VESSIE (NÉVRALGIES DU COL DE LA
Vessie (névralgies du col de la).
Voir le mot Urèthre (névralgies de V).
Vessie (paralysie de la).
De quelque cause que provienne la paralysie de la vessie, la première indication est de vider cet organe.
Si le cathétérisme est facilement exécuté, si, en un mot, il n'y a dans l'urèthre ni obstacle ni fausse route, cette opération pourra être répétée deux fois par jour, au moyen de la sonde de caoutchouc vulcanisé. (Voyez le mot Sonde.)
Si, au contraire, le cathétérisme présente quelques difficultés, il sera préférable d'installer la sonde à demeure. Les observations recueillies par M. le docteur Notta, chirurgien de l'hôpital civil de Lisieux, prouvent jusqu'à l'évidence les avantages et l'innocuité de cet instrument. — Docteur Gariel. (Mémoire cité.)
Vomissements rebelles.
Œsophagienne (sonde).
M. le professeur Trousseau rapporte l'observation suivante :
Une jeune femme souffrait, depuis cinq ans, d'une intolérance de l'estomac, telle que les liquides même étaient souvent rejetés aussitôt après leur ingestion.
Dépérissement, malgré tous les traitements : eaux minérales ferrugineuses, sangsues, ventouses scarifiées, révulsifs à l'épigastre, alcalins, bismuth, opium, etc., la malade était arrivée au dernier degré de marasme.
M. Trousseau conseille le cathétérisme œsophagien; arrivée à quelques travers de doigt de l'orifice cardiaque, l'extrémité de la sonde butta contre un obstacle ; mais une impulsion modérée le fit franchir.
A la suite de cette première tentative, la malade put conserver une tasse de café au lait avec du pain, ce qui ne s'était pas produit depuis cinq ans.
Au bout d'un mois, la guérison était complète, M. Trousseau ajoute que ces faits ne sont pas rares. (Revue médicale, avril 1858.)
Voussure de la colonne vertébrale.
Docteur Barthez, médecin de l'hôpital Sainte-Eugénie (Enfants-Malades).
Cet appareil, de la plus grande simplicité, se compose d'une planchette qui doit être appliquée au niveau de la voussure : aux extrémités de cette planchette sont deux ouvertures destinées à donner passage aux cordons élastiques dans lesquels les épaules sont engagées. Les variations d'élasticité qu'éprouvent ces cordons dans les différents mouvements du corps rendent très- supportable l'action énergique de cet appareil.
On peut augmenter la compression sur un point déterminé de la partie qui est en contact avec la planchette, en fixant au niveau de ce point une pelote à air que l'on insuffle à volonté.
Vuli7e (contracture spasmodique de la).
§ I. Cataplasmes vaginaux, procédé de M. le docteur Caradec, médecin de
l'hôpital civil de Brest.
§ II. Sachets remplis de glace, procédé de M. le docteur Bouchard, médecin de
l'Hôtel-Dieu de Saumur.
§ III. Dilatation intermittente, procédé de M. le docteur Bourguct (d'Aix).
§ I. — Cataplasmes vaginaux, procédé de M. le docteur Caradec.
L'application des cataplasmes vaginaux se fait au moyen d'une poire en caoutchouc à l'intérieur de laquelle on verse la bouillie de fécule de pommes de terre, ou de farine de lin, ou de riz. On visse ensuite la canule que l'on a coiffée d'un morceau de gaze trèsclaire. Cette partie de l'instrument enduite d'un corps gras est introduite dans le vagin, et enfoncée jusqu'à ce que l'extrémité de la canule rencontre une résistance déterminée par le contact du col de l'utérus. Arrivé là, on retire l'instrument clans l'étendue d'un nouce ; les parois du vagin, par la pression qu'elles exercent sur la gaze, maintiennent le sachet en place, et créent ainsi un vide dans lequel vient se placer la bouillie du cataplasme, dès qu'on presse la poire en caoutchouc. Au fur et à mesure qu'on presse ainsi sur la poire, le sachet s'emplit et on retire peu à peu l'instrument. L'opération terminée, on jette une ligature sur l'extrémité du sachet afin d'empêcher la sortie du cataplasme, et ce fil, qu'on laisse pendre
au dehors de la vulve, sert à changer l'objet du pansement aussi souvent qu'il est nécessaire. — Docteur Horteloup.
Jusqu'ici l'introduction d'un cataplasme dans le vagin, de manière à le remplir complètement, était une opération délicate, dont le chirurgien seul pouvait se charger. Grâce à la poire en caoutchouc cette pratique devient tellement simple, qu'on pourra désormais en abandonner le soin aux malades et les cataplasmes vaginaux reprendront la place qui leur est due dans la thérapeutique des maladies des femmes.
