ARTISTES ITALIENS
L'Italien, surtout celui de la basse Italie, pousse à l'extrême l'amour du clocher. Je citerai, comme exemple, des artistes qui devraient avoir le goût des voyages, car, en Italie, il n'y a pas une seule petite ville qui ne renferme des objets d'art dignes de servir de modèles.
Bartolini, célèbre statuaire florentin, mort il y a deux ans, fut, dans sa jeunesse, conduit à Paris, pour entrer à l'école de Lemot. Nous avons de lui les bustes en marbre de Méhul et de Chérubini. Je le vis lorsqu'il exécutait le buste colossal, en bronze, de Napoléon, qui est placé sur la porte du musée du Louvre. Il retourna à Florence vers 1814, et, quoiqu'il ait* vécu jusqu'à l'âge de soixantequatorze ans, il n'a jamais été jusqu'à Rome. Ce
A L'OUVRAGE SUR RAPHAËL. f>5 fait m'a été affirmé par plusieurs personnes, entre autres par son ami et compatriote M. Jesi, graveur.
Depuis 1819, on a placé au musée du Vatican un tableau représentant le Père éternel sur des nuages, que l'on affirmait être du Corrége, et qui n'en est qu'une médiocre imitation, s'il n'en est pas une copie. En i833, à Rome, j'en exprimai mon étonnement à M. Camuccini, hahi!e peintre d'histoire, qui me répondit que l'on avait fait cette acquisition malgré lui ; que tous les membres de l'Académie des beaux-arts de Rome avaient été convoqués pour donner leur opinion, et qu'ils avaient été d'avis que ce tableau devait être du Corrége, attendu qu'ils ne connaissaient pas cette manière de peindre. Il est certain que, dans mes différents voyages à Rome, je n'ai pas vu un Btul f.d)!e;ui original de ce maître. Cette opinion, qui prévalut, donne la preuve incontestable que la majorité des académiciens romains n'avaient pas même voyagé jusqu'à Parme, ville où l'on apprend h connaître et à apprécier le Corrége par ses tableaux à l'huile et ses immenses fresques.