INTRODUCTION
C’est durant les bonnes deux années d’internat, passées à l'hôpital Broca, aux côtés de notre cher maître le docteur Pozzi, que nous est venue l'idée première de ce travail.
Nous n'avions pas remarqué sans étonnement, au cours des nombreuses laparotomies, voie abdominale si justement en honneur dans ce beau service, non seulement la fréquence des adhérences intestinales mais aussi la fréquence des adhérences de l’appendice aux annexes droites (fait sur lequel M.Pozzi attira déjà l'attention à la Société de chirurgie, en 1890) (1).
Frappé de cette coïncidence, frappé en outre de la difficulté éprouvée pour diagnostiquer ces adhérences, nous nous sommes tout d’abord demandé si un appendice, dont la pointe seule est fusionnée avec une lésion septique des annexes, est un organe touché. Or l'observation I est venue transformer cette hypothèse en certitude et nous a servi de point de départ. ù
Au cours de cette laparotomie, on procéda à la résection d'un appendice, ainsi relié par son extrémité inférieure à un pyosalpinx, grâce à des adhérences extrêmement résistantes : l'examen histologique prouva qu'il existait une lésion limitée mais réelle.
Des recherches ultérieures nous montrèrent qu'à plus forte raison un appendice, englobé sur une hauteur variable dans une zone fibreuse, ou complètement enserré dans une gangue plastique péri-annexielle, était touché également et d’une certaine façon.
Nous nous trouvions donc là en présence d’appendicites à lésions un peu spéciales et à évolution particulièrement latente puisque
(1) Pozzi, Bull. Soc. chirurg. Tome XVI, p: 778, 1890.
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le diagnostic se réduisait le. plus souvent à une trouvaille de laparotomie.
C'est alors que nous avons eu l'idée de faire de cette question le sujet de notre thèse inaugurale, encouragé en cela par les conseils éclairés de deux maitres, le docteur Pozzi et le docteur Picqué. |
Après avoir montré qu'appendice et annexes sont deux organes absolument indépendants au point de vue anatomique, nous étudierons le mécanisme qui préside au retentissement réciproque des deux lésions l’une sur l’autre. De cette étude pathogénique ressortira cette conclusion : par le seul fait du contact, possible de deux façons, par suite des adhérences se formant entre un organe sain et un organe malade, il peut exister une appendicite que nous appellerons d’origine annexielle, ou complication d’une lésion' septique des annexes, de même qu'il peut exister une annexite secondaire à une appendicite primitive.
C'est l’étude de la première association de lésions que nous aurons principalement en vue. La seconde n'interviendra dans notre travail que pour mettre en opposition, surlout au point de vue clinique, deux variétés d’appendicites et annexites coexistant chez les mêmes malades : formes très différentes suivant que telle ou telle affection est entrée en jeu la première et domine !la scène symptomatique.
Ceci posé, nous montrerons les lésions histologiques de ces appendices secondairement touchés. Nous insisterons sur l’insidiosité de l’évolution clinique, cherchant à grouper, d'après nos observations personnelles et celles d’autres chirurgiens, un ensemble de signes positifs, ou d'indications diagnostiques, utiles et suffisantes dans la majorité des es. Nous terminerons en montrant quand et comment on doit intervenir dans ce cas particulier.
Nous serons bref sur l'historique de la question. Nous avons préféré le faire, chemin faisant, à propos de chaque chapitre. Nous nous contenterons seulement de dire qu'il s’agit là d'un sujet relativement récent. Avant 14890, il n’en est pour ainsi dire pas parlé. Ce n'est que depuis qu'on connaît bien l'appendicite chronique, depuis que l'on a assisté aux méfaits possibles de ces lésions latentes et trompeuses, qu'on s’est occupé de la question.
Aujourd’hui surtout que les anatomo - pathologistes, avec M. Letulle, prétendent que ce sont ces appendices-là les plus dangereux, les plus exposés aux complications graves, cette association de lésions n’en devient que plus intéressante et importante à connaître pour le chirurgien.