VICTOR HUGO
(Voir Bibliographie romantiqtœf pages 3-14.)
1819-20. — Le Conservateur littéraire. Paris, Le Normand, Pichard, Pélicier, Ponthieu; imprimerie Anthelme Boucher, in -8, 30 livraisons, formant 3 vol. de 404 et 416 pages.
Revue très-rare et pièce essentielle à toute collection de romantiques un peu sérieuse. Elle a été fondée par Eugène et Victor Hugo, et rédigée, pour la plus grande partie, par celuici ; leur frère aine Abel a quelques articles dans le troisième volume. Les autres collaborateurs étaient Ader, Théodore Pavie, J. Sainte-Marie, Jules de Saint-Félix, madame Tastu, Alfred de Vigny, A. SouiUard Saint-Valry, Emile Deschamps, Jules de Rességuier, Alexandre Soumet; mais la bonne moitié
des trois volâmes revient aux trois frères Hugo , et un entier an plus jeune.
Sous le titre de Journal des idées, des opinions et des lectures d* un jeune Jacobite, Victor Hugo a composé la première partie de son livre , Littérature et philosophie mêlées (1834), de fragments choisis, et atténues , de ses articles du Conservateur , mais c'est dans le recueil même qu'il faut aller rechercher le polémiste et le poëte satirique jacobite , dans toute la vivacité et la verdeur de ses opinions et de son talent ; car le mot de génie n'a pu être prononcé que quelques années plus tard : le jeune homme se montre ici d'une maturité surprenante, mais il ne s'agit pas encore de sublimité.
A dix-sept ans, Victor Hugo se manifeste avec un fonds de lectures et de connaissances littéraires des plus riches, et il a beaucoup réfléchi; pas un de ses articles sur toutes sortes de sujets , très-variés de forme , très-spirituels , qui n'accuse un jugement formé , qui ne soit écrit en connaissance de cause , avec un sens critique disparu depuis dans l'explosion des facultés lyriques et dramatiques.
Le Victor Hugo du Conservateur persistant , faisait un fier journaliste; il a autrement tourné. Nous avons compté jusqu'à vingt- un articles signés V. , des plus divers (1) et
(1) Et pourquoi n'eu pas donner la liste vraiment curieuse?
Les Vêpres siciliennes, de Casimir Deiavigne; Louis JX, d'Ancelot. — Trois chants de l'Iliade, en vers français, par A. Bignan. — Vie privée de Voltaire et de if"* du ChâteUt , lettres de M"" de Grafigny. — Méditations poétiques, de Lamartine. — Constant et Discrète , poème, par le comte Gaspard de Pons. — Charles de France, duc de Berry , sa vie et sa mort, par M***, ancien officier d'artillerie. -^ Ivanhoë , par Walter Scott. — Lalla Roukh, de Thomas Moore. — Œuvres posthumes de Jacques Delille. — Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de Mgr le duc deBerri, par M. de Chateaubriand. — Mémoires pour servir k l'histoire de la maison
quelques autres , celui sur André Chenier , par exemple , sont signés £. ou H., sans préjudice du pseudonyme insolent de Publicola Petisot au bas de deux lettres bouffonnes sur VArt politique y poëme de Berchoux. La signature V.-M. Hugo ne se trouve, en toutes lettres, que deux fois, pour la prose; Fauteur déclare dans une lettre à ses collaborateurs sur la Biographie nouvelle des contemporains, que comme il s'est vu forcé à quelques attaques un peu vives , il s'en rend responsable en signant.
Le roman de Bug-Jargal « extrait d'un ouvrage inédit intitulé les Contes sous la tente , » a paru anonyme dans le tome II du Conservateur; nous parlons plus loin de cette rédaction primitive.
Les premières pages de chaque numéro étaient consacrées à la poésie ; dans l'esprit des fondateurs du recueil , c'en était la partie maîtresse. Victor Hugo se fait ici, à bon droit, la part du lion, mais il faut convenir que ses vers de 1819 laissent aussi peu prévoir ceux des Odes et ballades et des Orientales, que sa prose, celle de Notre-Dame de Paris.
