‹ Appendice au mémoire sur la prétention du Séminaire du Québec à une endemnité monétaire sur la province ecclésiastique de Montréal [microforme]Chapitre 8 sur 8 · DE TE · texte numérisé non relu

DE TE

Je la prie de vouloir bien aussi ascepter les neuf volumes qui ont précédé celui-ci, afin d'avoir entre les mains l'histoire complète des travaux que nous avons dû faire à Montréal, pour régler l'héritage de difficultés que nous avaient légué nos devanciers.

L'épitre dédicatoire, qui se trouve en tète de ce volume, et dont une copie imprimée est insérée sous ce pli, résume les conclusions qui découlent tout naturellement de la lecture de ces pièces et actes officiels: c'est la meilleure réponse (réponse mathématique des chiffres et des faits) aux accusations formelles comme aux insinuations indécises qu'ont faites, en différents temps. ecatre l'Université Laval à Montréal, des adversaires appartenant surtout à deux courants d'idées on ne peut plus opposées, ne s'accordant, d'après moi, que sur un point, sur le manque de modération dans leurs opinions et manières de faire.

Avant de terminer, je dois dir: que Monseigneur LaRocque a été touché de l'obligeance qu'a eu Votre Eminence de veuir elle même prendre de ses nouvelles; il me prie de lui en offrir ses plus sincères remerciments. Revenant chaque jour de mieux en mieux, il à eu aujourd'hui cependant une rechute, qui prolongera de quelque temps encore sa reclusion à sa chambre. Sa première sortie, il me charge de le Lui dire, sera pour Votre Eminence.

J'ai l'honneur de me souscrire, dans les sentimen s du respect le plus profond et de la vénératiou la plus haute,

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très humble et très obéissant serviteur, J. B. Prouix pére.

P. S. — A ce dixième volume de mes rapports que je passe aujourd'hui à Votre Eminence, il manque encore le Supplément et la Table des matières ; aussitôt que l'imprimeur, qui va lentement, aura terminé entièrement cette ouvrage, j'en remettrai à Votre Eminence un exemplaire complet.

Rome, 31 janvier 1895.

Son Eminence Île Cardinal Ledochowski, Préfet de la S. Cong. de la Propagande.

Eminentissime Seigneur,

J'ai l'honneur de remettre entre les mains àe Votre Eminence ce dixième volume, publié par je soussigné Sur la Question universitaire qui depuis Si longtemps préoccupe les esprits au Canada, comme je me euis fait un devoir, dans le passé, d'enroyer: au fur et à mesure qu'ils paruissaient, les neuf premiers à j Eminentissime Préfet qui présidait alors à j'Administration de la Sacrée Congrégation de la Propagande.

Celui-vi, Les Actes des Administrateurs, Gouverneurs €l V'ice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, raconte le travail qui s'est fait au Siège Montréalais de J'Université Laval, depuis la mi-mars 1593 jusqu'à la fin de septembre 1594.

Ce recit est donné, non par Monsieur un Tel ou uP Tel à son point de vue particulier, mais bien par Îles pièces officielles elles-mèmes, correspondances, procès-verbaux, redditions de compte, etc., 86 trouvant être par conséquent un rapport on ne peut plus impartial, exact et intègre.

Votre Eminence pourra Y voir :

1. Quelle somme de travail a fait, depuis qu'elle est entrée en fonctionnement, cette Administration de l'Université Laval à Montréal, donc le Président réel et légal est l'Archevèque de Montréal Jui-mème: Îles Gouverneurs seuls ayant, daus l'espace de vingt-deux mois, tenu soixante assemblées, régulierement convoquées ;

2° Que, dans l'ensemble de ce rouage administratif, l'influence jégitime du Vice-Recteur n'est pi mullifiée ni amoindrie, son action nécessaire s'exergant partout, soit par lui-même, soit par sun Assistant ;

3. Quelles garanties de bonne administration financière offre gurtout le Bureall des äouverners. dont les membres sont choisis parmi Îles premiers hommes d'affaires de la Cité de Montréal ;

4° Comme, en effet, les Gouverneurs ont conduit avec habileté, economie, rapidité et sureté de coup d'oeil, la Bâtisse Univer-

sitaire, aujourd'hui presque entiérement terminée ;

3." Quel esprit de paix et de bonne volonté règne dans les assemblées de cette Administration, à la fois une et multiple;

6” Quelle confiance et quel calme à apporté, dans le public en général, le fait d'avoir donné dans cette administration des représentants aux diflérents courants d'idées ou d'intérêts, qui pouvaient exister dans la Province ecclésiastique de Montréal :

