PRET
Pourquoi la Province ecclésiastique de Québec ne souscrirait-elle pas pour l'Université à Québec un secours monétaire, comme vient de le faire la Province ecclésiastique de Montréal pour l'Université à Montréal?
Pourquoi n'imposerait-on pas en faveur de l'Université à Québec les honoraires de messes de la Province ecclésiastique de Québec, envoyés à l'étranger, de dix centins, comme l'ont été pendant cinq ans lés honoraires de messes de la Province ecclésiastique de Montréal.
Cette retente supplémentaire de cinq centins sur les honoraires de messes de la Province ecclésiastique de Québec produirait plus que celle que le Recteur de l'Université, Mgr J. C. K. Laflamme, demande actuellement sur les honoraires de messes siastique de Montréal.
Notre plus grand désir est que l'Université à Québec prospère ; qu'elle se procure dans la Province ecclésiastique de Québec toutes les ressources possibles, nous y applaudirons: muis, de grâce, puisque nous ne lui devons rien, qu'elle nous laisse les ressources de notre
de la Province ecclé-
province pour faire face aux besoins, non moins pressants, du siège universitaire de Montréal.
Dans tous les cas, nous avons la confiance que Votre Eminence saura bien trouver une solution conforme à la justice et à nos besoins, S'il Lui manquait des renseignements, nous sommes prêts à envoyer à cet effet un délégué à Rome: car cette question est pour nous de la plus haute importance, et nous n'appréhendons rien tant que d'être jetés à son occasion dans des embarras, d'où il nous serait presque impossible de sortir.
Pleins d'espoir dans le résultat qu'aura l'exposé de notre manière de voir, nous demeurons, dans les sentiments de la plus haute considération,
De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,
Les très humbles et très obéissants serviteurs,
+ Enouaro, Chs. Arch. de Montréal.
Ÿ L. Z. Ev. de S. Hyacinthe.
+ Joscpæ Ménarr, Evéque de Valleyfield.
Ÿ Max, Ev. de Druzipara.
+ Paur, Ev. de Sherbrooke.
Rome, 21 janvier 1895.
Son Eminence le Cardinal Ledochowski, Préfet de la S. Cong. de la Propagande.
Eminentissime Seigneur,
Je viens donner avis à Votre Eminence que Mgr Paul luRoque, Evêque de Sherbrooke, m'annonce qu'il espère pouvoir se rendre à Rome après-demain, le 23 du courant. Des lettres, que son Grand Vicaire et compagnon de voyage m'a écrites chaque jour depuis le commencement de cette maladie, me disent cependant que Sa Grandeur, tout en étant bien mieux, n'est pas encore tout-à-fait rétabli.
J'adresse à Votre Eminence, en même temps que cette lettre, trois exemplaires imprimés du “ Mémoire de Nos Seigneurs les Archevèque et Evèques de la Province ecclésiastique de Montréal sur le renouvellement de l'Indult du 5 mai 1889 ,, et de mon propre Mémoire “ Sur les Prétentions du Séminaire de Québec à uno indemnité monétaire sur la Province ecclésiastique de Montréal , ce dernier augmenté de notes, de pièces justificatives, de la “ Remarque Importante , que j'ai déjà fait parvenir à Votre Eminence, et d'un nouvel article intitulé “ Calcul Intéressant ,. Mon intention, en faisant imprimer ces deux Mémoires, est d'en faciliter la lecture et, au besoin, l'étude à Votre Eminence, et à tous ceux à qui il appartiendrait d'en prendre connaissance. :
