ALIMENTAIRE (TUBE
d'où elle parvient dans le vase placé sous le lit du malade. Avec cet appareil, le siège repose sur un plan toujours sec.
Aliénés (alimentation des).
Sonde œsophagienne (voir ce mot).
Appareils destinés à pourvoir à l'alimentation forcée des malades qui refusent toute nourriture.
Aliénés (paralysie générale des).
Alèse avec Cylindre conducteur. — Matelas hydrostatique perforé (voir ces mots).
Ces appareils garantissent le lit contre les déjections involontaires des aliénés atteints de paralysie générale, et préviennent la pourriture que subissent les matelas et sommiers malgré les plus grands soins de propreté. — Ils produisent un second effet non moins utile en protégeant le siège contre la formation des escarres.
Alimentaire ( tube ).
Il est un grand nombre d'affections dans lesquelles les malades doivent éviter toute espèce de mouvements : citons comme exemples, les fractures du membre inférieur pendant le traitement desquelles l'immobilité absolue doit être conservée, si l'on veut obtenir un cal régulier; les maladies du cœur, les anévrysmes des gros troncs artériels, si l'on ne veut voir survenir les accès de suffocation toujours très - pénibles , et souvent dangereux.
Dans tous ces cas, l'alimentation des malades et surtout la déglutition des liquides, ont toujours présenté de trèsgrandes difficultés.
Le tube alimentaire, simple tube de caoutchouc avec embout en ivoire , permet de faire prendre aux malades, sans leur communiquer le moindre mouvement , leurs tisanes et toute espèce d'aliments liquides et même demi-solides.
Pour s'en servir, il suffit de plonger dans le récipient l'extrémité du tube non garnie d'embout, et de faire des mouvements d'aspiration au moyen de l'embout placé entre les lèvres.
Allaitement artificiel.
Biberons. — Sein artificiel (voir ces mots).
Allaitement naturel.
Formation du mamelon. — Dégagement des seins distendus par le lait (voir les mots Tire-lait, Tire-lait avec tube aspirateur).
Alvéolaires ( hémorrhagies ) .
Dans les cas où une hémorrhagie abondante se manifeste à la suite de l'avulsion d'une dent, on se rend facilement maître de l'écoulement du sang en introduisant dans l'alvéole un morceau de caoutchouc auquel on aura donné une forme conique. (Le clou de Scarpa, employé par M. le docteur Demarquay dans le traitement de la fistule lacrymale, remplirait parfaitement l'indication). On maintiendra facilement ce morceau de caoutchouc en recommandant au malade de fermer la bouche. Il suffit de quinze à vingt minutes pour que l'hémorrhagie soit arrêtée.
Dans quelques cas même il suffit d'appliquer en travers sur l'alvéole qui est le siège de l'hémorrhagie, un petit morceau de feuille de caoutchouc (2 ou 3 centimètres) roulée sur elle-même, et de faire rapprocher les mâchoires : ce moyen des plus simples nous a servi, le 20 juin 1864, à cinq heures du soir, à arrêter instantanément, une hémorrhagie alvéolaire survenue depuis le matin à la suite de révulsion d'une dent molaire. (Docteur Gariel).
Amputations.
1. Manchons aspirateurs — 2. Coussins frigéfacteurs. — 3. Drainage. 1. Manchons aspirateurs (docteur Gariel).
S'il est dans la science un axiome qui n'ait jamais trouvé de contradicteurs, c'est celui-ci : le pus engendre le pus.
S'il est un fait, dans la science, généralement admis depuis les travaux de MM. J. Guérin (1) et Ghassaignac (2), c'est celui-ci : une plaie a d'autant plus de chance de guérir promptement et sans accidents qu'elle a été plus exactement soustraite au contact de l'air.
S'il est un fait encore au sujet duquel il n'y a jamais eu de dissidence, c'est que la chaleur, la chaleur humide surtout, prédispose aux hémorrhagies et à la putridité.
(1) Myotomie sous-cutanée.
(2) Pansements par occlusion.