7. Quelle déférence Administrateurs et Gouverneurs ont toujours apporté dans leurs résolutions pour l'autorité et les directions de l'Episcopat, lequel, au cas de besoin, dans les conflits qui pourraient surgir, a, de par la constitution civile elle-même de l’Administration, un pouvoir de solution prépondérant;

S.” Quel intérêt, vrai et profond, l'épiscopat de la Province de Montréal porte à ce Siège Montréalais de l'Université Laval, lui ayant fait dernièrement encore, malgré l’exiguité bien connue de ses ressources pécunaires, des allocations d'argent considérables ;

9° Quelle générosité a détérminé chez les bienfaiteurs de la hante éducation, en particulier chez les Messieurs du Séminaire de St Sulpice, cette conviction, appuyée sur des faits, que l'Administration de l'Université Laval à Montréal est actuellement en mains habiles et sures:

1ü.* Avec quelle fidélité et quelle exactitude le Vice-Recteur à Montréal rend compte à ses Supérieurs ecclésiastiques, ne passant jamais un mois sans les mettre au courant de tous ses Actes d'administration universitaire.

Espérant, Eminentissime Seigneur, que ce présent Rapport, détaillé et complet, démontrera à Votre Eminence que tous, dans -la Province ecclésiastique de Montréal, unis dans un mème effort, Evèques, Prèêtres, Laïques, nous sommes à faire de l'Université Laval à Montréal une grande institution, qui ne sera pas indigne des sympathies et des faveurs du Saint-Siège, je demeure, dans les sentiments da plus profond respect et de la plus haute vénération,

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très humble et tres obéissant serviteur, J. B. Prouix pre, Vice-Rect.

Rome, 2 février 1895.

Sa Grandeur Mgr Paul LaRocque, évêque de Sherbrooke, Villa della Presentazione, 13 Via Milazzo, Roma.

Monseigneur,

Pour répondre à votre désir, j'ai l'honneur de vous passer le résumé de l'exposé (tel que je l'ai fait jusqu'ici) de notre affaire de cinq cents, avec références précises aux mémoires imprimés et à diverses lettres par moi écrites à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, dans lesquels se trouvent avec plus d'étendue l'exposition des faits et la discussion des principes.

Espérant que ce résumé vous donnera une idée assez exacte du travail qui m'occupe depuis quelques mois, et faisant des voeux pour que le mieux qui se produit dans l'état de votre santé se continue sans interruption jusqu'à un prompt et complet rétablissement, je demeure avec beaucoup de respect et de considération,

De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très-humble et très-obéissant serviteur, J. B. Prouix pre.

Rome, 12 février 1895.

Son Eminence le Cardinal Ledochowski, Préfet de la $. Congrégation de la Propagande,

Eminentissime Seigneur,

Mgr j'Evèque de Sherbrooke, qui est mieux sans être tout-ù-fait rétabli, et à qui le médecin permet maintenant de sortir, se propose de se rendre à la Propagande, mercredi 13 du courant, à 10 houres

a. m,, pour demander à Votre Eminence le faveur d'une audience.

Done

Avant de remettre à une direction plus autorisée la conduite de notre délégation, je suis heureux de pouvoir transmettre à Votre Eminence, imprimé, le résumé des raisons, que j'ai jusqu'ici exposées tant dans mes lettres que dans mes mémoires, militant en faveur d'un abaudon gracieux, par le Séminaire de Québec, de la retenue sur les honoraires des messes de la Province ecclésiastique de Montréal, à l’Archevèque de Montréal, pour les frais d'administration de l'Université Laval à Montréal.

Dans les sentiments du respect le plus profond et de la vénération la plus haute, je demeure

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très-humble et très-obéissant serviteur, J. B. Prouix, Vice-Rect. pére.

Resuué pes Raisons

pour lesquelles il est demandé que la retenue sur les honoraires de messes de la Province ecclésiastique de Montréal reste entre les mains de l'Archevêque de Montréal, pour les frais d'administration de l'Universé Laval à Montréal.

1e La Province ecclésiastique de Montréal n'est pas obligée, en justice, de rembourser au Séminaire de Québec une partie des dépenses qu'il a faites pour la fondation de l'Université Laval à Québec. (Voir Mémoire sur la “ Prétention du Séminaire de Québec , page 8).

9 À ce sujet, il n'y à pas eu, lors de la fondation de l'Université Laval à Québec, d'entente préalable entre le Séminaire de Québec et les Evèques du district de Montréal, ( Voir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 9).

