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saurait méconnaître sans danger dans ia pratique que , lors même qu'il remédie par des opérations aux dérangements de nos parties, il agit sur des tissus sensibles, irritables, disposés à devenir le siège de violentes inflammations, et unis aux principaux viscères de l'économie vivante par des sympathies plus ou moins étroites. Il doit se ressouvenir surtout que des moyens médicinaux convenablement administrés rendent souvent inutiles les opérations les plus graves , et sont constamment nécessaires pour préparer et pour assurer le succès de ces opérations.
Il est donc indispensable que le praticien dont la chirurgie fait la principale occupation soit en même temps un médecin habile : il doit connaître , et la disposition anatomique des parties malades, et les lois qui président à leurs fonctions, et la manière dont sont affectés les tissus aux lésions desquels il remédie. Sans ces connaissances en quelque sorte préliminaires, comment jugerait-il de la nécessité de prati-
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quer la plupart des opérations? S'il ignorait quelles sont les lois des sympathies, comment pourrait-il instituer un traitement interne et externe méthodiques ? comment pourrait-il préparer le malade à supporter l'action des instruments et prévenir ou combattre les accidents que cette action détermine fréquemment ? Le chirurgien qui se bornerait à l'opération manuelle ne serait qu'un ouvrier ignorant et grossier : ne connaissant ni la disposition ni les propriétés de la matière sur laquelle il agit, on le verrait , dans ses tentatives aveugles et routinières, commettre à chaque pas les plus funestes erreurs.
Les praticiens qui cultivent spécialement la chirurgie ne sauraient évidemment demeurer étrangers aux progrès de la médecine , sans compromettre incessamment l'honneur de l'art, et sans exposée les malades aux accidents les plus graves. Or il est incontestable que depuis quelques années la doctrine physiologique a imprimé aux études et à la pratique médicales
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une impulsion nouvelle , et les a rendues éminemment philosophiques. Les actions et les sympathies des divers organes mieux connues ; la nature , les effets immédiats et les résultats éloignés des irritations expliqués avec exactitude ; la théorie des inflammations et des hémorragies dites passives dévoilée ; Pédologie et les principaux phénomènes du scorbut expliqués par l'altération survenue dans la com position des matériaux nutritifs ; la classe entière des fièvres essentielles effacée des cadres nosologiques"; enfin, ce grand principe que toutes les maladies consistent dans la lésion d'un ou de plusieurs organes établi sur des bases inébranlables , telles sont quel-
1 Parmi les ouvrages les mieux faits , et qui sont le plus propres à mettre hors de doute la véritable nature des fièvres , on ne saurait trop citer l'excellente Pyrétoîogie physiologique, récemment publiée par M. le docteur Boisseau. Ce livre est remarquable , et par le talent qui a présidé à sa rédaction , et par une critique aussi lumineuse que juste des anciennes théories , et par la solidité des preuves qu'il contient en faveur des plus saines doctrines.
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ques unes des améliorations apportées par la nouvelle doctrine à l'histoire des maladies. Les travaux de M . Broussais et ceux des médecins de l'école physiologique ont donné à la science un nouvel aspect: il semble que, par leurs efforts , l'observation ait été rendue plus sévère, l'expérience plus assurée, le raisonnement médical plus lumineux et plus fécond.
Si quelque chose doit surprendre au milieu de l'agitation générale des esprits, c'est que la chirurgie n'ait presque participé en rien aux progrès récents de la physiologie pathologique et de la médecine interne. Il suffit d'ouvrir les ouvrages élémentaires les plus estimés, ceux qui ont été publiés le plus récemment sur cette science , pour se convaincre de cette vérité. Leurs auteurs semblent y avoir pris à tâche de rajeunir les opinions. les plus surannées, de soutenir les erreurs les plus complètement réfutées, et de conserver religieusement jusqu'aux principes thérapeutiques les plus dan-