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“ c’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu et ils le “ servent jour et nuit en son temple.” Apo. I, 6; V, 9, 10; VII, 13, 14. 4
Si tous ces saints avaient été des centaines, des milliers d'années en purgatoire, comment pourgaient-ils chanter un tel cantique ?
L’Écriture sainte nous enseigne que l’œuvre de notre Seigneur sur la croix est parfaite. Tout est accompli, s’écria Jésus en mourant. Alors l’œuvre de notre salut fut achevée parfaitement et gratuitement. Quelle injure pour le Fils de Dieu d’enseigner qu’il est un endroit où les fidéles sauvés par lui doivent endurer un supplice pour achever leur salut! Quel outrage pour Dieu, que l'Évangile nous dit se réjouissant de faire grâce aux coupables repentants, et que le purgatoire nous montre comme punissant après qu’il a pardonné, demandant une satisfaction, faisant subir un supplice pour des fautes pour lesquelles son propre Fils a satisfait à sa justice. Loin de nous une si monstrueuse doctrine qui fait du Dieu d’amour un tyran, un être injuste et inhumain ! Car, en eflet, s’il y avait un purgatoire pour les fidèles, Dieu serait souverainement injuste, car il déclare qu’il n’y a point de condamnation pour les croyants, et cela n’empêcherait pas de les condamner à brûler pour ces mêmes péchés dont ils sont absous.
Dieu serait plus dûr que les êtres les plus inhumains, car il laisserait brûler ses propres enfants jusqu’à ce qu’ils eussent donné un peu d'argent, ce que des barbares ne feraient pas.
Que dire du Pape et des prêtres qui peuvent, disent-ils, faire sortir les âmes du purgatoire, et qui ne veulent pas délivrer tant de pauvres âmes qui brûlent, sans quelques chelins ?
Cette doctrine du purgatoire a contre elle toute la Parole de Dieu, qui proclame du commencement à la fin, que la
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possession du salut est immédiate, que le Dieu qui a pardonné aux fidèles (1) leur a pardonné sans exception, que toutes leurs fautes sont jetées au fond de la mer, qu’ils sont passés de la mort à la vie, et qu’ils jouissent de la présence de Dieu en quittant ce corps (II Cor. V, 1-4; Luc IT, 29,
(y) Voici un passage qu’on cite d’un air de triomphe pour soutenir le purgatoire :
St. Matt. V, 25, 26. Accordez-vous au plus tôt avec votre adversaire, pendant que vous êtes en chemin avec lui, de peur que votre adversaire ne vous livre au juge, que le juge ne vous livre au ministre de la justice, et que vous ne soyez mis en prison. Je vous dis, en vérité, que vous n’en sortirez point que vous n’ayez payé jusqu’à la dernière obole.—On fait de cette prison le purgatoire, des oboles les péchés, et du jugement les satisfactions.
Mais cette explication croule au premier coup, car si la prison désigne le purgatoire, alors toutes les messes et toutes les offrandes pour les morts sont vaines et inutiles. .4 qui faut-il payer jusqu’à la dernière obole ? Le passage ne le dit pas, ni les prêtres non plus, mais si l’on met quelques piastres dans la main du prêtre lors de l’enterrement, cela arrangera la difficulté. Si le passage ne dit pas à qui on doit payer, il dit clairement qu’on doit payer. C’est vous, c’est le pécheur lui-même, et non ses parents ou ses amis ; vous n’en sortirez pas jusqu’à ce que vous ayez payé la dernière obole.
La dette n’admet aucune commutation, par conséquent, si cette prison est le purgatoire, toutes les prières pour les morts, toutes les messes, toutes les offrandes pour eux sont en vain. Il faut que le pécheur lui-même paie jusqu’à la dernière obole. Mais cette prison n’est pas le purgatoire dont les Écritures ne font jamais mention. Jésus-Christ exhorta, par ces paroles-là, ses disciples à la réconciliation, dans le cas où quelqu'un aurait quelque juste sujet de plainte contre eux. Comme s’il avait dit : N'attendez pas que votre adversaire vous traîne devant le juge, mais mettez-vous d’accord avec lui, recherchez la réconciliation, acceptez-là lorsqu’elle vous est offerte, de peur que si vous la négligez, vous ne soyez condamnés et exposés à subir infailliblement la punition.