Mon but, je le répète, n'est pas de demander un changement aux termes de l'Indult dont il s’agit, puisque, sur ce sujet, dans les circonstances, j'avais l'honneur d'écrire à Votre Eminence, dans ma lettre du 16 de décembre dernier, que que je ne puis ni ne veux însister, Mais, d'un autre côté, si Votre Eminence jugeait à propos de voir s'il n'y aurait pas moyen d'amener gracieusement le Séminaire de Québec à abandonner aux Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal, pour les frais d'administration de l'Université Laval à Montréal, la retenue sur les honoraires de messes de la Province de Montréal, certainement, dans ce cas-là, Votre Eminence verrait son action de beaucoup facilitée s'il est (et c'est là le but que je poursuis) clairement démontré :
1.0 Que la Province ecclésiastique de Montréal n'est pas obbligée, en justice, de rembourser au Séminaire de Québec une partie des dépenses qu’il a faites pour la fondation de l'Université Laval à Québec;
92, Que l'établissement de la Succursale de l'Université Laval à Montréal n'a fait subir au Séminaire de Québec aucune perte matérielle quelconque, loin de là;
3.° Que, en outre d'une compensation d'honneur et d'influence, le Séminaire de Québec a reçu déjà, de la bienveillance du Saint- Siège, une compensation monétaire très considérable;
4 Que l'Université Laval à Montréal n'a plus de dette vish-vis le Séminaire de Québec, cette dette ayant été plus que entièrement payée;
5. Que les circonstances ont bien changé dans l’administrition de l’Université Laval à Montréal, depuis qu'a été octroyé l'Indult du 5 mai 1889, et cela, en grande partie, par le choix du Séminaire de Québec;
6. Que l'administration de l'Université Laval à Montréal, dont le président est l'Archevèque de Montréal lui-même, est, pour les intérèts de la mème Université, dans un besoin d'argent aussi grand que l'administration de l'Université Laval à Québec, c'est-à-dire le Séminaire de Québec ;
7 Que ce besoin d'argent est si grand à l'Université Laval à Montréal, que les Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal, malgré l’exiguité bien connue de leurs ressources pécuniaires, n'ont pas hésité à se rendre responsables en sa faveur pour une somme d'environ deux cent cinquante mille francs;
8.0 Que le Siège Montréalais de l'Université est appelé a faire du bien à près des trois quarts de la jeunesse universitaire de la Province civile de Québec, qui fréquente l'Université Laval, puisqu'il a, suivant ses cours, 650 étudiants, tandis que le Siège Québecquois n'on à que 175;
9. Que, étant données certaines conditions, auxquelles j'ai fait allusion dans mes lettres précédentes, le Séminaire de Québec, en se rendant gracieusemext à ce qu'on lui demanderait, ne perdrait rien, pécuniairement parlant;
10.° Que, au contraire, il y gagnerait, en paraissant être bienveillant pour le Siège Montréalais de l'Université, en facilitant l'affer-
missement de la paix et l'appaisemet des vielles défiances du passé, en ne créant point de désappointement pénible dans les espérances
légitimes d’Evèques vénérables, tout dévoués aux meilleurs intérêts de l'Université Catholique ;
11. Que, bien plus, le Séminaire de Québec, en se montrant trop jaloux de ses avantages, y perdrait, en réveillant surtout chez les laïques du district de Montréal, des griefs assoupis, et en prêtant flanc, dans le public, à des soupçons sur la générosité de ses desseins, mal fondés sans doute, mais toujours préjudiciables au bien géneral ;
12,9 Que, par là, le Séminaire de Québec mettait en péril les bons eftets, si nombreux et si importants, qu'a produit jusqu'ici l'admi- ‘aole Constitution Jam dudum, donnée le 2 février 1889 par Notre Très Saint Père le Pape Léon XIIT;
13. Qu'il exposerait, quod Deus avertat, bon nombre de fidèles à murmurer, el à manquer au respect dà aux Décrets Romains. (Paroles des Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal, dans leur Mémoire du 28 août 1894).