Et cependant, on a continué jusqu'ici le pansement des amputations, tel qu'il se pratiquait il y a cinquante ans, en enveloppant le moignon de bandes, de compresses et de charpie enduite de cérat, sans se rendre compte que ce pansement est en opposition directe avec les données actuelles de la science.
En effet, ce pansement n'est- il pas assez dense pour retenir le pus à la surface de la plaie, quoiqu'assez perméable pour laisser cette plaie en contact sinon avec l'air extérieur, au moins avec l'air emprisonné dans l'appareil, et qui, par cela même, est plus impur, plus chargé de miasmes putrides que l'air extérieur ?
N'est-il pas la cause de la chaleur humide si pénible aux malades, si fatale par les résultats qu'elle engendre ; n'est-il pas enfin la cause des supersécrétions plus ou moins altérées qui imbibent journellement les pièces de l'appareil ?
Il ne nous paraît pas douteux qu'un amputé, placé dans des conditions diamétralement opposées, verrait s'accroître pour lui, dans une grande proportion, les chances d'une guérison rapide et durable.
Nous pensons qu'on peut substituer au pansement généralement adopté des amputations, un pansement qui, en réalisant la soustraction du pus à mesure qu'il se forme, en tarira bientôt la production, un pansement qui en soustrayant la plaie au contact de l'air, mettra cette plaie dans les conditions favorables des plaies sous-cutanées, un pansement enfin si peu épais qu'il pourra donner passage à la chaleur développée par la lésion traumatique.
Dans ce nouveau mode de pansement applicable à toutes les amputations, quel que. soit le procédé employé , les bandes, compresses, charpie, cérat, etc., disparaissent; ils sont remplacés par : 1° un manchon de caoutchouc terminé à une de ses extrémités par une ouverture qui soit en rapport avec la circonférence du membre amputé ; son autre extrémité va en se rétrécissant jusqu'à la naissance d'un tube de vingt à trente centimètres garni d'un robinet ; 2° quelques bandelettes de sparadrap caoutchouté , semblables , pour la largeur et la longueur, à celles du sparadrap du Codex destinées à être appliquées sur le moignon pour maintenir en. contact les lèvres de la plaie ; 3°une
pompe aspirante; 4° quelques grammes de dissolution de caoutchouc dans l'essence de térébenthine ; 5° un pinceau.
L'amputation est pratiquée ; l'aide chargé de la compression des vaisseaux continue son office, même après que les ligatures ont été placées; le chirurgien s'assure que les parties sur lesquelles doit porter l'appareil sont exemptes de toute souillure, précaution indispensable pour son maintien exact; il s'assure également que les poils ont été régulièrement rasés; enfin, il attend quelques minutes lorsqu'il a dû passer l'éponge, et tant qu'il reste quelque humidité sur la peau.
C'est alors qu'au moyen du pinceau il enduit le moignon -eirculairement, dans une étendue de huit à dix centimètres, en ayant soin de respecter les parties divisées, d'une couche delà dissolution de caoutchouc; il enduit de la même substance et dans la même étendue la partie interne du manchon, ayant eu soin préalableblement de renverser en dehors toute la partie qui doit être enduite ; enfin, il promène le pinceau sur les bandelettes de sparadrap caoutchouté, en réservant les points qui doivent se trouver en contact avec les tissus divisés (voir le mot Sparadrap caoutchouté); cinq minutes suffisent pour que les parties enduites soient parfaitement agglutinatives.
Le temps employé pendant ces préliminaires de l'application de l'appareil est d'ailleurs utilement employé à la surveillance de la plaie, à la ligature de quelque petit vaisseau, à l'enlèvement complet des caillots, première cause de putridité, lorsqu'on les laisse au fond de la plaie. C'est, en effet, l'avis des chirurgiens les plus éminents et notamment de M. Nélaton, que la présence d'une certaine quantité de sang dans les parties profondes d'une plaie qui a été réunie, est un fait aussi incontestable par sa fréquence que fâcheux dans ses résultats:
Le délai que nous indiquons pour l'application de l'appareil n'est donc pas particulier à notre procédé. Les bandelettes agglutinatives sont appliquées à la façon ordinaire pour rapprocher les bords de la plaie ; répétons que l'agglutination ne se faisant pas dans les points qui sont en contact avec la plaie, toute irritation érysipélateuse ou autre de cette plaie est impossible; le manchon, ainsi que nous l'avons dit, est présenté à l'extrémité du moignon, et la partie repliée est déployée circulairement sur la partie de peau sur laquelle la dissolution de caoutchouc a été appliquée ; l'adhérence est instantanée : elle est d'ailleurs favorisée par des pressions méthodiques.