I ny a rien là pour le purgatoire, bien décidément. Aussi les premiers chrétiens n’avaient jamais compris qu’il en était question dans ces paroles, St, Jérôme, qui a expliqué l'Evangile, disait: Il ne sortira jamais de prison, celui qui ne paie pas avant la fin de sa vie, jusqu’à la dernière obole, ?”
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30 ; Col. IT, 13, 14; Mich. VIT, 19; Jean V, 24 ; II Cor. V, 8, 9).
Une seule chose est claire dans cette doctrine ; c’est qu’elca été inventée pour rançonner les vivants et les morts. En effèt, n’est-elle pas une doctrine profitable, lucrative? En est-il une autre qui paie si bien ?
On veut cependant la soutenir par des passages de l’Ecriture sainte, mais aucun d’eux ne établit, aucun ne soutient l’examen. Et puisqu’il est défendu d'ajouter quelque chose à la Parole du Seigneur, comme aussi d’y retrancher, le purgatoire est une chose vaine et qu’on doit abandonner.
Une objection qu’on essaie de faire pour soutenir le purgatoire est celle-ci: il ya des péchés si petits qu’ils ne peuvent pas mériter la punition éternelle, que par conséquent il doit y avoir une punition temporaire pour ces petits péchés-là, et c’est ce qu’on appelle le purgatoire.
De telles paroles conviendraient mieux dans la bouche d’un payen que dans celle d’un homme qui prend le nom de chrétien, car, où l’Ecriture sainte fait-elle une distinction entre les péchés véniels et les péchés mortels ? Où estil dit que quelques péchés sont petits en eux-mêmes, OÙ peuvent être pardonnés par un autre moyen que le sang de Jésus-Christ? Sans doute que tous les péchés ne sont pas égaux en malignité, mais chaque péché, quelque petit qu’il paraisse, est une offense, une rebellion contre un Dieu saint ct juste et il n’y a qu’une expiation parfaite qui puisse le laver. Cette expiation parfaite est celle du Fils de Dieu, aucune autre ne peut efacer le moindre péché. Le pécheur, quel qu’il soit, mérite l’exclusion éternelle de la présence de Dieu. Le gage du péché c’est la mort, dit St. Paul (Rom. VI, 23). L'âme qui « péché sera celle qui mourra (Ezéch. XVIII, 4). La malédiction repose sur tous ceux qui ont péché (Gal V, 10). Tout pécheur qui ne se sera pas véritablement repenti de ses fautes et n'aura pas
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mis toute sa confiance dans la mort du Sauveur, sera puni dans l'enfer. Il n’y a que les mérites de Jésus-Christ qui puissent nous faire entrer au ciel, il n’y a que son sang qui puisse faire l’expiation de nos fautes ; il est le seul purgatoire dans lequel nous puissions mettre notre confiance. Si nous nous confions sincèrement en ui, nous serons purifiés de toutes nos fautes, aussi bien que si nous eussions été nous-mêmes cloués à la croix.
Si ce salut par la mort de notre Seigneur ne convient pas à l’homme, qu’il n’espère jamais être sauvé par les prières des hommes ou leurs offrandes, quand même elles dureraient toute l’éternité, car personne, dit le Seigneur, ne pourra avec ses richesses racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon, car le salut de son âme est trop considérable, et il ne se fera jamais (Ps. XLIX, 7, 8.). Celui qui n’est pas sauvé par la foi au sang de Jésus-Christ, comment pourra-t-il être sauvé par les intercessions des hommes ? Dieu a-t-il plüs d’égard pour l’homme corrompu et souillé sur la terre que pour son Fils bien-aimé dans les cieux ?
De quelque côté qu’on examine cette doctrine du purgatoire, elle est abondamment fausse. Ni la raison, ni le bon sens, ni les Ecritures ne la soutiennent. Ce ne fut qu’au consile de Florence, en 1438, qu’on dota l’Eglise romaine de cette Californie pour les prêtres, mais qui ne servira absolument de rien à ceux qui s’y seront confiés. Que ton argent périsse avec loi, dit St. Pierre à Simon, puisque tu as estimé que le don de Dieu peut s'acquérir avec de l'argent (Act. VIII, 10).
IL en est de même des Zrdulgences, dont l'Écriture sainte ne parle pas et que les premiers chrétiens n’ont jamais connues. Vainement chercherait-on ce dogme parmi eux. En effet, que sont ces induigences ? Ce sont les œuvres, dit-on, que les saints dans le ciel, les religieux et les religieuses ont fait de plus qu’il ne leur en fallait pour être sauvés. Ces
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