ULCÈRES
D'autres phénomènes graves de la maladie, somnolence, délire tranquille, surdité, paraissent aussi heureusement modifiés par ces applications répétées de ventouses.
Le nombre de ces ventouses sèches a varié dans les vingt- quatre heures de 20 à 80, réparties en deux fois, moitié le matin, moitié le soir. Cette application du soir est nécessaire pour s'opposer au retour de la congestion détournée un moment par la dérivation déjà exercée le matin.
Sous l'influence .de ces ventouses on observe souvent de trèslarges ecchymoses aux lieux où elles sont apposées. Ces ecchymoses n'ont jamais été suivies d'accidents.
La modification des accidents thoraciques est rapide; les râles diminuent dans la poitrine, l'oppression est sensiblement moindre, ainsi que le coma et le délire; enfin, tous les phénomènes qui annoncent l'approche de l'asphyxie s'éloignent de jour en jour.
Nous devons recommander aux médecins un traitement aussi simple et aussi inoffensif pour les malades, alors surtout que la médecine est si désarmée contre les accidents thoraciques de la fièvre typhoïde.
Les ventouses en caoutchouc vulcanisé, se recommandent par la facilité de leur application. (Voir le mot Ventouses.)
Ulcères.
Irrigateur à main. — Pyxide. — Projecteur à main.
Les ulcères en général, les ulcères syphilitiques en particulier, ont des bords anfractueux, plus ou moins découpés à vif, et dans lesquels les lavages à l'aide d'une éponge et les pansements à l'aide de poudres médicamenteuses ne pénètrent qu'imparfaitement.
L'irrigateur à main (voir ce mot), au moyen duquel on gradue à volonté la force de propulsion de l'eau par la pression plus ou moins vive de la main sur l'ovoïde, balaie ces ulcères jusques dans leurs anfractuosités les plus profondes et les plus inaccessibles au toucher.
Lorsque l'ablution est parfaite, on charge la pyxide ou le projecteur à main, (voir ces mots) de poudres médicamenteuses (poudre de charbon, de quinquina, etc.) qui s'insinuent, dans ces mêmes anfractuosités, avec la même perfection.
URÉTHRALES (BOUGIES). — URÉTHRALES (HÉMORRHAGIES). 293
Uréthrales (bougies).
(Galante.) Rétrécissements de l'urèthre.
Mêmes propriétés que les sondes en caoutchouc vulcanisé. (Voir ce mot.)
Les bougies uréthrales commencent au numéro 6, Filière Galante. Lorsque l'urèthre est le siège d'un rétrécissement considérable qui ne permet pas le passage de ce numéro, il faut recourir aux sondes plus fines de gomme élastique. Ces cas se présentent rarement.
Uréthrales (hémorrhagies).
ILa sonde en caoutchouc.
La sonde à renflement.
La pelote à tamponnement.
Compression par les sondes.
La compression est surtout applicable aux hémorrhagies de la région pénienne qui sont les plus fréquentes.
Dans le cas où l'hémorrhagie serait fournie par une partie plus reculée de l'urèthre, nul doute que l'introduction à demeure d'une sonde volumineuse dans le canal n'ait pour résultat d'arrêter l'écoulement sanguin, surtout si on en aidait l'action par une compression un peu exercée sur le périnée.
Pour établir la compression de la portion pénienne de la verge, on introduit une sonde dans l'urèthre et on applique une bande ou un anneau de caoutchouc autour de la verge.
Si quelques auteurs ont rejeté la compression exercée sur la verge ou sur le périnée, dans les cas d'hémorrhagies uréthrales, c'est qu'ils se sont préoccupés de la possibilité de voir le sang refluer de l'urèthre clans la vessie, et venir s'accumuler dans cette cavité où sa présence pourrait être fâcheuse.
Mais Guthrie, Broclie, Everard Home, qui ont fait cette grave objection à la compression, ne l'ont faite qu'à la ^"compression exercée de dehors en dedans.
La compression paraît donc un moyen de premier ordre dans le traitement de l'hémorrhagie uréthrale. {Bulletin général de thérapeutique, vol. XXXIX, p. 67.)
294 URÉTHRALES ^HÉMORRHAGIES).
Les sondes en caoutchouc vulcanisé, dont les avantages ont été détaillés (voir le mot Sondes), doivent aussi être employées dans ce cas, de préférence à toute autre, à cause de la facilité de leur introduction sans mandrin, à cause de leur élasticité qui permettra d'exercer avec le compresseur externe (bande, anneau, etc.) une compression moins douloureuse, quoique plus énergique.
L'emploi de la sonde à renflement (voir ce mot) est surtout indiqué dans les cas d'hémorrhagies uréthrales profondes.
Compression par la pelote à tamponnement.
Tout le monde connaît aujourd'hui les ingénieux appareils en caoutchouc vulcanisé de îvl. le docteur Gariel. Déjà plusieurs chirurgiens ont eu occasion d'en faire l'essai, et n'ont eu qu'à se louer de leurs bons effets.
Mais si, pour les hémorrhagies qui proviennent des cavités accessibles aux moyens de compression ou de tamponnement ordinaires, telles que les hémorrhagies nasales ou utérines, les vessies en caoutchouc de M. le docteur Gariel ne constituent en somme qu'un agent de compression de plus à ajouter à ceux que l'art possède déjà, il n'en est pas de même pour certains cas d'hémorrhagie se frayant une voie à travers des canaux étroits ou anfractueux, inaccessibles aux moyens actuellement en usage.
Ici les appareils de M. le docteur Gariel montrent toute leur utilité en remplissant une indication qu'aucun autre moyen ne pourrait remplir.