Alors on adapte la pompe aspirante au canon du robinet dont on a ouvert la clé, et on fait l'aspiration de tout l'air contenu non-seulement entre le manchon et le moignon, mais dans les anfractuosités les plus profondes de la plaie.
Ce résultat avantageux n'est pas unique. La compression produite par l'adhérence du manchon amène le contact exact des différentes parties de la plaie, et favorise singulièrement leur réunion par première intention.
En principe, la pompe aspirante doit être laissée à demeure en rapport avec le canon du robinet , et quelques coups de piston devront être donnés toutes les deux ou trois heures, dans le but de donner issue au pus s'il s'en forme et dès qu'il se forme, et à l'air, soit qu'il s'introduise sous le manchon par l'imperfection du robinet, soit qu'il se produise entre les lèvres de la plaie par le fait d'exhalations gazeuses.
Si, au bout de quelques jours, on s'apercevait de la diminution de l'adhérence du manchon à la peau, on ferait l'application d'une nouvelle couche de dissolution, ou on ferait autour du moignon l'application de quelques tours de bande.
L'absence de douleur produite par la palpation du moignon au travers du manchon et aussi l'absence des symptômes généraux, éclaireront suffisamment le chirurgien sur l'état satisfaisant de la plaie ; rien de plus facile, d'ailleurs, pour peu qu'il y ait doute, que de lever l'appareil et de le réappliquer. (Docteur Gariel. — Mémoire cité).
Exposons maintenant les inconvénients qui résultent des pansements, tels qu'on les a faits jusqu'à ce jour.
Quelques chirurgiens conseillent de ne lever le premier appareil que le quatrième ou le cinquième jour; ils se proposent ainsi de ne point compromettre le succès de l'adhésion immédiate et ils pensent que le meilleur moyen d'atteindre ce but est de ne point toucher à cet appareil ; mais ils oublient que les différentes pièces du pansement sont promptement salies par la sérosité sanguinolente qui se dégage de la plaie ; que cette sérosité, sous l'influence de la chaleur du moignon, éprouve bientôt une décomposition putride, qui se transforme en un véritable poison septique, et que ce poison peut être fatal au malade, soit par son contact direct avec une large plaie, soit par les émanations fétides qu'il exhale et qui altèrent l'atmosphère ambiante. (Professeur NÉlatqn).
D'autres, au contraire, commencent les pansements dès le lendemain, et les multiplient les jours suivants, dans la crainte de voir se développer les accidents que nous venons de décrire, mais compromettent ainsi les chances favorables de la réunion immédiate.
Enfin, il est une troisième classe de chirurgiens qui, dans le but de ménager la réunion par première intention, en même temps que dans le but de prévenir, ou au moins de diminuer les effets de la putridité, professent que les pansements doivent être faits dès le lendemain de l'opération, mais qu'il doivent être partiels, qu'il ne
faut enlever que les pièces les plus salies, et laisser toutes celles dont le renouvellement pourrait compromettre le succès de la réunion immédiate.
Chacune de ces façons d'agir a un bon et un mauvais côté ; nous pensons que le procédé que nous avons décrit présente les avantages combinés des trois méthodes sus-indiquées, c'est-à-dire, ceux des pansements multiples et ceux des pansements à long intervalle.
En effet, ce procédé soustrait la plaie au contact de l'air, il supprime tous les objets de pansement qui, dans les autres méthodes, sont une cause de putridité, il favorise la réunion immédiate de la plaie par la compression exercée par le manchon et par l'absence de tout pansement ultérieur, enfin il permet au malade de respirer un air pur.