ABSOLUTION
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non plus d’absolution, mais il lui dit: “ Priez Dieu, afin qu'il vous pardonne. ” Et cet homme qui a péché ajoute : “ Priez vous aussi le Seigneur pour moi, afin qu’il ne m’arrive rien de ce que vous m'avez dit. ? Il ne leur demande pas d’absolution (Act. VI"”, :4).
Tous les apôtres tiennent le même langage que St. Pierre. La charge qu’ils ont reçue est de prêcher la repentance et la rémission des péchés par la foi en Jésus-Christ, et non par la confession (St. Luc XXIV, 47). La Parole sainte, reçue avec foi ou repoussée par indifférence ou incrédulité, fait que nos fautes sont liées ou déliées, pardonnées ou retenues. Jésus-Christ, "pendant son séjour ici-bas, n” donné le pardon qu’à ceux qui avaient la vraie repentance et la vraie foi, et il est toujours le même, il n’a pas changé. “ Tes péchés te sont pardonnés, dit-il à la pécheresse repentante, ma fille, ta foi t’a sauvée; ?” et il ne lui dit pas ta confession, ou tes œuvres t’ont sauvée, mais ta fw. Ta foi t’a sauvée, va-t-en en paix (Luc VII, 46, 50).
Ce pouvoir de lier et de délier, d’absoudre et de retenir consiste à montrer, à déclarer comment les péchés sont remis ou retenus, selon que le reconnaît très bien le célèbre Lombard, archevêque de Paris, théologien et Père de l’Église romaine, en disant :“ les Prêtres ont la puissance de lier et de délier, c’est-à-dire de montrer comment les péchés sont liés ou déliés.? C’est dans le même sens que les fidèles peuvent lier ou délier, car ce même pouvoir d’absoudre et de retenir donné aux apôtres a été aussi donné aux fidèles, comme $t. Matthieu et St. Luc nous le nrontrent. (Comparez St. Matt. XVIII, 14,19, avec St. Luc XVIL, 3, et St. Jean XX, 20, 22).
Quant à la confession auriculaire, elle n’a jamais été établie par Jésus-Christ ni par les apôtres. Nous avons beau feuilleter dans toute l’Écriture, nous ne l’y trouvons pas. Dans l’épître de Sf. Jacques il est écrit: Confessez vos
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fautes les uns aux autres, et priez les uns pour le: autres, ce que nous faisons entre nous, pour notre édification et notre bien, mais qui n’établit nuflement la confession auriculaire et l’absolution du prêtre ; car il s’agit dans ces paroles de cette confession que les fidèles doivent se faire les uns aux autres de leurs fautes, afin de prier les uns pour les autres pour être pardonnés du Seigneur, et guéris de leurs infirmités (Jacq. V 16).
L'Église apostolique n’avait que la confession publique devant l’Église pour les pêcheurs scandaleux, ceux, qui après le baptême, avaient comm ; des fautes graves et avaient été mis hors de l’Église. Avant de leur permettre de participer de nouveau aux privilèges de l’Église, on exigeait deux l’aveu public et l’abandon de leurs fautes, selon l’injouction de St. Paul de reprendre publiquement ceux qui péchaient ainsi, afin que les autres en aient de In crainte. Sur la fin du troisième siècle, l’Église catholique grecque transforma cette confession publique en confession particulière et nomma de ses prêtres pour recevoir en particulier les aveux et la repentance de ces pécheurs repentants. On appelait ces prêtres, prêtres pénitenciers. Nectaire, évêque de Constantinople, abolit en 391 cette confession particulière à l’occasion d’un scandale d’impudicité auquel elle avait donné lieu. St. Jean Chrysostôme qui succéda à Nectaire, s’éleva aussi avec force contre cette confession particulière, disant qu’il ne fallait se confesser qu'à Dieu qui seu! neut pardonner. “ Confessez les péchés à Dieu, disait-il ; que ce jugement se fasse sans témoin, qu’il n’y ait que Dieu seul qui voie la confession (Vs. 50).” Un autre grand évêque, St. Augustin, disait: « Qu’aije à faire de me confesser aux oreilles des hommes, comme s'ils pouvaient guérir mes langueurs (Conf. X, 3)?” Auriez-vous jamais cru, Messieurs, que d'aussi grands hommes
| étaient aussi protestants ?
