INTRODUCTION
Il est difficile, en France, de traiter des questions de transmission de chaleur sans parler de M. le Professeur RiBAup. Cela sera d'autant plus naturel dans le cas présent que ses ouvrages nous ont servi de base et nous ont montré l'importance des phénomènes physiques inséparables de la transmission de chaleur. Leur lecture nous a incité en effet à utiliser les nombres sans dimensions et à reprendre le dépouillement de quelques essais industriels que nous avions faits précédemment et exploités de façon trop sommaire.
C’est par une longue suite d’intermédiaires que nous sommes arrivés à dégager, puis à utiliser la notion pourtant bien simple « d’échauffement relatif », peut-être à cause de sa simplicité même (1). C’est à ce stade que nous sommes entrés en rapport avec M. le Professeur RIBAUD, qui a bien voulu s'intéresser à un ensemble, assez flou au début, nous conseiller sur bien des points et enfin présider notre soutenance de thèse. Nous devons le remercier ici pour toutes les observations qu’il nous a faites à cette occasion, en particulier au sujet des définitions, du symbolisme et de la terminologie employée.
Une remarque faite sur l’ambiguïté de notre définition de la vitesse nous a obligé à mieux analyser le rôle de la «vitesse efficace». C’est ainsi que nous avons étudié le refroidissement forcé (air ou hydrogène) des alternateurs où la «vitesse efficace » et la vitesse d'avancement du fluide sont complètement indépendantes.
Par contre, nous ne croyons pas indispensable de rattacher la base de cette étude d’échauffement à la théorie classique de transmission de la chaleur et pensons en particulier qu'il est inutile de faire appel au coefficient de transmission de chaleur usuel qui est en quelque sorte déjà intégré dans le phénomène physique que nous considérons comme élémentaire. Ceci ne nous a pas empêché de relier le paramètre d’échauffement ainsi défini avec les nombres sans dimensions classiques, tant pour situer la question que pour utiliser au maximum les résultats acquis et bien connus.
Nous demandons ici l’indulgence des thermiciens et les prions, malgré les défauts de fonds et de forme certainement trop fréquents, de bien vouloir suivre nos raisonnements à partir du phénomène d’échauffement élémentaire, en laissant un moment de côté la notion classique de flux de chaleur par élément de surface. Cette dernière notion est, d’ailleurs, seule utilisable pour les phénomènes thermiques à température constante (ébullition, condensation) qui ne sont pas étudiés ici.
Il faut remarquer aussi que le coefficient usuel reste toujours un excellent moyen global de vérifier la surface d'échange d’un appareil déterminé par la méthode ici exposée.
Nous ne nous dissimulons pas que ce que nous demandons ici aux thermiciens est un peu déroutant et d'autant plus ardu qu’ils connaissent mieux la transmission de
(1) Nous ne connaissions pas à ce moment le cours du Professeur LEGENDRE, ni les numéros « L » et « LI» du Mémorial des Sciences Physiques du Professeur RIBAUD qui étaient déjà parus.
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chaleur sous sa forme classique. Nous avons rencontré nous-mêmes cette difficulté : ayant complètement mis au point un mode de calcul par échauffement pour échangeur à deux fluides, nous ne l'avons utilisé vraiment qu'après y avoir été contraints plusieurs fois pour la détermination d'appareils industriels dont les caractéristiques thermiques étaient assez poussées, ou pour lesquels une condition supplémentaire imposée ne permettait de traiter le problème, avec la méthode normale, que par des tâtonnements laborieux.
Le présent travail ne diffère de la thèse originale que par des points de détails :
— l'introduction primitive a été scindée; une moitié complète les généralités (8 1,0) et la deuxième partie, un peu développée, constitue la conclusion. Quelques précisions ont été apportées aux vitesses et températures utilisées dans les formules ($ 2,0), et nous avons ajouté les conclusions des essais de BERGELIN.
Dans cette étude nous avons utilisé :
A. — Des résultats obtenus par quelques personnalités et Sociétés qui nous en ont autorisé la publication et nous ont, de plus, fourni les photographies du matériel essayé.
Nous citerons :
— le Laboratoire des Hautes Températures (thèse de BroLA) ($ 7,3.2); — la Société A.B. : radiateur A.B., écoulement en régime non établi ($ 10,2); — la Société Chausson : radiateur d'avion en régime turbulent ($ 10,3); — le Professeur BERGELIN, Université de Delaware, U.S.A. ($ 7,4.2).
B. — Des résultats d’essais que nous avons effectués avec les appareils industriels de certaines Sociétés et pour leur compte. Ces dernières nous en ont autorisé la publication et, de plus, fourni les photographies du matériel employé.
Nous citerons :
— l’Arsenal de l’Aéronautique ($ 10,4);
— la Société Marine-Air-Rail : radiateur laminaire ($ 10,4);
— l'Office National d'Études et de Recherches Aéronautiques ($ 10,1);
— la Société Nationale d'Étude et de Construction de Moteur d’Avion : essai sur maquette du moteur 36 T ($ 10,1);
C. — Les résultats très étendus que nous avons effectués sur un matériel prototype (aéroréfrigérant d’huile de transformateur) exécuté d’après nos calculs par la Société des Condenseurs Delas ($ 4,1) et essayé dans les Laboratoires de la Société Alsthom.
Nous remercions sincèrement ces diverses Sociétés et leurs Services d'Études de l’aide qu’ils ont bien voulu nous apporter plus particulièrement la Société des Condenseurs Delas et son Directeur Général, C. CABANES, qui nous a facilité de toutes manières pour mener à bien ce travail. |
L'utilisation, actuellement constante, que nous faisons des présentes théories pour la détermination d'appareils industriels nous en a confirmé l'intérêt.