« Les sachets vaginaux, dit M. Caradec, sont en même temps un « corps dilatant par leur volume, et un agent de résolution parleur « composition. »
§ II. — Sachets remplis de glace, procédé de M. le docteur Bouchard.
La glace est brisée par petits morceaux, et introduite clans une petite vessie en caoutchouc vulcanisé (voir le mot Sachets), qu'on place entre les grandes lèvres ; la glace doit être renouvelée aussitôt que besoin sera.
M. le docteur Bouchard recommande deprescrire en même temps un demi-bain froid matin et soir, et un quart de lavement à la glace aussi matin et soir.
Chez une malade atteinte depuis trois ans et demi cle contracture spasmodique sans fissure ui lésion appréciables, ce traitement a été continué pendant sept jours, à l'exception des demi-bains qui ont été presque immédiatement interrompus, parce qu'ils ennuyaient la malade et lui faisaient du mal, disait-elle.
Au bout de sept jours, le spéculum bivalve fut introduit sans difficulté et sans douleur.
Selon M. le docteur Bouchard, le traitement par les réfrigérants doit toujours être employé avant cle se décider à une opération sanglante.
§ III. — Dilatation intermittente, procédé de M. le docteur Bout guet,
d'Aix.
La dilatation intermittente s'obtient au moyen des pelotes à tamponnement vaginal.
La pelote est enduite de glycérine, et introduite roulée sur ellemême, clans l'ouverture vulvaire; lorsqu'elle a pénétré à moitié, on l'insuffle à l'aide d'un insufflateur. — Comme le caoutchouc prête autant qu'on le veut, pour ainsi dire, on peut faire subir à l'anneau vulvaire un grand degré de distension. On se laisse guider à cet égard par la rigidité des parties et la sensibilité de la malade.
Du reste, mieux vaut répéter cette pratique deux fois par jour, que d'exercer un trop grand traumatisme sur les tissus. — Bain froid après chaque séance.
Lorsqu'il importe de terminer rapidement le traitement, dès que l'anneau vulvaire est assez dilaté pour recevoir le petit doigt, on peut faire pénétrer toute l'ampoule dans le vagin et l'insuffler, en lui faisant subir, peu à peu, le degré de dilatation le plus considérable que l'instrument puisse subir sans se rompre et que la femme puisse supporter sans excès de douleur. En tirant alors sur le tube de l'ampoule, on opérera une sorte d'accouchement artificiel. On comprend que de telles manœuvres n'auront pas besoin d'être exercées un long temps pour triompher de la résistance du spasme musculaire.
Si l'on s'en rapporte aux observations déjà nombreuses publiées par MM. les docteurs Bourgnet, d'Aix, Michon et Debout, peu de cas semblent devoir résister à la dilatation intermittente, pratiquée ainsi qu'il vient d'être dit.
« J'avais craint tout d'abord, dit M. le docteur Bourguet, que le .« contact d'un corps étranger sur la muqueuse vaginale n'augmen- « tât la rougeur et la sensibilité dont elle était le siège ; il n'en a « rien été. Il est vrai qu'il a été fait deux cautérisations avec le ni- « trate d'argent et que cinq à six bains généraux ont été pris ; mais « je ne vois pas que ces moyens, tout utiles qu'ils aient été, aient pu « déterminer la guérison à eux seuls, non plus que la dilatation « forcée pratiquée le premier jour, et je reste convaincu que la dia latation permanente progressive a eu dans ce cas les honneurs de « la guérison. »
M. le docteur Bourguet, rapporte dans son mémoire l'observation d'une femme affectée depuis dix-sept ans de contracture spasmodique de la vulve traitée sans succès par la dilatation forcée suivant la méthode de Récamier, par les cautérisations avec le crayon de nitrate d'argent, et qui fut guérie au bout de huit jours.
« On ne doit faire aucune espèce de rapprochement, dit M. De- « bout, entre la dilatation intermittente au moyen des pelotes en « caoutchouc vulcanisé et la dilatation permanente au moyen des « mèches de charpie et de l'éponge préparée dont tous les chirur- « giens s'accordent à signaler l'inefficacité et qui cause aux malades a des douleurs intolérables. Nous ferons remarquer d'ailleurs que « la puissance de distension des ampoules de caoutchouc est « bien autrement grande que celle du coton et de l'éponge, et que « l'intermittence dans leur action permet aux femmes d'en sup- « porter l'action sans trop souffrir. Aussi, les malades soumises à « ce traitement ne sont jamais condamnées à garder le lit, et peu- « vent vaquer à leurs occupations habituelles. »
M. le docteur Debout estime que, quoi que la contracture spasmodique de la vulve puisse être emportée de haute lutte par une opération sanglante (1), on doit toujours commencer le traitement par la dilatation intermittente au moyen des pelotes en caoutchouc vulcanisé. La rapidité, l'énergie, l'intermittence d'action en font un mode de traitement inoffensif et très-efficace.