Sept des pièces ou fragments poétiques qu'il a donnés au Conservateur ont trouvé place dans les éditions successives des Odes y mais dix ne sont pas entrés dans les œuvres , et ne
de Gondé. — Les Psaumes et élégies vendéennes , par Sapinaud de Boishuguet. — Examen critique et complément des Dictionnaires historiques les plus répandus, par M. Barbier. — Collège royal de France, clôture du cours de poésie latine de M. Tissot. — Histoire de Gil Bios, de M. le comte François de Neufchâteau. — Projet de proposition d'accusation contre M. le duc de Gazes, par M. Glausel de Coussergues; Observations, par le comte d'Argout. — Mémoire pour le comte Donnadieu; RépoTise, par M. de Saint- Aulaire. — L'Observateur au XIX* siècle, par Saint-Prosper. — Histoire générale de France, par M. Dufau. — Poésies de M"*' Desbordes-Valmore. — L'Émigré en 1794, drame.
se trouvent que dans cette revue ou dans les i^cueils qui l'ont copiée. Elles se divisent en : Satires politiques , Poésies diverses , Traductions du latin.
Satires politiques. L Enrôleur politique , satire signée V.-M. Hugo; près de 200 vers, jamais réimprimée.
Épitre à Brutus, les Vous et les Tu, signée Aristide; réimprimée à moitié dans Littérature et philosophie mêlées.
Poésies diverses. L'Avarice et V Envie, conte, signé d'Auverney; réimprimé dans la Psyché^ volume d'octobre 1829, et dans Victor Htigo raconté par un témoin de sa vie. Auvemey ou Auverné est un village à douze kilomètres de Châteaubriant , dans la Loire-Inférieure , où madame Hugo mère avait sans doute un bien patrimonial. On lit, au tome HI du Conservateur y un Voyage à Auverney, signé J. A., que l'auteur semble avoir fait en compagnie de d'Auverney , c'està-dire de Victor Hugo.
Les Derniers bardes, poëme ossianique, signé V.-M. Hugo; reproduit dans le recueil de l'académie des Jeux floraux de 1819, dans l'édition des Odes de 1822, mais non dans les suivantes, et en partie seulement, sous le titre le Dernier barde, dans Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.
Ce que f aime, vers faits à un dessert, signés V. d'Auverney; reproduits dans le Chansonnier du gastronome de 1831 , dans la Goguette de 1849, dans la Petite revue du 10 juin 1865, et dans Victor Hugo raconté, etc.
Le Jeune banni; Raymond à Emma, élégie, signée V.-M. Hugo; réimprimée dans le recueil de l'académie des Jeux floraux de 1820, et sous le titre de Raymond d'Ascoli, dans l'édition des Odes de 1822, seulement.
Les Deux âges, idylle, signée V.-M. Hugo; reproduite
sous le titre à^ Idylle dans Fédition des Odes de 1822 seulement , et dans Victor Hugo raconté, etc.
Traductions du latin. Cacas (extrait d'une traduction inédite de V Enéide) :
Jam primum saxis suspensam hanc adspice rupem
(lib. VIII ); signé M.-V. d'Auverney, non réimprimé.
Achéménide (extrait d'une traduction inédite de V Enéide) :
Interea fessas ventus cum sole reliquit.... (lib. m); signé M. - V. d'Auverney ; réimprimé dans Victor Hugo raconté , etc.
L Antre des Cyclopès (extrait d'une traduction inédite de V Enéide) :
Insula Sicanium juxta latus Œoliam que Erigitur Liparen^ fumantibus ardua saxis... (lib. viii); signé M.-V. d'Auverney, non réimprimé.
César passe le Rubicon ( traduit de Lucain ) : Jam gelidas cursu Cœsar superaverat Alpes... {Phars. lib. l); signé M.-V. d'Auverney, réimprimé sous le nom de Victor Hugo dans les Annales romantiques de 1833, auxqueUes la Bibliographie l'a emprunté (p. 118).
Un exemplaire du Conservateur littéraire a été adjugé l'hiver dernier , salle Sylvestre , au prix de 80 fr. L'adjudicataire , M. Paul Lacroix , était , il faut le dire , peut-être le seul dans l'assemblée à connaître l'importance et la rareté de ce recueil.
1823. — Han d'Islande. Paris, Persan ; imprimerie Nicolas Vaucluse ; 4 volumes in- 12.
Première édition , anonyme. L'interruption de la vente du livre, causée par la suspension de paiements de l'éditeur, amena
un échange public de lettres entre Fauteur et lui; elles se trouvent dans /'^c/aî'r , journal royaliste, et dans le Miroir, journal libéral, de mai 1823. Cette correspondance acerbe avait pour point de départ une note insérée par Victor Hugo dans V Eclair, pour annoncer la mise en vente de la seconde édition de son roman , chez Lecointe et Durey. Persan prétendait avoir encore en magasin cinq cents exemplaires, la moitié , de l'édition originale. Nous n'avons rien trouvé à retenir de ce débat qu'une clause du traité pour la première édition des Odes (1822), qui laissait « aux sieurs Persan et C»® le droit d'annoncer, avec le même tirage, moyennant un changement convenable dans le titre, une seconde, troisième, quatrième édition, etc. » Ce procédé d'écoulement est resté trèsusité par les éditeurs de Victor Hugo ; il explique le prix de plus en plus élevé des exemplaires de ses livres de premier tirage , sans spécification d'édition.