3. Il n'y a pas eu davantage d'arrangement subséquent. (Voir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 11).

4, Le Séminaire de Québec, pour des considérations à lui propres, a voulu faire les dépenses de cette fondation avec ses seules ressources, librement, ayant devant lui, le sachant, l'avouant, le procla-

mant, la perspective de l'établissement, avant bien des années, d'un siège universitaire à Montréal. (Foir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 13).

».° La Décision %e la Sacrée Congrégation de la Propagande du 1°" février 1875, constituant la Succursale de l'Université Laval à Montréal, ne donne au Séminaire de Québec, sur le District de Montréal, aucun droit de compensation monétaire, ni directement, ni indirectement, ni formellement, ni virtuellement. (Voir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 15).

6.° Virtuellement, au contraire, on y trouve pour Montréal l'exemption de toute indemnité en argent vis-à-vis le Séminaire de Québec, parce que toutes les dépenses de la Succursale sont au frais du Diocèse de Montréal, (loir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 17).

7 L'Indult du 5 mai 1889, renouvtlé le 29 avril 1894, tout en reconnaissant la dette de la Succursale, n'établit aucunement l'existence d'un droit qu'aurait le Séminaire de Québec à une indemnité monétaire sur la Province de Montréal. (Voir “ Mémoire sur la Prétention ,. page 20).

8.° L'établissement de la Succursale de l'Université Laval à Montréal n'a fait subir au Séminaire de Québec aucune perte matérielle quelconque. {Voir * Mémoire sur la Prélention ,, page 19).

9° Bien plus, la Succursale procure au Séminaire de Québec un revenu plus grand que celui qu'il tirait du district de Montréal, avant qu'elle ne fut établie, (loir au Supplément du “ Mémoire sur la Prétention ,, l'article intitulé * Calcul Intéressant ,, page 51).

10.” Le Saint-Siège a accordé au Séminaire de Québec, en considération de ses sacrifices, une compensation magnifique d'honneur et d'influence, eu décrétant que l'Université Laval continuerait d'être la seule Université Catholique dans toute l'ancienne province du Bas- Canada, et que Montréal n'auruit qu'une Succursale de la mème Université. (Voir “ Mémoire sur la Prélention ,, page 14).

1i.° En outre de cette compensation d'honneur et d'influence, le Séminaire de Québec a reçu, de la bienveillance du Saint-Siège, une compensation qui s'élève déjà à neuf cent quinze mille francs, et qui sera, dans cinq ans, de un milion cent mille francs. (Voir “ Mémoire sur la Prétention ,, page 20),

12. L'Université Laval à Montréal n'a plus de detie vis-à-vis 1; Séminaire de Québec, cette dette ayant été plus qu'entièrement

ivée. (Voir le “ Mémoire des Evéques ,, page 6).

13.° Les circonstances ont bien changé dans l’administration de l'Université Laval à Montréal, depuis qu'a été octroyé l'Indult du 5 mai 1889, et cela, en grande partie, par le choix du Séminaire de

di

Québec. (Voir, au Supplément du “ Mémoire sur la Prétention ,, l'article intitulé “ Remarque importante ,, pages 55-64, surtout page 59, numéro V).

14° L'administration de l'Université Laval à Montréal, dont le président est l’Archevèque de Moutréal, est, pour les intérèts de la mème Université, dans un besoin d'argent aussi grand que l'administration de l'Université Laval à Québec, c'est-h-dire le Séminaire de Québec. (Voir * Mémoire des Evéqies »s page S).

15° Ce besoin d'argent est si grand à l'Université Laval à Montréal, que les Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal, malgré l'exiguité bien connue de leur ressources pécuniaires, n'ont pas hésité à se rendre responsables en sa faveur pour une somme d'environ deux cent cinquante mille francs. (Voir “ Mémoire des Erêques ,, page 1).

16. Le Siège Montréalais de l'Université est appelé à faire du bien à près des trois quarts de la jeunesse universitaire de la Province civile de Québec, qui fréquente l'Université Laval, puisqu'il a, suivant ses cours, 650 étudiants, tandis que le Siège Québecquois n'en a que 173. (Voir “ Mémoire sur la Prélention ,, page 18).

Pour toutes ces raisons, il est demandé au Saint-Siège que le revenu sur les messes de Montréal, créé par l'Indult du 5 mai 1SS9, lequel x été renouvelé le 29 avril 1894, reste entre les mains de l'Archevèque de Montréal pour les frais d'administration de l'Université Laval à Montréal.

Mais, afin qu'il n'y ait rien de changé dans les termes de l'Indult, il est demandé, en même temps, s’il n'y aurait pas moyen d'amener le Séminaire de Québec à abandonner ce revenu à l'Archevèque de Montréal, gracieusement.