M. le docteur Michon partage l'opinion de M. le docteur Debout. « Je trouve fort ingénieux, dit-il, l'emploi des pelotes en caout- « ehouc vulcanisé dans le traitement de la contracture spasmodique « de la vulve. »
(i) Les malades, d'ailleurs, n'acceptent pas toujours cette ressource extrême, témoin le cas cité par M. le docteur Hervé de Chégoin.
« Une jeune femme, qui avait une fissure a la partie supérieure latérale droite de l'en- « trée du vagin, recula pendant trois ans devant l'opération que je lui proposais (l'incision « du sphincter vaginal), lutta non moins longtemps contre la douleur épouvantable dont « chaque rapprochement était la cause immanquable. Retenue par la crainte de l'opération, « et succombant toujours à un entraînement excité encore par les circonstances particu- « lières dans lesquelles elle se trouvait, cette femme tomba dans une profonde mélancolie « et finit par se donner la mort. »
Cette femme n'eût pas attenté "a ses jours, si on lui avait proposé un mode de traitement moins effrayant. {Union mêd., t. I, p. 228.)
Acide carbonique.
Dans un mémoire présenté à l'Académie des sciences en 1859, M. le docteur Demarquay a démontré que, tandis que l'oxygène, mis chaque jour au contact des tendons divisés, retarde d'une manière très-sensible la réparation des plaies sous-entanées, tandis que l'azote est complètement dépourvu d'action, l'acide carbonique, au contraire, active d'une manière merveilleuse la réparation des tendons divisés.
« Ce fait une fois bien constaté, il était naturel d'espérer que l'acide carbonique, mis au contact d'une plaie des téguments exposée au contact de l'air, agirait de la même manière, c'est-à-dire qu'il en hâterait considérablement la cicatrisation, si on parvenait à le maintenir pendant un temps convenable au contact de la plaie qu'il s'agissait de modifier. Pour atteindre ce but, nous avons fait construire des appareils en caoutchouc, de diverses formes et de diverses longueurs, des manchons emboîtant soit la jambe ou l'avant-bras, soit même un membre presque entier.
« Puis avec un appareil gazogène très-simple et spécial, on fait arriver l'acide carbonique dans le manchon de caoutchouc.
« Tantôt on se contente d'une application dans les vingt-quatre heures, tantôt le gaz est renouvelé toutes les six ou huit heures, suivant les indications à remplir.
« Grâce à ces manchons, nous avons pu maintenir pendant quatre et six heures, et même plus, des membres affectés de plaies en contact avec l'acide carbonique.
« Nos appareils sont d'une application tellement facile, que ce nouveau mode de traitement des plaies par l'acide carbonique peut être confié à toute personne intelligente. Lorsque le manchon qui doit contenir l'acide carbonique est appliqué, une large bandelette de diachylon est placée sur le bord du manchon, afin de prévenir la perte du gaz. Il importe que la compression ne soit pas assez forte pour gêner la circulation du membre, il faut donc avoir des appareils proportionnés au volume des parties sur lesquelles on fait ces applications.
«L'excitation que produit l'acide carbonique sur les plaies indique que cet agent ne doit être appliqué qu'aux plaies anciennes,
atoniques, rebelles, et non pas aux plaies récentes, pour la cicatrisation desquelles la nature fait tous les frais.
« Sous l'influence de l'acide carbonique, les plaies se détergent et prennent une teinte rosée; leurs bords s'affaissent, et, dans un espace de temps très-court, une pellicule cicatricielle se forme sur lé pourtour de la plaie, en même temps qu'apparaissent sur certains points de la surface des îlots de cicatrisation, qui marchant du centre à la périphérie, viennent s'unir sur les bords.
« Plusieurs malades atteints d'ulcères gangreneux, de plaies diphthéritiques ou de mauvaise nature, ayant résisté à des traitements antérieurs, ont été traités par nous, dans le service chirurgical de la maison municipale de santé, et ont guéri avec une rapidité remarquable.
