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TABLEAUX DE RAPHAËL EN ANGLETERRE

Il y a en Angleterre un tableau représentant une Vierge tenant l'enfant Jésus debout sur un fût de colonne; c'est une des plus ravissantes productions de Raphaël. Ce tableau faisait jadis partie de la galerie d'Orléans. J'en ai vu plusieurs belles copies faites en France. Il a été gravé plusieurs fois.

Dans la galerie de Bridgewater, dite du marquis de Stafford, se trouvent :

i° La Vierge au Palmier, peinte par Raphaël, et gravée par M. Achille Martinet ;

2° Une Sainte Famille (figures debout), peinte par Raphaël, et gravée par Larmessin et Anderloni ;

3° La Vierge dite du palais de Bridgewater;, entièrement de la main de Raphaël. J'ai fait, à Londres, un dessin d'après ce tableau, qui a été gravé par M. Lorichon. Cette délicieuse production est sur toile présentement; elle a deux pieds six pouces de haut sur un pied dix lignes et demie de large.

La Vierge dite aux Candélabres, attribuée à Raphaël, a fait partie de la collection du prince de Ca-

46 APPENDICE nino, dans laquelle je l'ai vue à Rome en 1818. J'ai retrouvé ce tableau dans le palais ducal de la ville de Lucques en i833. Il est présentement en Angleterre chez sir Munro. Il a été gravé par M. Blot, et avec des retranchements par M. Bridoux.

Le tableau de la Sainte Cécile fut peint en 1 5 1 3 par Raphaël, pour la chapelle de San-Giovanni in Monte, sur la demande de monseigneur Lorenzo Pucci, poète et cardinal de Santi-Quattro, qui fut l'ami de plusieurs papes. Vers i5i4, Raphaël fit son portrait. Je trouvai ce tableau à Bologne en i833, dans la galerie Rossi, et j'en fis une aquarelle qui est exposée au palais de l'École des beaux-arts. Ce portrait, très-remarquable par la fermeté de son exécution, a été acheté et transporté depuis en Angleterre, où il fait partie, je crois, de la collection du duc de Sunderland.

Le tableau de la Résurrection du Lazare, que Sébastien del Piombo a peint de la même dimension et pour rivaliser avec celui de la Transfiguration de Raphaël (V. P. 36a) , est placé présentement au musée de Londres. Il y a peu d'années, on voyait au palais du roi de Hollande, à la Haye, des études partielles dessinées par Michel-Ange; il les avait faites pour faciliter à son élève Sébastien del Piombo l'exécution de ce tableau. Ce bel ou-

A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. 47 vrage, curieux sous tant de rapports, est peint sur bois; il a douze pieds sept pouces de hauteur.

Au château de Bleinheim, résidence des ducs de Marlborough, il y a dans une des galeries un tableau de Raphaël représentant la Vierge placée en haut, et au-dessous saint Jean-Baptiste et saint Nicolas. Les figures sont plus petites que nature; c'est de sa première manière. Raphaël a exécuté ce tableau à Pérouse en i5o5 (V. P. 27), pour l'église des pères servîtes de cette même ville. On voit aussi dans ce même château deux autres productions de Raphaël : l'une représente une madone, l'autre une belle tête.

Une autre galerie, entièrement peinte par le Titien, se compose de huit ou neuf tableaux exécutés sur cuir, représentant les Amours des dieux. Cette collection très-curieuse a été donnée au duc de Marlborough par le roi de Sardaigne. Cet immense domaine de Bleinheim, situé à trois lieues de la ville d'Oxford, fut bâti, sur un vote du parlement anglais, à titre de récompense au général Marlborough, qui, en 1704, avait remporté une victoire à Bleinheim, en Bavière. J'ai visité ce curieux château en 1820.

À Oxford, dans les caves de l'hôtel des comtes d'Arundel, j'ai trouvé, en 1820, parmi des fragments antiques, un marbre de six pieds de long sur deux

48 APPENDICE pieds de bailleur, de la forme d'un fronton. Il représente un jeune Romain en buste : la tête est de profil, mais la poitrine de face; les bras sont étendus horizontalement, les mains ouvertes ; des bouts des doigts de Tune à l'autre main j'ai mesuré cinq pieds trois pouces de longueur. Ce curieux basrelief, de l'opinion de certains antiquaires, a dû servir d'étalon pour la taille des jeunes soldats. On pouvait facilement placer, suivant le besoin, ce fronton à telle ou telle hauteur. Ce bas-relief antique, dont on ne connaît pas de répétition jusqu'à présent, fait voir que chez les anciens les autorités se servaient d'objets d'art pour promulguer et consacrer leurs décrets. Ce fronton, oublié depuis trois siècles dans cette cave, était resté ignoré des savants et des artistes anglais à qui j'en ai parlé.

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