AU NS PE
déplacements exclusifs de l’appendice, le cæcum restant à peu près en place.
Nous ne voulons pas nous étendre iei sur les hypothèses nombreuses (forme du bassin chez la femme, port du corset, grossesses répétées, constipation, etc.) qui ont été émises pour expliquer Ja fréquence de cette situation pelvienne. Nous constatons un fait avec observations à l'appui et voilà tout.
De tous les cadavres examinés, nous avons excepté ceux où il existait une lésion des annexes et du ligament large. Nous tenons à insister sur ce point pour, répondre à Fexplication donnée par Terrillon (4) sur la fréquence de la situation pré-annexielle.
« L’appendice, comme le cæcum, dit-il, est entrainé en bas par le ligament large raccourei et rétracté consécutivement à une inflammation ».
Or nos observations démontrent que cette situation anormale de l'appendice est possible sans lésion annexielle. La rétraction du ligament large peut constituer parfois une cause adjuvante mais n'est point la cause déterminante habituelle.
II. Existe-t-il des liens anatomiques entre l’appendice, d’une part, et les annexes de l’autre ?
Clado (2) l'affirme et décrit un véritable ligament qu’il nomme : Jigament appendiculo-ovarien.
Ayant d'en donner la description complète, revenons en arrière et voyons ce que les anatomistes anciens ont écrit sur la question.
En Allemagne, Hassé (3) parle d’un repli péritonéal réunissant pavillon de la trompe et extrémité externe de l'ovaire au milieu de Ja paroi latérale du détroit supérieur.
Schultze (4) lui assigne la même forme mais recule son insertion à la paroi pelvienne et au tiers postérieur de la paroi du bassin.
En France, Rouget (5), recherchant la solution de continuité el comparant ce qui se passe sur les animaux, où on trouve un véritable ligament rond supérieur, constate que ce ligament existe chez la femme. Ce ligament rond supérieur (ligament infundibulo-
(1). TERRILON. — Salpingites et ovarites.
(2). CLapo — Loco Cilalo.
(3). HESSÉ — Arch. fur. gynec. BD VII p. 402. (4). SCHULTZE. — Arch. fur gynec.AX p. 802.
(5). ROUGET.— Jour. Brown Seq. %
tn du Henlé) naît en haut du fascia transversalis au-dessus du détroit supérieur. Il descend parallèlement aux vaisseaux ovariques qu’il recouvre et entoure en grande partie. À son entrée dans le ligament large, les faisceaux musculaires qui le composent s'épanouissent en membrane sur le feuillet postérieur et là, tandis que les fibres externes vont vers la face postérieure du corps utérin, les moyennes vers le hile de l'ovaire et l’aileron postérieur de la trompe, les externes se rendent au pavillon de la trompe.
C’est exactement la description que donne Sappey (1) d’un ligament similaire qu’il appelle le ligament rond postérieur.
Vallin (2) dans sa thèse, est du même avis, sauf au point de vue de la terminaison de ce ligament, qu’il fait remonter très haut vers la région lombaire.
Jusque là, il n’est pas parlé de chaînon anatomique net réunissant appendice et annexes droites. Il faut arriver au mémoire de Clado, en 1892 (3), pour en trouver une description complète
«En relevant, dit-il, l’'appendice iléo-cœæecal, on peut voir qü’il se forme un repli péritonéal partant du méso-appendice pour aller se continuer avec le bord supérieur du ligament large. Ce repli, dit ligament appendiculo-ovarien, est falciforme, à concavité supérieure. Sa partie moyenne répond aux vaisseaux iliaques et mesure 4 à 2 cent. de hauteur.
« Ce ligament est constant chez la femme et on en trouve parfois des vestiges chez l’homme sous forme d’un petit repli qui croise les vaisseaux iliaques et se perd dans le bassin ».
Ce ligament, ajoute l’auteur, représente un organe établissant des communications lymphatiques entre ovaire et appendice.
Durand, de Lyon (4), parle à nouveau de ce ligament en 1895, Pour lui, la partie inférieure (celle qui adhère à l'appareil génital) aurait son insertion sur la trompe et son pavillon. Quant à la partie supérieure (celle en rapport avec l'appareil iléo-cœcal), il existerait quelques variations sur son point exact d'insertion :
a. Sur le méso-appendice (le plus fréquent) ;
1) Sappey. Traité d'anatomie.
2) VALLIN. Thèse . Paris, 1887.
(3) CLADO. Loco citato.
É DurAND. Progrès médical, n.27, 1895.
IS LR
b. Surle péritoine enveloppant la fin de l'iléon ; c. Exceptionnellement sur le renflement cæcal.
C’est dans ce ligament, pour l’auteur, que l’on trouve non seulement l'artère utéro-ovarienne et les plexus veineux qui l'accompagnent ‘mais aussi les lymphatiques allant de lutérus aux ganglions lombaires.
« Donc, dit-il, il est démontré que si, d’une part, les annexes et l'appendice sont en rapport direct par suite d’anomalie de longueur de l'organe, d'autre part ils sont en rapport constant par les lymphatiques contenus dans ce repli péritonéal. Ces vaisseaux metlent en communication les atmosphères celluleuses des deux organes el permettent aux microorganismes de se transporter de l’un à l’autre ».
Ce ligament, ainsi décrit, se rapproche un peu du ligament ovaro-pelvien de Delbet (1) : repli péritonéal qui remonte le long du détroit supérieur, qui a toujours du côté droit des rapports intimes avec le méso-iliaque dans lequel il semble se perdre, et qui enfin longe l'artère etles veines utéro-ovariennes.
Les Américains, avec Binkley, Robinson, Watkins, ete., les Hollandais avec Treub, parlent aussi de ce ligament. Le seul reproche qu’on peut leur adresser est de le mentionner comme chose acquise et démontrée ; pas un ne dit l'avoir vu et constaté sur le cadavre.
Les Allemands aussi citent ce repli appendieulo-ovarien. Cott et Kruger (2) prétendent même qu’il existe une artère supplémentaire qui chemine dans ce chaînon anatomique, et qui vaàl'appendice.
L'historique de la question étant terminé, exposons maintenant le résultat de nos recherches personnelles. |
Nous avons examiné avec le plus grand soin 127 cadavres et nous n'avons jamais rencontré ce ligament appendiculo-ovarien tel que nous le présentent les auteurs.
L'abdomen ouvert par nous, la fosse iliaque et la cavité pelvienne mises à découvert par une incision cruciale, nous avons cherché à soulever la pointe de l’appendice, sans déplacer le cæcum. Le plus souvent libre et mobile, l’organe put être relevé de façon à montrer son insertion cæcale et son méso-appendice. Ceci fait, nous avons soulevé les annexes droites très légèrement, c'est-à-
(1) Dezeer. Suppurations pelviennes.
(2) KRUGER. Deutsche zeitsch. f. Chir. XLN, 1897.