« Dans tous les cas d'ulcères cancéreux que nous avons traités par l'acide carbonique, nous avons obtenu, comme effet immédiat, une action détersive des plus rapides, au point que, le lendemain même de la première application, l'aspect de la plaie était profondément modifié ; la suppuration devenait moins abondante et moins fétide, et, au bout de quelques séances, la mauvaise odeur avait tout à fait disparu ; la douleur a été calmée souvent aussi dès le début et presque instantanément, d'autres fois un peu plus tard, mais tou-
jours il y a eu soulagement évident. Nous avons vu plusieurs cancers ulcérés, arrêtés dans leur marche envahissante grâce à l'acide carbonique, commencer à se cicatriser, quelquefois dans une grande étendue et de façon à faire croire à une guérison apparente.
« Dans certains cas de phlegmons diffus très-douloureux, on a procuré un soulagement considérable aux malades en plaçant leurs membres dans une atmosphère d'acide carbonique.
« Une des applications les plus heureuses de l'acide carbonique est l'emploi qu'on en a fait dans le traitement de certains cas de cystite et de névralgie vésicale. — Dans ces cas, l'acide carbonique agit à la façon d'un sédatif, mais d'un sédatif tout à fait spécial.
« Quant au mode d'administration des douches vésicales, on peut
se servir de petites vessies en caoutchouc de la capacité de 30 à 40 centi litres, remplies de gaz, qu'on fait passer dans le réservoir urinaire au moyen d'une sonde simple ou d'une sonde à double courant.
« Quand on pratique des injections vésicales, il faut avoir soin de laisser le gaz en contact avec la vessie quelques instants, d'abord quelques secondes, s'il y a un état d'irritation considérable, puis une ou deux minutes ; enfin on arrive à le faire séjourner dans la vessie jusqu'à ce qu'il soit complètement résorbé. — On renouvelle les injections deux ou trois fois par jour.
« Les douches gazeuses réussissent
pour combattre l'aménorrhée et les douleurs qui précèdent l'évacuation menstruelle.
« Parmi les autres affections utérines qui ont été heureusement modifiées par les douches d'acide carbonique, nous citerons d'abord les engorgements et les ulcérations simples du col, avec ou sans déviation organique , les névralgies du vagin et de l'utérus, ainsi que les différentes espèces de métrite.
« L'administration des douches utérines se fait au moyen soit
de l'appareil de Fordos , soit de l'appareil Mondollot, auquel ou
adapte le tube à ajustage qui setrouve dans l'appareil de Fordos. »
Oxygène.
M. Limousin, pharmacien, qui s'est beaucoup occupé de la pré-
paration de l'oxygène depuis que la médecine pneumatique a été répandue à Paris, a construit un appareil ingénieux et commode pour préparer ce gaz en grandes quantités par le chlorate de potasse, et pour le doser.
Cet appareil a l'avantage de pouvoir être installé assez économiquement dans toutes les pharmacies. — On en trouvera la description détaillée dans le Journal des connaissances médicales, le Bulletin de thérapeutique et l'Union médicale.
De l'administration du gaz oxygène.
« Le ballon qui contient le gaz au moment de sa préparation ne constitue pas l'appareil inhalateur proprement dit : il n'en est que le réservoir. Cet appareil, que M. Galante a très-ingénieusement construit sur mes indications, est figuré ci-dessous. C'est un réservoir en caoutchouc A, ayant sensiblement la forme d'un petit tonneau quand il est gonflé. La partie supérieure et l'inférieure sont des disques solides et résistants qui viennent s'appliquer l'un contre l'autre quand il est vide. Il porte à sa partie supérieure un tube f, muni d'une embouchure c pour respirer et d'un robinet e. — A sa partie inférieure se trouve un tube rf, muni d'un 'robinet b, qui s'adapte exactement à celui a d'un ballon rempli de gaz. Les deux robinets étant réunis et ouverts, si l'appareil A est vide et replié sur lui-même, il suffit d'exercer une légère pression sur le ballon pour chasser le gaz et le faire pénétrer dans l'inhalateur, dont on a eu soin de fermer le robinet e.
« Yoici maintenant comment se font les inhalations. L'appareil A étant séparé du ballon, le malade adapte à sa bouche l'entonnoir c, et le robinet e étant ouvert, il se livre à de profondes inspirations. A chaque effort inspiratoire, on voit le récipient A se dégonfler, et on juge ainsi de la quantité d'oxygène inhalé. — Pour empêcher les produits de l'expiration de rentrer dans l'appareil, on serre les lèvres et on expire par le nez ; mais il est plus sûr de comprimer entre le pouce et l'index le tube en caoutchouc près de l'embouchure au moment de l'expiration.
