II. — Pompe stomacale
« Pour la cure du volvulus, dit Valleix, on a proposé, à une époque assez éloignée de nous, à' insuffler l'intestin par l'anus ; mais on ne cite pas de cas où ce procédé mécanique ait réussi. »
Dans celui que nous allons rapporter, les signes de l'invagination s'étant manifestés, et tous les autres moyens mis en usage ayant échoué, on eut recours au procédé en question, qui fut suivi d'un résultat heureux.
Le 23 février dernier, M. Edw. Cousins fut appelé auprès d'un enfant mâle âgé de treize mois, qui, au milieu de la santé la plus parfaite, avait été pris tout à coup de vomissements, peu de temps après avoir tété avec son appétit ordinaire. Les matières vomies se compo-
442 INVAGINATION INTESTINALE.
saient d'abord du lait qui venait d'être ingéré et de panade qui avait été donnée un peu auparavant, puis d'un liquide séreux; l'enfant rejeta ensuite tout ce qu'on essaya de lui faire prendre. L'huile de ricin n'eut d'autre effet que de provoquer de nouveaux vomissements; les lavements purgatifs, après avoir déterminé une selle, restèrent sans aucun résultat, et il en fut de même de tous les moyens auxquels on essaya de recourir.
L'enfant était dans une situation qui s'aggravait de moment en moment : coliques et vomissements fréquents, demi-coma, faciès profondément altéré, froid et lividité des extrémités, pouls extrêmement rapide et très-petit.
Le toucher rectal n'avait rien fait découvrir dans la partie accessible de l'intestin. Mais on sentait dans la région de la moitié droite du côlon transverse une tumeur allongée dans le sens horizontal, tumeur qui sembla disparaître graduellement, puis se reformer et durcir sous la main, et dans le flanc correspondant, une seconde tumeur plus ferme que la précédente, ne paraissant pas se continuer avec elle, et située verticalement à deux pouces et demi au-dessus de la fosse iliaque droite.
En présence de ces symptômes, M. Cousins ayant diagnostiqué une invagination, se résolut, ne pouvant réussir par d'autres moyens, à pratiquer l'insufflation par l'anus, ce qui fut approuvé par M. Erichsen, qui arriva sur ces entrefaites. Il poussa donc de l'air dans le rectum, au moyen de la pompe stomacale, jusqu'au point d'être obligé de résister avec une certaine force pour retenir le tube dans l'anus; puis, ayant laissé échapper l'air injecté, il lui sembla que la tumeur iliaque avait éprouvé une légère modification. Après une seconde insufflation, la tumeur transversale avait disparu, et celle de la région iliaque avait subi une diminution de longueur appréciable. Pendant l'opération , l'enfant paraissait éprouver un malaise extrême et faisait des efforts pour échapper. Après un repos, l'insufflation fut répétée une troisième fois : l'air fut poussé avec beaucoup de lenteur jusqu'à ce que la distension de l'intestin fut complète, quand soudainement un coup de piston fut suivi d'un mouvement avec bruit perceptible à l'oreille, comme d'un souffle pénétrant dans l'intestin grêle, puis de la sensation pour l'opérateur, au coup de piston suivant, d'une résistance disparue. A ce moment, syncope qui fut combattue par des stimulants. Il ne restait plus alors dans le flanc droit qu'une tumeur beaucoup moins dure et n'ayant pas plus d'un demi-pouce de long, tumeur qu'une quatrième insufflation ne parvint pas à faire disparaître. Le retour de la syncope fit cesser les insufflations, et obligea de recourir encore à des stimulants. A la suite, l'état du petit malade se releva lentement; mais il ne vomit plus, et il dormit plu-
IRITIS. — KÉRATITE, ETC. U3
sieurs heures. A son réveil, il eut une selle tachée de sang, puis une seconde au milieu de la nuit; il fut ensuite tranquille, se montra très-avide de prendre le sein, et n'eut ni vomissements ni aucun symptôme de souffrance.
Le lendemain 24 février, l'enfant rendit une selle à peu près sans trace de sang, mais contenant une graine à'abrus precatorius.
Dans sa visite suivante, M. Cousins ne trouva plus aucune tumeur dans l'abdomen.
A partir de ce moment, tout symptôme sérieux disparut ; il y eut bien encore quelques coliques, un peu de sensibilité du ventre, quelques vomituritions, quelques selles dénotant un peu d'irritation intestinale ; mais sous l'influence de moyens très-simples, tout rentra rapidement dans l'ordre, et le 26 février, quatrième jour à partir du début, l'enfant pouvait être considéré comme guéri.
(British med. Journ.)
Voir le mot Clysoir anglais.
Iode (inhalations d')
Le moyen d'administrer ces inhalations est très-simple : on introduit dans un flacon à deux tubulures quelques grammes d'iode. On adapte à une des tubulures un tube de caoutchouc vulcanisé, de 60 à 80 centimètres de longueur, muni à son autre extrémité d'un embout de verre ou d'ivoire, que le malade introduit dans sa bouche, et par lequel il inspire les vapeurs iodées. L'autre tubulure doit rester débouchée pour donner accès à l'air. — Bull, de thérapeute t. XL, p. 188.
ïritis. — Kératite, etc.
Douches oculaires. — Sachets frigéfacteurs.
Les applications de glace ont été faites particulièrement dans des cas d'iritis, de kératite suraiguë, et dans les suites de cataractes opérées par extraction, ainsi que d'opérations de pupille artificielle.
Je ne sais s'il est aucun organe sur lequel l'application permanente de la glace ait une action puissante comparable à celle qui s'observe sur l'appareil de la vision,
Je suis convaincu que les inflammations les plus violentes de l'appareil oculaire peuvent être maîtrisées ou du moins rendues stationnaires par des applications de glace bien faites, c'est-à-dire soutenues sans interruption, et quelquefois pendant plusieurs semaines. — Docteur Ghassaignag. — Pathol. chir., t. I, p. 188.