1826. — Bug-Jargal, etc. Voir la Bibliographie romantique, page 7.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de la première édition commerciale de ce livre, mais il est bon de savoir que la rédaction primitive , publiée dans le Conservateur littéraire de 1820, t. H, liv. 11, 12, 13 et 14, a eu un tirage à part , distribué à un nombre restreint d'exemplaires , non retrouvé jusqu'à présent , que nous sachions.
On lit dans la préface delà cinquième édition, Paris, Eugène Renduel, 1832 : « En 1818, l'auteur de ce livre avait seize ans; il paria qu'il écrirait un volume en quinze jours.... Btig- Jargal a donc été écrit avant Han d'Islande, et quoique sept ans plus lard, en 1825, l'auteur l'ait remanié et récrit en
grande partie , il n'en est pas moins , et par le fonds et par beaucoup de détails, le premier ouvrage de Fauteur. » L'édition de 1826 et les suivantes diffèrent beaucoup en effet de la première ; sans parler des développements donnés à la partie historique du sujet, l'auteur l'a dramatisé par l'amour de Bug- Jargal pour la femme de d'Auverney , et surtout par l'introduction du personnage d'Hadibrah, bouffon de l'oncle de d'Auverney, puis médecin, prêtre et obi de l'armée deBiassou, l'un des acteurs de la scène du torrent, choisie par Devéria pour vignette de l'édition de 1826. Dans le Conservateur, le héros du récit s'appelait Delmar ; à partir de l'édition de 1 826, Victor Hugo l'a gratifié de son pseudonyme poétique de 1819: d'Auverney.
1828. — Cromwell, drame, par Victor Hugo.
Paris, Ambroise Dupont; imprimerie J. Tastu, in.8.
Dédicace « à mon père; » préface datée d'octobre 1827.
1829. — Le Dernier jour d'un condamné. Paris, Charies Gosselin et Hector Bossange; imprimerie Lachevardière , in-12, avec fac-similé plié.
Première édition anonyme; la seconde et les suivantes portent le nom de l'auteur; les quatre premières sont d'ailleurs du même tirage , mais on a ajouté à la quatrième le dialogue : Une comédie à propos d'une tragédie, xxiv p. J^a cinquième^ seconde réelle, Paris, Renduel, 1832, in-8, est précédée d'une préface sur la peine de mort.
Victor Hugo a eu pour ce livre un collaborateur resté inconnu peut-être à lui-même. La chanson en argot fac-^imilée est
de Dumoulin-Darcy , peintre en Watteaux. Les étranges compagnies où la noire misère contraignait cet artiste de fréquenter, lui ont inspiré diverses productions du même genre , à leur place dans le Parnasse satyrique du XIX^ siècle,
1834. — Victor Hugo. Étude sur Mirabeau. Paris, Adolphe Guyot et Urbain Ganel; imprimerie Decourchant, in-8.
1834. — Littérature et philosophie mêlées.
Paris , Eugène Renduel , 2 vol. in-8.
Quelques exemplaires sur papier de couleur.
1834. — Claude Gueux, par Victor Hugo. Extrait de la Reçue de Paris. Paris, Éverat, in-8.
Tirage à part de la livraison du 6 juillet 1834 de cette revue, adressé à tous les députés, aux frais de M. Charles Carlier , négociant à Dunkerque.
1835. — Chants du crépuscule. Paris, Eugène Renduel, in-8.
1837. — Les Voix intérieures. Paris, Eugène Renduel; imprimerie Terzuolo, in-8.
Dédicace à Joseph-Léopold-Sigisbert , comte Hugo, non inscrit sur l'arc de triomphe de l'Etoile; préface datée du 24 juin 1837.
1840. — Les Rayons et les ombres. Paris, Delloye, iii-8.
Préface datée du 4 mai 1840.
1842. — Œuvres complètes de Victor Hugo. Le Rhin. Paris, Delloye; imprimerie Béthune et Pion, 2 volumes in-8.
Vingt-cinq lettres « à un ami ; » l'édition de Paris , Jules Renouard, imprimerie Pion, 1845, 4 volumes in-8, est augmentée de quatorze, soit trente-neuf en tout.