« L'addition d'un flacon laveur qui, à la manière d'un narghilé, lave et rafraîchit le gaz, retient au fond de l'eau ce qui peut rester de poussière du talc et du soufre dont on s'est servi pour la vulcanisation du caoutchouc.
«Cette modification offre, en outre, l'avantage de pouvoir joindre à l'action de l'oxygène l'action spéciale de certains corps qu'on dissout ou qu'on suspend dans l'eau qui sert au lavage, comme le goudron, le chloroforme, l'iode, l'acide phénique, etc. »,
Action thérapeutique de l'oxygène.
L'oxygène peut rendre de très-grands services dans le traitement de l'anémie et de la dyspepsie liée à l'anémie.
Dans l'asthme, sur 22 malades soumis aux inhalations d'oxygène, 10 ont été guéris, 9 soulagés, 3 ont été complètement réfrac taires.
Dans la phthisie pulmonaire, sur 9 malades soumis d'une manière un peu suivie aux inhalations d'oxygène, M. Hervé de Lavaur a obtenu trois succès remarquables.
1er malade. — Phthisique de vieille date, ayant des cavernes énormes. — Expectoration abondante, fièvre le soir, toux fréquente, dyspnée, inappétence complète. — Le malade a repris de l'embonpoint, se livre à ses occupations habituelles, et va aussi bien que possible. — 2e mala.de. — Râles crépitants dans presque toute l'étendue des deux poumons, craquements aux deux sommets, toux fréquente, expectoration abondante, dyspnée terrible qui le forçait à passer la plus grande partie de ses nuits dans son fauteuil. — Le malade s'est rétabli, a pu vaquer à toutes ses affaires, et dit ne s'être jamais mieux porté. — 3e malade. — Tubercules au sommet des deux poumons. — Palpitations violentes, dyspnée qui ne permettait pas le moindre exercice. — Au bout de trois semaines de traitement, l'appétit revient ainsi que les forces, — le malade peut faire de très-longues promenades sans éprouver ni dyspnée, ni fatigue.
L'oxygène, dans un cas de dilatation bronchique a notablement modifié l'état général.
« Une jeune femme présentant des engorgements ganglionnaires dans l'aisselle, le cou, le long de la trachée et probablement des bronches, entrée dans mon service pour y subir la trachéotomie, a vu son état s'améliorer promptement sous l'influence de l'oxygène ; elle est sortie, de mon service non guérie, mais dans un état tel qu'il lui a été possible d'aller et de venir, de vaquer à ses occupations.— Même amélioration chez une autre malade atteinte d'engorgement tuberculeux du cou et menacée d'asphyxie par la compression des voies respiratoires.
« Il était naturel d'essayer les inhalations d'oxygène à la suite de la trachéotomie faite dans les cas de croup ; premièrement pour ranimer le malade, et secondement pour modifier le sang lui-même. Dans un cas où un vésicatoire s'était recouvert d'une couenne diphthéritique et où l'enfant était pâle, ne voulant prendre aucune nourriture, des inhalations d'oxygène nous ont paru avoir été trèsavantageuses pour l'enfant qui a très-bien guéri.
« Mon ami le docteur Folley a employé avec succès l'oxygène dans le cours d'une fièvre thypoïde : ou comprend que l'action de cet agent sur le sang puisse rendre de grands services : dans certains cas on pourra modifier les congestions et combattre la pneumatose gastro-intestinale; de plus, l'oxygène modifiera l'intoxication du sang. — Prenant en considération tout le parti que les médecins anglais du dernier siècle ont cherché à tirer de l'administration de l'acide carbonique, peut-être pourra-t-on, par la combinaison des deux gaz, imprimer à cette maladie une marche meilleure.
« Le sang étant le modérateur du système nerveux, il était juste d'essayer de calmer certains troubles de ce système, en introduisant
dans le sang une plus grande quantité d'oxygène. — Beddoës rapporte qu'une jeune femme, affectée depuis longtemps d'une céphalalgie opiniâtre, qui avait profondément altéré sa santé et épuisé ses forces, fut promptement guérie par l'emploi de l'oxygène à la dose de 26 litres par jour. Hill cite aussi le fait d'une demoiselle chez laquelle des douleurs névralgiques de la face qui avaient résisté à toute espèce de traitement, cédèrent promptement à l'emploi de l'oxygène.
« Je suis convaincu que clans la migraine ce moyen pourra rendre des services, surtout chez les femmes plus ou moins chloro-anémiques.
