863. Cet ouvrage intéressant sera mentionné dans le cours de ce rapport.
Il résulte de ce qui précède que la gymnastique a été convenablement représentée à l’Exposition. Nous y trouvons, en effet : 1° des modèles de gymnases, soit en plein air, soit couverts; 2° tous les appareils simples ou compliqués qui peuvent ou doivent entrer dans la composition de ces gymnases; 3° tous les éléments nécessaires à la pratique de la gymnastique de chambre ; 4° une foule d’ouvrages, sur les principes de la gymnastique ; sur son enseignement, sur scs avantages, soit seule, soit combinée avec le chant, dans l'enseignement universitaire, soit enfin au point de vue de l’hygiène et de la thérapeutique.
On pourrait croire, d’après l’énumération sommaire que nous venons de faire de tout ce que nous avons trouvé ù l’Exposition relatif à la science de la gymnastique, que cette étude est très-répandue et qu’elle occupe dans renseignement et dans la pratique de la médecine la place qui lui convient, surtout si on tient compte des efforts qui ont été faits en France, pour la propager, particulièrement par M. Duruy. Jusqu’à ce jour, plusieurs causes se sont opposées à sa vulga-
risation ; nous allons essayer de les étudier et de démontrer» en même temps, tout le parti que la société peut tirer de sa vulgarisation, au point de vue de l’éducation physique de la jeunesse, aussi bien qu’au point de vue médico-chirurgical.
La Grèce, toute préoccupée du développement harmonique de l’homme, demandait à la gymnastique, dont les exercices étaient très-variés, non-seulement la conservation de la santé, mais aussi la force et la pureté des formes dont l’art grec nous a conservé de si beaux types. Ce n’est que peu à peu, il est vrai, qu’elle a atteint ce magnifique résultat et il faut remonter loin pour retrouver l’origine de ces jeux qui, plus tard, devinrent une institution obligatoire de l’ancienne Grèce.