MAXILLAIRE INFERIEUR (FRACTURES DE L'OS
tions, ne le cède en rien aux moyens déjà connus : il faudra se résigner à une difformité qu'on devra s'efforcer de rendre aussi faible que possible.
La légèreté de l'appareil, sa souplesse, sa rapide application, la possibilité d'imprimer quelques mouvements à la mâchoire sans le relâcher, ne sont pas les seuls avantages que nous avons reconnus à la fronde élastique.
La possibilité de placer un coussinet mobile ou adhérent au côté concave de la fronde, et de façonner pour ainsi dire le fond du godet selon la partie où l'on veut concentrer une compression spéciale, permet de remplir des indications diverses. Il serait facile, par exemple , de transporter la pression limitée jusque sur les branches de la mâchoire ou sur le bord postérieur de celle-ci, soit en inclinant les chefs verticaux par l'avancement ou le reculement de la boucle d'attache, soit par l'adjonction d'une pelote allongée et élastique à ce même chef vertical, et d'intervenir ainsi utilement dans les fractures, d'ailleurs si rares, du col du condyle.
Nous ferons remarquer enfin que nul appareil, parmi ceux qui prennent un point d'appui sur la tête, ne se prête mieux par sa simplicité et par sa disposition générale, notamment par la découpure en lanières de la calotte, aux pansements locaux que peuvent exiger les complications éventuelles.
La différence fondamentale qui existe entre la fronde à chefs élastiques et la fronde ou le chevestre ordinaire, consiste moins cependant dans tous les avantages que nous venons d'énumérer que dans son mode d'action, nous dirions presque même dans son mécanisme physiologique.
En raison de l'élasticité des chefs, cet appareil tend effectivement à imiter le mécanisme de l'action musculaire , et substitue une force modifiable à volonté à la force permanente des appareils fixes, laquelle est incompatible avec l'exercice des fonctions importantes de nutrition ou de relation auxquelles concourt l'os maxillaire. La fronde à chefs élastiques, en ramenant la mâchoire inférieure contre la supérieure, en exerçant, suivant les cas, des pressions limitées, reproduit, pour ainsi dire, l'action musculaire, en la régularisant; elle se substitue, spécialement à l'action des muscles élévateurs qu'elle soulage et dont elle modère la contraction, en empêchant la douleur. Cette action est calculée de manière à vaincre simplement la résistance tonique des muscles abaisseurs, mais ceux-ci peuvent, par un accroissement momentané de contraction, abaisser l'os, permettre le rapide exercice d'une fonction et restituer à la mâchoire son état primitif, sous l'influence de l'élasticité des pièces, sans que l'application régulière et la solidité de la fronde en aient souffert.