« Bien d'autres affections ont été traitées par l'oxygène ; mais n'ayant à cet égard aucune expérience personnelle, je laisse à de plus compétents que moi le soin de poursuivre ces études. Mon but sera atteint, si je suis parvenu à attirer l'attention sur certaines affections médicales dans le traitement desquelles l'oxygène a été certainement efficace, à un degré plus ou moins marqué. »
Applications à la chirurgie.
Application locale de l'oxygène.
« L'application de l'oxygène sur un membre sain ou malade ne présente pas plus de difficultés que l'inhalation de ce même agent, grâce surtout au zèle et à l'intelligence déployés par M. Galante, pour la fabrication des appareils servant à l'administration et à l'application des gaz. Nous avons construit, à cet effet, des manchons en caoutchouc vulcanisé, dans lesquels nous mettons le membre ; des bandelettes de diachylon fixent très-exactement l'orifice supérieur du manchon au membre sur lequel on veut opérer; un tube spécial fait communiquer l'intérieur du manchon avec l'air extérieur, et sert ày faire pénétrer l'oxygène. (Voir la figure, p. 330.)
a Au point de vue des plaies atoniques, l'oxigène, moins que l'acide carbonique, y provoque un travail d'excitation, non douloureux, qui peut être salutaire. Il y a deux ans environ, nous avons donné des soins à un étudiant en droit qui avait un vaste ulcère syphilitique, ayant envahi tout un mollet; un traitement bien fait et continué pendant longtemps n'avait rien amené ; le même traitement secondé par l'action de l'oxygène appliqué localement, amena promptement une détersion de la plaie qui cessa bientôt d'avoir un aspect grisâtre ; ses bords s'affaissèrent et le jeune homme guérit.
« Les inhalations d'oxygène modifient d'une façon aussi heureuse les ulcères scrofuleux, même très-anciens, les ulcères phagédéniques et serpîgineux.
(c Le résultatle plus frappant des applications d'oxygène, dans la gangrène sénile, est :
« 1°La cessation des douleurs; 2° l'excitation de la circulation capillaire; 3° la décoloration du membre qui perd rapidement sa coloration violacée; 4° enfin l'élimination des eschares et la guérison. Néanmoins ce résultat n'est obtenu que lorsqu'il y a conservation des battements artériels dans le membre affecté de gangrène.
« Depuis que j'ai introduit l'oxygène dans mon service, j'ai été plusieurs fois assez heureux pour ranimer des malades épuisés par la souffrance ou une longue suppuration ; dans ces cas, l'anémie et la dyspepsie sont souvent difficiles à vaincre, et si on vient à opérer de malheureux malades dans ces conditions, on a grande chance de les perdre. Que de fois, après avoir pratiqué des opérations souvent peu graves, avons-nous le chagrin de voir succomber nos pauvres opérés, dans l'impossibilité où nous sommes de les revivifier, de donner une stimulation nouvelle au système nerveux, et de faire renaître en eux le besoin d'une réparation. — Eh bien! si dans ces cas, on fait respirer au malade, matin et soir, 15 à 20 litres d'oxygène, on arrivera souvent à ranimer les forces de l'opéré, à exciter en lui l'appétit, et bientôt, on verra entrer en convalescence celui que l'on croyait voué à une mort certaine.
« Il n'est pas rare de voir survenir, à la suite d'opérations même peu graves, des hémorrhagies considérables, chez les individus épuisés ou débilités par le fait d'une altération profonde du sang, ou de toute autre circonstance, C'est encore alors que l'oxygène rend de grands services; il ranime le système nerveux central, et provoque chez l'individu épuisé un besoin de réparation manifeste.
« Avec les propriétés que nous connaissons maintenant à l'oxygène, il était tout naturel de chercher à revivifier un peu les malades affectés de cancer; c'est ce que j'ai fait souvent avec succès; mais, bien entendu, sans pour cela les guérir. J'ai pu, chez ces malades, réveiller les forces digestives et leur faire prendre des aliments substantiels, et chacun sait combien souvent les malades affectés de cancer ont de répulsion pour les viandes.
« Je me suis particulièrement bien trouvé de l'oxygène, pour ranimer les forces des femmes atteintes depuis longtemps de maladies de l'utérus ; le séjour au lit, dans les appartements chauds, amène souvent chez elles une grande inappétence et une anémie considérable, conséquence naturelle du défaut de nourriture et d'assimilation; dans ces cas, j'ai vu l'oxygène ramener en peu de jours une vitalité nouvelle, quand le fer et le vin de quinquina n'avaient rien produit.» — (Docteur Demarquay, Essai de pneumatologie médicale. )
Pelote à tamponnement nasal.
Docteur Aug. Pineî.