C'est pour un cas de cette nature que M. le docteur J. Roux vient de faire connaître l'heureuse application qu'il a faite récemment de l'un de ces petits appareils dans un cas d'hémorrhagie consécutive à un débridement du canal de l'urèthre pratiqué pour un abcès péri-prostatique ouvert dans ce canal.
Un condamné du bagne de Toulon avait été admis à l'hôpital pour une dysurie accompagnée de douleurs vives et profondes dans le canal de l'urèthre. Après plusieurs tentatives infructueuses de cathétérisme, M. Roux ayant constaté l'existence d'un vaste foyer purulent, situé entre les aponévroses moyenne du périnée et supérieure du bassin, autour de la prostate, du rectum, et communiquant avec le canal de l'urèthre, jugea nécessaire d'attaquer cet abcès par le périnée.
Il pratiqua, en conséquence, l'opération de la boutonnière.
L'incision donna issue à une quantité considérable de pus fétide mêlé de sang, et cet écoulement fit bientôt place à une véritable hémorrhagie qu'il devint urgent d'arrêter.
URÊTHRE (NÉVRALGIES DE L'). 29
M. Roux introduisit, à cet effet, dans la vaste caverne périnéale, et à l'aide de l'indicateur seulement, une pelote à tamponnement en caoutchouc vulcanisé.
L'insufflation pratiquée à l'extrémité de son tube distendit instantanément cet appareil.
M. Roux fit alors un nœud à l'extrémité du tube; puis exerçant une traction sur celui-ci, il fit un second nœud près du périnée, en étreignant un bourdonnet de charpie.
Le tube, alors abandonné à lui-même, maintint contre la plaie périnéale le bourdonnet, dont la périphérie fut même engagée dans l'incision.
L'hémorrhagie s'arrêta, et pas une seule goutte de sang ne franchit le bourdonnet, qui ne fut même pas teint par ce liquide.
Cinq heures après ce tamponnement, le malade était vivement sollicité à uriner, et comme il avait été impossible d'introduire une sonde dans la vessie, à cause de la difficulté de retrouver l' arrière-portion du canal de Furèthre, on fut dans l'obligation de suspendre le tamponnement pour permettre au malade d'uriner.
Pour cela, il suffit de desserrer les nœuds faits sur le tube de la vessie en caoutchouc; l'air s'échappa, et, sans retirer l'appareil, l'excrétion urinaire put avoir lieu à la fois par la plaie et par le canal de Furèthre.
L'insufflation distendit aussitôt la vessie en caoutchouc, et le tamponnement fut ainsi facilement continué.
Le lendemain, l'appareil put être enlevé ; l'hémorrhagie avait cessé complètement. {Union médicale, juillet 1830.)
Urèthro (névralgies de Y).
Dans quelques cas de névralgies de Furèthre , on a conseillé de diminuer la sensibilité de cet organe en passant, de temps en temps, une sonde qu'on laisse en place plus ou moins longtemps.
Les sondes en caoutchouc vulcanisé (voir ce mot) sont particulièrement indiquées dans ce cas, à cause de la facilité de leur introduction.
On obtient un effet encore plus certain et plus énergique en se servant d'une sonde à renflement. Cette sonde, introduite vide d'air , est insufflée seulement après que son extrémité est parvenue dans la vessie. Une traction plus ou moins forte sur l'instrument détermine de dedans en dehors une compression du col vésical qu'on peut graduer à volonté. — Docteur Gariel. Voir le mot Sondes àrenflement. {Mémoire cité.)
296 URÊTHRE (PLAIES DE L1). — URÉTHROPLASTIE.
Urèthre (plaies de Y).
La première indication lorsqu'on est appelé auprès d'un malade affecté d'une plaie de l' urèthre, est d'introduire une sonde dans la vessie, clans le double but de prévenir l'infiltration urineuse et de diriger convenablement le travail de cicatrisation de l'urèthre.
La sonde doit être appliquée à demeure ; car, dans les cas de plaie de l'urèthre, quand on a le bonheur de faire pénétrer une sonde dans la vessie, ce qui arrive rarement du premier coup, il ne faut pas s'exposer à faire le lendemain de nouvelles tentatives de cathétérisme qu'on n'est pas sûr de pouvoir mener à bonne fin.
Les Sondes urélhrales en caoutchouc vulcanisé (voir ce mot) présentent des avantages incontestables sur les sondes ordinaires, surtout lorsqu'elles doivent être laissées à demeure.
Urèthre (rétrécissements de 1').
Sondes en caoutchouc vulcanisé. — Voir ce mot.
Uréthroplastie.
Toutes les fois qu'un insuccès a été signalé à la suite d'une opération d'uréthroplastie, toujours on a mentionné que la réunion avait manqué, parce que les parties opérées avaient été baignées par l'urine. Peut-être cette cause n'est-elle pas la seule; mais elle est assez importante pour qu'on doive toujours s'en occuper. Or que propose-t-on généralement pour obvier aux inconvénients que l'urine peut occasionner? De mettre une sonde à demeure dans l'urèthre. Mais les sondes peuvent-elles réellement et efficacement vider la vessie, de manière à empêcher l'urine de s'échapper en s'insinuant entre leurs parois et celles de l'urèthre ? Nullement. Quelque précaution que l'on prenne, l'urine finit toujours par s'infiltrer entre les parois de la sonde et celles du canal. Le calibre des sondes, quel qu'il soit, ne peut remédier à cet inconvénient; si les sondes sont trop volumineuses, elles distendent les parties opérées et peuvent nuire à la réunion.
Les sondes ont encore un autre inconvénient, on est obligé de les remplacer souvent, soit qu'elles se brisent, soit que leurs parois