Et, atin que le Séminaire de Québec ne perde pas un sou, monétairement parlant, il est suggéré humblement et respectueusement de lui assurer la prolongation de l'Indult sur la Province ecclésiastide Québec pour cinq, dix, quinze ans, ou de lui permettre de retenir, dès maintenant, sur la Province ecclésiastique de Québec, dix centins sur chaque honoraire de messe envoyé en dehors de la Province,

comme la chose a lieu à Montréal. (Voir Lettres de l'abbé J. B. Proutr

à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, 20 décembre 189, 17 et 21 janvier 1895).

Dans tous les cas, en abandonnant gracieusement ce revenu, le Séminaire de Québec se ferait un très grand bien, moralement parlant. Car :

17.9 Il aurait, devant toute la population du pays, le mérite de paraitre se montrer bienveillant pour le Siège Montréalais de l'Université et de contribuer à l’affermissement de la paix, ainsi qu'à l'appaisement des vieilles défiances du passé. (FPoir Lettres de l'abbé J. B. Proulx à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, 20 décembre 1894, et 10 janvier 1895).

18.2 Au contraire, en se montrant trop jaloux de ses avantages, le Séminaire de Québec y perdrait, en réveillant, par tout le district de Montréal, des griefs assouplis, et en prètant flanc à des soupçons sur la générosité de ses desseins, soupçons mal fondés sans doute, mais toujours préjudiciables au bien général. (Voir Lettres de l'abbé J. B. Proulx à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, 10 janvier 1895),

19. Il causerait un dommage grave au Siège Montréalais de l'Université Laval, non seulement en le privant d'un argent sur lequel il croyait pouvoir compter, mais surtout en jetant par là du froid sur le zèle des amis de l'Université à Montréal, en décourageant les énergies et diminuant la source des dons chez les particuliers. (Voir “ Mémoire des Evêques ,, page 11).

20.9 Il créerait un désappointement pénible, en froissant les espérances, bien naturelles certainement, d'Evèques tout-à-fait dévoués aux meilleurs intérêts de l'Université Laval, (Voir lettre de l'abbé J. B. Proulx à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, 10 janvier 1895).

21.° Il mettrait ces mêmes Evèques dans une position difficile et humiliante, nuisant ainsi grandement aux intérêts de leur autorité épiscopale auprès de leurs ouailles. ( Voir “ Mémoire des Evêques ,, page 10).

22, Il exposerait, guod Deus avertat, nombre de fidèles à murmurer, et à manquer au respect dû aux décrets romains, lesquels pourtant, dans la sagesse de leurs desseins et l'efficacité de leurs moyens, sont destinés à être les bases de notre prospérité universitaire. (Voir Mémoire des Evêques, page 4 et 10, ainsi que la lettre de l'abbé J. B. Proulx à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, en date du 21 janvier 1895).

23.° Il mettrait en péril les bons effets, si nombreux et si importants, qu'a produit jusqu'ici l'admirable constitution Jam dudum,

mi PO T0

donné le 2 février 1889 par Notre très Saint Père le Pape Léon XIII. (Voir la lettre de l'abbé J. B. Droulx à Son Eminence le Cardinal Ledochowski, 17 janvier 1895, et la lettre des Archevêque et Evéques de la Province de Montréal à Notre Saint Père le Pape, 28 août 1894).

C’est pourquoi, pour rencontrer les besoins de l'Université Laval à Montréal qui ne doit rien, en justice, au Séminaire de Québec, et satisfaire aux désirs, à l'attente et aux demandes des Archevèque et Evèques de la Province Ecclésiastique de Montréal, sans nuire en rien aux intérèts de l'Université Laval à Québec ou à ceux du Séminaire de Québec, même, au contraire, en leur faisant du bien, il est suggéré que le Séminaire de Québec abandonne gracieusement à l'Archevêque de Montréal, pour les frais d'administration de l'Université Laval à Montréal, le revenu provenant des honoraires de messes de la Province ecclésiastique de Montréal, en vertu de l'Indult du 29 avril 1895 (Indult du 5 mai 1889 renouvelé), avec l'entente que l’Indult actuel lui sera prolongé sur la province ecclésiastique de Québec, encore dix ans où quinze ans, ou bien avec la promesse qu'il va lui être octroyé un autre indult lui permettant de retenir (comme la chose a lieu à Montréal) cinq autres centins, en tout dix centins, sur les honoraires de mésses de la Province de Québec envoyés à l'étranger.

J. B. Prouix ptre.

Vice-Recteur.

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