Nous avons tout récemment, sur les données de M. le docteur Aug. Pinel, modifié notre pelote pour le tamponnement nasal. Le nouvel instrument est formé de deux ampoules en caoutchouc vulcanisé, réunies et mises en communication par un tube 6, présentant une certaine résistance , utilisée pour l'introduction dans les fosses nasales du petit appareil.
La pelote a étant roulée sur elle-même de façon à offrir le moins de volume possible, et placée dans la narine; on la fait pénétrer davantage en poussant le tube 6. Lorsqu'elle a franchi l'orifice nasal interne, la seconde poche c se trouve placée au-devant de la narine qu'elle oblitère par sa face postérieure.
On insuffle alors l'instrument, les pelotes a et c se gonflent, le tube intermédiaire ne change pas de volume, mais comme il a, malgré la résistance dont nous avons parlé, encore un degré d'élasticité très-sensible, il se trouve distendu; en cherchant à revenir à son point de départ, il tend à rapprocher les ampoules, les iorçant ainsi à adhérer d'une façon très-exacte aux orifices qu'elles ont pour but d'obturer. Dès lors l'instrument ne peut plus se déranger, et aucun appareil contentif n'est nécessaire pour le maintenir en place.
En admettant que l'ampoule a laisse passer un peu de sang, ou bien encore que l'hémorrhagie ait sa source en deçà de la première poche, c'est-à-dire dans la narine; le sang sera dans ces deux cas sûrement arrêté par la pelote b.
Lorsqu'on désire savoir si l'hémorrhagie a cessé ou non, il suffit d'ouvrir le robinet, l'air s'échappe, et les pelotes s'affaissent; si l'écoulement a persisté, on est à même de réinsuffler immédiatement l'appareil pour en favoriser l'arrêt définitif qui ne tarde pas à avoir lieu.
Dans les cas où l'instrument doit rester longtemps en place, on
peut facilement pratiquer, sans rien déranger, des injections pour nettoyer la narine ; on donne issue à l'air, ce qui permet de passer, entre le bord de la narine et l'instrument, la canule d'une seringue.
Appareils en caoutchouc.
Docteur Glauzure, d'Angoulême.
Remplissant les trois indications suivantes :
1° D'entretenir, tout le temps voulu, une température uniforme;
2° De produire une compression réglée suivant les indications ;
3° De mettre la partie sur laquelle ils sont appliqués à l'abri du contact de -l'air ,
Les appareils de M. Glauzure, qui sont basés sur un principe que nous avons déjà indiqué, forment une série de manchons de différentes formes qui sont à même d'être, appliqués sur toutes les parties du corps.
Chacun de ces manchons est muni d'un instrument à double courant, en cuivre, qui sert à l'introduction de l'eau ou de l'air dans l'appareil, et qui permet aussi d'y faire circuler constamment un courant d'eau pour y maintenir une température uniforme.
Nous donnons ci -après les figures de ces différents instruments, et une légende explicative.
Lorsqu'on se sert de ces ampoules on ne doit pas dans la plupart des cas négliger de faire le pansement, que l'on doit cependant chercher à rendre aussi léger que possible, pour que l'action du froid ou du chaud puisse être plus rapide, plus directe.
Ces ampoules peuvent fonctionner par l'air et par l'eau; par l'air , la bouche seule suffit pour les emplir; par l'eau, il faut un irrigateur d'une capacité relative avec le volume de l'ampoule.
Tampon intra-utérin à eau et à courant continu ou intermittent. — Onjieut en faire usage, soit avec l'irrigateur, soit avec une seringu-e.
A. Sonde à double courant. — B. Bifurcation de la sonde. — G. Robinets. — D. Dé mobile pour cacher l'ampoule et faciliter l'introduction de l'instrument.— E. Ampoule en caoutchouc (ballon d'enfant), très-fine, très-moelleuse, et pouvant arriver à 1/8e de millimètre d'épaisseur. — F. Tige mobile pour faire manœuvrer le dé et dégager l'ampoule. — R. Ecrou pour fixer la tige mobile (24 centimètres de longueur, 6 millimètres de diamètre).
N° 2. — C. Tampon vaginal ; compression par l'eau à toules les températures; courant continu ou intermittent (pouvant servir pour l'anus).
Tube à double courant.
A. Sonde à double courant, 6 centimètres jusqu'à la bifurcation,
1 centimètre de diamètre.