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rit autres évêques ne dispeusaient pas pour cela les pécheurs RROUaITe de faire pénitence, c’est-à-dire de se convertir, d’abandonroles de M ner leurs péchés, de prier, de jeûner, de faire l’aumône et aan etiree 1 les œuvres de miséricorde que recommande l'Évangile. les autres © Les pécheurs pouvaient faire tout cela sans aller dire à l’o- APR HR É: reille d’un prêtre les péchés qu’ils avaient commis. Ils pouvaient les consulter, leur ouvrir leurs cœurs comme tout 2 chrécien éclairé fera, si cela lui convient, pour une affüire
délicate de conscience. Mais il est m, sssible de trouver Lo “un seul exemple dans tout le Nouveau-Testament qui perHioite 4] prouve en faveur de la confession auriculaire, Tous les péeh M cheurs qui ont voulu obtenir grâce se sont adressés à Dieu tes, selon et non aux prêtres, un seul cas excepté, celui de Judas, ent ceux qui alla dire aux prêtres : J’ai péché en trahissant le sang nt de Ja innocent,” mais nous savons comment il fut reçu (Matt.
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itholique XXVIT 3,4). Je suis fâché que les catholiques romains onfession M n’aient pas d’autres exemples de leur pratique que celui de | FOR pee 0 ce "malheureux Judas qui se pendit après sa confession. | rs repen- Dendant des centaines d’années après St. Jean Chrysoss Nec- 4 tome et St. Augustin qui vivaient au cinquième siècle, la e confes- Æ confession aux prêtres était considérée comme incertaine, ipudicité les uns voulaient la soutenir, d’autres étaient contre. Le ôme qui Concile de Châlons-sur-Saône, en France, en l’an 813, dit
tre cette au 33me. canon : “ Quelques-uns disent qu’il faut confesser
-onfesser { à Dieu seul ses péchés, d’autres qu’il faut les confesser aux s péchés prêtres. ” Pierre Lombard, archevèque de Paris, écrivait témoin, en 1160: “ Il semble à quelques-uns qu’il suffit que la con- Vs. 50).” fession se fasse à Dieu seul, sans le jugement du prêtre. ” “ Qu’ai- Et cette opinion était soutenue par des personnes sages et » comme religieuses ; d’autres pensaient le contraire, maîs parmi P? Au- @iceux-là personne n’avait encore eu l’audace d’usurper la hommes place de Dieu, en disant: abso/vo te, je t’absous, je te par-
Mdonne tous tes péchés, mais ils prinient Dieu poux qu’il les
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remit, comme les partisans instruits de la confession le reconnaissent eux-mêmes ingénument.
Ce ne fût qu’en 1215, sous le pontificat d’fnnocent III, pape sanguinaire et cruel, qui institua le tribunal infernal de l’Inquisition,que le quatrième concile de Latran rendit cette confession obligatoire à tous les catholiques romains, ordonnunt que tout fidèle de Pan et de Pautre sexe, ayant atteint l’âge de discrétion, soit obligé de eonfesser seul ses péchés au moins une fois l’an, à son propre curé. Et malcré les décrets de ce concile, de nombreux écrivains, que l’Église romaine révère, n’ont cessé d'écrire que Jésus- Christ n’a point institué la confession auriculaire par les paroles qu'il adressa à ses disciples : “ Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.”
Les premières traces de la confession auriculaire se découvrent parmi les payens ; or comme ce n’est pas eux que nous voulons suivre, mais Jésus-Christ et les apôtres, nous protestons avec eux contre le confessionnal. La confession agréable à Dieu, est celle de l’enfant prodigue, celle du brigand sur la croix, du péager dans le temple, qui devant Dieu, se frappait la poitrine dans le sentiment de ses fautes, et lui en demandait pardon. Faisons comme eux et nous serons sauvés comme eux. “ Vous de tous les bouts de la terre, dit le Seigneur, regardez vers moi et vous serez sauvés. Il n’y a point de Dieu juste et Sauveur que moi. ? (Es. XLV, 21, 22).