Sur ce dernier point, qu'on me permette d'ajouter les quelques remarques suivantes. Les Decrets romains ont toujours été, dans notre question"universitaire comme dans bien d'autres du reste, selon les temps et les circonstances, l'expression de la justice et du droit; dans cette conviction qu'ils étaient nos meilleurs éléments de salut pour le présent et les bases de notre prospérité future, dès les premiers jours de mon arrivée à la direction du Siège Montréalais de l'Université, le me suis appliqué de toutes mes forces à les faire bien comprendre et accepter de bon coeur par les divers partis qui divisaient alors les esprits; puis, afin de leur donner plus d'efficacité pratique, j'ai réussi, avec le secours des Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal et le concours des hommes de bonne volonté, à les insérer dans des bil{s que reconnut et sanctiona la Législature de la Province de Québec, leur donnant ainsi devant le pays la force de la loi civile. Cependant, on ne peut le nier, il s’est trouvé au Canada, dans le passé, des hommes un peu trop absolus, pour les interprèter à la lueur d’intérèts privés ou sectionnels, et les appliquer avec ue rigueur trop mathématique (swmmum jus, summa injuria), sans tenir compte ni des hommes, ni des temps, ni des lieux: de là, la cause principale de nos misères. Eh! bien, aujourd'hui, il ne faudrait pas que le Séminaire de Québec retombât dans cette
erreur!
Ces treize points renferment à peu près le résumé de toute la
question, que j'étais venu soumettre à la considération de Votre Eminence. Pour obtempérer à Son désir, il me reste à démontrer que l'Université Laval offre toutes les garanties possibles de catholicité. Je serai prêt à le faire, et le ferai de manière à La satisfaire, je l'espère, aussitôt que sera arrivé Mgr l'Evèque de Sherbrooke; car, avant de livrer ua travail qui le rude à un si haut degré ainsi que ses collègues dans l'épiscopat, tout naturellement j'aimerais à le lui montrer.
Dans les sentiments du plus profond respect et de la plus haute
vénération, je me souscris.
De Votre Eminence,
Eminentissime Seigneur, Le très humble et très obéissant serviteur.
J. B. Prourx ptre, Vice-Rect.
Villa della Presentazione, 117 via Milazzo, Rome, 75 janv. 1895.
Son Eminence le Cardinal Ledochowski, Préfet de la S. Cong. de la Propagande.
Eminentissime Seianeur 4 ,
Mgr Paul LaRocque, Evèque de Sherbrooke, Canada, arrivé malade à Rome, retenu à sa chambre chez les Soeurs de la Présentation, 13 via Milazzo, me charge de porter sa carte chez Votre Eminence, et de Lui présenter ses plus respectueuses salutations.
Aussitôt que le médecin lui permettra de sortir de la maison, Mgr l'Evèque de Sherbrooke se fera un devoir de rendre visite à Votre Eminence: en attendant, il me prie de Lui remettre la lettre de Mgr l’Archevèque de Montréal, son Métropolitain, qui l'accrédite auprès d'Elle.
Je prie Votre Xminence de croire aux sentiments de profond respect et de haute vénération avec lesquels je demeure,
De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,
Le très humble et très obeissant serviteur, J. B. Prouix ptre, Vice-Rect.
Archevèché de Montréal, 24 décembre 1594.
A Son Eminence le Cardinal Ledochowski, Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, Rome.
Eminentissime Seigneur,
J'ai l'honneur d'annoncer à Votre Eminence que Monseigneur Paul LaRocque, Evèque de Sherbrooke, partira ces jours-ci pour Rome, afin d'y appuyer la demande du Métropolitain et des Evêques suffragants de la Province de Montréal concernant l'Indult des cinq centins, accordés jusqu'à présent à Québec, sur les honoraires des messes envoyés à l'étranger par les diocèses de la dite province.
Monseigneur LaRocque expliquera à Votre Eminence les graves raisons qui nous ont déterminé à cette demarche délicate auprès du Saint-Siège. Je recommande donc d'une manière toute spéciale à la bienveillance de Votre Eminence le délégué de la Province ecclésiastique de Montréal et le défenseur de ses intérêts.
Avec mes souhaits respectueux de nouvel an, je prie Votre Eminence d’agréer l'assurance de mon humble dévoument et de parfaite obéissance à toute décision émanant du Saint-Siège.
Evovarr Cus, Arch. de Montréal.