B. Robinet pour interrompre le courant et conserver l'eau dans l'ampoule, si on le juge utile.
G. Ampoule en caoutchouc.
D. Conduits en caoutchouc, de 85 centimètres de longueur sur
2 centimètres de diamètre, s'adaptant aux bifurcations de la sonde. Le n° 1 va s'ajouter par l'autre bout à un irrigateur Éguisier ; le n° 2 se termine par un robinet et doit être dirigé dans un vase servant de déversoir.
Dans cet appareil l'ampoule qui est montée sur un anneau se vissant au bout de la sonde A, peut être remplacée par une extrémité ayant la forme d'une pomme d'arrosoir; l'instrument devient, ainsi préparé, parfaitement apte à servir pour pratiquer des irrigations vaginales continues.
Appareils de guerre.
N° 1 . Manchon double pour l'avant-bras (vide). — A. Robinet se fixant d'un côté à l'enveloppe externe du manchon, et de l'autre à la sonde à double courant. — B. Tube auxiliaire de dégagement. — C. Tirants pour faciliter l'application de l'appareil, et le fixer quand il est en fonction. — D. Bandes de renfort.
N° 2. Irrigateur Eguisier. — A. Tube d'arrivée partant de l'irrigateur et portant l'eau dans l'appareil par le côté droit de la sonde à double courant. — B. Tube de sortie, muni à son extrémité libre d'un robinet, qui ne do^ être ouvert qu'au moment où l'on veut établir le double courant.
N° 3. Appareil complet pour le pied, la jambe et l'articulation tibio-fém orale ; compression continue ou graduée par l'eau, à toutes les températures, avec courant continu ou intermittent.
N° 4. Coupe verticale du manchon n° -I . — A, l'enveloppe extérieure est d'une épaisseur triple de l'enveloppe intérieure, pour que toute la force d'expansion se fasse sur le point d'ap- ,pui. — B. Espace compris entre les deux enveloppes.
N° 7. Jambe, de la jarretière à l'articulation tibiotarsienne.
N° 8. Jambe et pied.
N° 9. Cuisse et articulation coxo-fémorale.
N° '1 0. Bonnet.
Appareils à anesthésie locale.
les docteurs Richardson, Sales-Girons, Bemarquay," M. Stapfer, étudiant en médecine,;
Malgré le titre de la présente brochure, nous nous croyons autorisés à parler de ces appareils à cause de leur importance et aussi parce que le caoutchouc joue dans la plupart d'entre eux un rôle qui mérite de fixer l'attention.
Aussitôt après l'apparition de l'instrument du docteur Richardson, de Londres; M. le docteur Sales-Girons nous fit construire un appareil dans lequel la pompe foulante était substituée à la boule extrême de celui de Richardson. Peu après, sur les indications de M. le docteur Demarquay, nous fîmes un appareil du même genre, mais d'un modèle beaucoup plus puissant et d'un effet plus rapide. M. le docteur Albert Leplay en parle dans sa thèse (De V anesthésie locale par la pulvérisation de l'éther, Paris, 1866.), et fait remarquer qu'avec ce dernier instrument on obtient un abaissement de température qui varie de — 14° à — 17°, selon que
l'éttier employé est à 56° ou à 62° environ; c'est-à-dire l'avantage sur les autres instruments d'une réfrigération plus grande de 2 ou 3 degrés. De 30 à 40 grammes d'éther sont pulvérisés en une minute. Un grand nombre d'opérations dans lesquelles cet appareil a été employé sont consignées dans un mémoire de MM. Betbèze et Bourdillat (Mémoire sur l'aneslhésie locale, etc.) Plus récemment M. Stapfer, étudiant en médecine, nous a confié
la construction d'un appareil pour le même usage. Quoique fondé sur le principe de celui de Riehardson, il est plus simple et ne
court pas le risque de s'altérer si on l'emploie pour pulvériser des liquides corrosifs.
La pulvérisation produite avec cet instrument est très-fine; mise
en rapport avec le thermomètre, elle le fait descendre facilement, et en un temps très-court, à 20° (Éther 62°).
Cet instrument, qui a été employé plusieurs fois à l'hôpital de Lariboisière, dans le service de M. le docteur Hérard, a donné des ésultats fort satisfaisants .
Stétoscope avec disque percuteur.
Docteur Olliffe.
Il existe, dans l'arsenal chirurgical, parmi les instruments employés pour la percussion, un marteau composé d'une rondelle métallique portant une gorge circulaire, dans laquelle est engagé un anneau de caoutchouc; un manche, fixé au centre de la rondelle, complète l'instrument.
M. le docteur Olliffe nous a fait préparer le pavillon d'un stétoscope, de telle manière qu'il suffit de le garnir d'un anneau en caoutchouc pour le rendre parfaitement apte à servir de marteau percuteur.