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MÉCANIQUE DES SOLIDES

Dans l'indication des applications de la mécanique à la physiologie et à la médecine, nous nous sommes préoccupé de mesurer nos développements soit à l'importance, soit à l'intérêt du sujet traité .

1° Balances. — La balance a été connue de tout temps : Thémis la tenait dans sa main, et de tout temps aussi elle a

(1) Marey, Du mouvement dans les fonctions de la vie, p. 107.

(2) ld., ibid.

rendu service à la médecine. Pour ne pas remonter trop haut, nous rappellerons cpue Sanctorius (v. p. 62) pesait la transpiration du corps avec des balances.

Aujourd'hui la balance est mise à contribution dans l'étude delà plupart des phénomènes vivants; tout pèse, les éléments anatomiques, aussi bien que l'aliment etles substances pharmaceutiques; mais, en médecine, nous lui trouvons une des applications les plus intéressantes : connaître le poids du nouveau-né et suivre au jour le jour le développement de ses organes au moyen de la balance.

Les pesées de ce genre remontent à Chaussier et à Baudelocque. Ce dernier a pesé dans l'espace de cinq ans 7,077 enfants nouveau-nés, et il a trouvé que le poids moyen était de 3,500 grammes ou 7 livres. Les pesées les plus faibles furent de 750 grammes et les plus fortes (3 seulement) de 5,000 grammes (1).

L'établissement d'une moyenne pour le poids acquis au jour le jour est un peu plus difficile. Billard disait avec raison que les enfants présentent, sous ce rapport, des différences suivant leur constitution particulière et les maladies qui peuvent les affecter à cette époque de la vie (2). Cependant on a pu, de nos jours, donner une moyenne approximative. «En général, le poids des enfants, dit M. Bouchut, augmente de 25 à 30 grammes par jour, pendant cinq mois ; puis il n'augmente plus que de 15 à 20 grammes, et il diminue souvent à 10 grammes dans les quatre derniers mois de la première année. Cela est très-variable. 11 y a des semaines où la progression est énorme et d'autres où elle est très-faible. J'ai même vu un enfant trèsbien portant ne rien gagner du tout pendant quinze jours, puis reprendre 20 et 25 grammes par jour. Ces variations ne sont pas très-importantes, et, pourvu que l'enfant progresse d'une manière certaine, régulière, ou même un peu irrégulière, il n'y a pas à s'inquiéter (3). »

D'un autre côté, M. Blache s'exprimait ainsi au congrès médical de Genève (1877) :

Lorsqu'on 1867, mon ami le Dr Odier et moi avons présenté

(1) L'Art des accouchements, par Baudelocque, t. II. Tableau renfermant le sexe et le poids des enfants. Paris, 1807.

(2) Billard, Traité des maladies des etifants, p. 46. Paris, 1833.

(3) Bouchut, De la numération des globules du lait, p. 23. 1878,

à l'Académie de médecine de Paris notre premier mémoire sur les causes de la mortalité des nouveau-nés et les moyens d'y remédier, nous insistions sur la nécessité de pratiquer les pesées régulières et successives pour contrôler l'accroissement des enfants... Dans ce travail nous avons formulé que l'augmentation du poids d'un enfant pendant les quatre premiers mois pouvait varier de 20 à 25 grammes par jour, pour les enfants forts, regardant comme moyens enfants ceux de 3,300 grammes, etnouspensions quetoutenfant ne gagnant pas 20 grammes par jour devait être considéré comme mal nourri, malade ou sur le point de le devenir. D'autre part nous n'avions pas eu souvent l'occasion de voir des enfants dont l'accroissement régulier dépassât jamais 40 grammes.

Puis, citant deux cas qui semblent infirmer les lois de l'accroissement telles qu'il les a posées, M. Blache ajoute : « qu'il faut tenir grand compte de l'espèce à laquelle appartient le nouveau-né, et que, dorénavant, élargissant les moyennes d'accroissement, on pourra dire que l'augmentation de poids variant de 15 à 42 grammes par jour chez l'enfant, doit suivre, pendant la première année, une courbe ascendante d'après le poids initial, mais pouvant parfois se modifier par une aptitude spéciale du corps ou des tendances héréditaires. »

Les pesées, dans les maladies ou dans les convalescences, sont utiles à tout âge ; mais c'est particulièrement dans la première enfance, dans la première année, qu'elles peuvent inspirer le diagnostic, le pronostic et diriger le traitement.

MM. Odier et Blache ont fait construire une balance pour peser les nouveau-nés. C'est une balance romaine, qui peut se séparer en trois parties égales ; elle est par conséquent commode à porter, môme dans la poche. Cette balance permet d'apprécier une différence de 10 grammes.

Moufles. — La moufle est un assemblage de poulies, les unes fixes, les autres mobiles, destiné à vaincre de grandes résistances.

L'introduction de cet appareil mécanique dans la chirurgie est due à Jean-Louis Petit. On s'en servait beaucoup autrefois dans la réduction des fractures et des luxations. Bannies pendantlongtemps de la pratique chirurgicale, on les utilise de nouveau aujourd'hui en ajoutant à leur dispositif un dynamomètre destiné à faire connaître la force employée.

Locomotion. — A la pesanteur se rattachent la loi du

centre de gravité et celles qui concernent les leviers. Nous avons vu, page 375, quels avantages la physiologie avait retirés de la connaissance de ces lois dans l'explication de la mm-c/ie, du saut, du vol, de la natation, etc.

Myographe. — La forme des mouvements qui accompagnent la contraction musculaire a été décrite pour la première fois par M. Helmholtz au moyen d'un appareil dont la construction repose sur le même principe que le sphygmographe de Vierordt. Nous avons donné, page 182, la description du myographe perfectionné de M. Marey.

Dynamomètre médical. — Le dynamomètre est assez souvent utilisé en médecine à l'effet de constater l'état des

Fig. 15. — Dynamomètre médical.

forces musculaires. Celui dont nous donnons ici la représentation est constitué par une lame d'acier représentant une ellipse, et par un arc de cercle gradué dont l'aiguille se déplace sous l'influence de la pression des mains appliquées sur les extrémités du petit axe ou bien sous l'influence de la traction que l'on exerce sur les deux extrémités du grand axe.

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