POIDS SPÉCIFIQUE DES LIQUIDES
Aréomètres. — La détermination du poids spécifique des corps repose sur le principe d'Archimède : Tout corps plongé dans une masse fluide perd une partie de son poids égale au poids du fluide déplacé. On emploie à cet effet soit la balance hydrostatique, soit les aréomètres. Nous nous occuperons seulement de ces derniers qui ont un intérêt tout particulier pour le médecin. On distingue les aréomètres à volume constant et les aréomètres à volume variable ou à poids constant.
Les aréomètres à volume constant sont représentés par un cylindre creux en verre, terminé en haut par une tige plus ou moins longue qui s'épanouit en forme de coupe, et en bas par une sorte de godet destiné à recevoir le lest nécessaire à l'équilibration de l'instrument placé dans les liquides.
Ces petits appareils servent à mesurer la densité des solides ou celle des liquides. Le mécanisme de leur emploi est trèssimple.
On place sur le plateau supérieur le corps dont on cherche la densité, et on ajoute des poids marqués jusqu'à ce que l'appareil atteigne la ligne d'affleurement tracée sur la tige qui porte le plateau supérieur. Comme l'appareil a été préalablement gradué, on sait ainsi le poids du corps. Cela fait, on place
le corps dans le godet inférieur, et les poids marqués qu'il faut ajouter pour obtenir de nouveau l'affleurement indiquent le poids du volume d'eau qui a été déplacé par le corps. En conséquence, si le corps était du fer, son poids étant 20 gram. et
2er,6 le poids du volume d'eau déplacé, on a — = le poids
spécifique du fer. Tel est l'aréomètre de Nicholson.
L'aréomètre de Fahrenheit sert à chercher la densité des liquides. Dans cet appareil, tout en verre, on détermine une fois pour toutes le poids total ainsi que le poids nécessaire pour
Fig. 16. — Aréomètre à volume constant.
Fig. 17. — Aréomètre de Fahrenheit.
que l'appareil plongé dans l'eau distillée atteigne la ligne d'affleurement. Après l'avoir plongé dans le liquide dont on cherche la densité, on ajoute des poids marqués jusqu'à ce que la tige soit au point d'affleurement. La somme de ces poids, ajoutée à celle du poids même de l'aréomètre, représente le poids du volume du liquide déplacé.
Les aréomètres à poids constant ne présentent pas de plateau supérieur, et ils sont lestés et pesés une fois pour toutes. La seule chose essentielle ici est la graduation de la tige, qui varie selon que l'on ne tient compte que du volume des parties divisées, ou selon que chacune d'elles correspond à une densité déterminée.
Dans le premier, on a un volumètre; dans le second, un densimètre.
Avec les volumètres, on obtient la densité d'un liquide au
moyen de la formule cl = — ; n est le nombre marqué en J n
face de la division où affleure le niveau du liquide dont on
cherche la densité.
Avec les densimètres, l'expérience est plus facile : on n'a qu'à
Fig. 18. — Pèse-acide ou pèse-sels de Baume.
F\g. 19. — Densimètre de Rousseau.
lire le nombre qui se trouve en regard de la division qui indique l'affleurement.
Le pèse-acide ou pèse-sels de Baume présente une graduation spéciale qui a été généralement adoptée.
Densimètre de Rousseau. — Ce densimètre offre l'avantage de pouvoir donner la densité des solides et des liquides et celui particulièrement de permettre d'opérer sur de très-petites quantités de liquides.
La tige A de cet aréomètre est graduée par centièmes de centimètre, cube et est terminée supérieurement par un petit réservoir G destiné à recevoir un centimètre cube du liquide dont il faut trouver le poids spécifique. L'instrument est lesté de façon que plongé dans l'eau à H- 4° et renfermant dans le
réservoir un centimètre cube d'eau distillée, il enfonce jusqu'au zéro de l'échelle.
La densité du liquide expérimenté est déterminée par le degré d'affleurement de la tige comparé à celui d'un centimètre d'eau distillée, c'est-à-dire, à zéro degré. Comme chaque degré représente un centième de centimètre cube, le poids spécifique sera représenté par 1 + le nombre de degrés indiqué par l'affleurement de la tige.
Le tube de verre P est une pipette présentant deux traits marqués 0 et 1 qui limitent dans leur intervalle une capacité de un centimètre cube. Ce tube sert à introduire dans le réservoir G un volume de liquide égal à un centimètre cube.