Compression. — Compression rémittente (docteur Gariel
Ainsi que l'a démontré M. P. Broca, les anévrysmes externes trouvent leur remède le meilleur dans l'emploi de la compression.
Un grand obstacle à la vulgarisation des idées développées par M. Broca dans son excellent ouvrage, c'est la nécessité d'appareils mécaniques assez dispendieux.
C'est à simplifier ces appareils que nous nous sommes particulièrement attaché.
Comprimer l'artère dans un point ou dans plusieurs points à volonté, à la fois ou successivement, en évitant les veines et les nerfs, et sans compromettre l'intégrité de la peau ; rendre cette compression stable sans presser trop fortement, et cependant sans courir le risque d'un déplacement, limiter cette compression au point qui doit être comprimé pour permettre le facile développement des vaisseaux collatéraux et s'opposer ainsi aux accidents inévitables à la suite d'une compression circulaire énergique, telles sont les principales conditions de l'appareil compresseur, dont nous donnons la description plus loin (voir le mot Compression rémittente pour les anévrysmes); et qu'on ne croie pas que les bandes de caoutchouc vulcanisé, parce qu'elles sont élastiques, sont incapables de produire une compression efficace. Ce qu'il faut craindre (voir le mot bandes), ce n'est pas l'insuffisance de la compression lorsqu'on l'exerce avec des bandes de caoutchouc vulcanisé, mais sa trop grande puissance. Tout ce qu'a dit M. le docteur Gariel de l'énergie de cette compression se trouve confirmé par l'opinion de M. le docteur Chassaignac, qui s'exprime ainsi dans son Traité de chirurgie déjà cité :
« On pourrait arriver à d'énormes effets de pression par la suce perposition d'un nombre indéterminé d'anneaux de caoutchouc, « dont la tension individuelle n'exigerait qu'un très-léger effort.
« Prenez un .fil de caoutchouc , ou l'un de ces tubes quej'em- « ploie pour le drainage ; tournez-en plusieurs cercles autour d'un « membre en ne tirant à chaque tour que très-modérément sur la
corde élastique, et vous serez surpris de voir à quel degré de
compression vous arrivez par la superposition d'un "certain
nombre de tours. »
Nous ne terminerons pas ce qui a trait aux appareils compresseurs dans les anévrysmes sans signaler quelques préceptes formulés dans ces derniers temps.
34 ÂNÉVRISMES.
Q'Ferrai conseille immédiatement avant d'appliquer l'appareil compressif, d'exercer pendant quelques instants une compression avec les doigts au-dessous du sac anévrismal dans le but de laisser dans l'intérieur du sac une quantité de sang suffisante pour servir de base à un caillot solide et volumineux.
La circulation doit être seulement modérée pendant les premiers jours de la compression, et non subitement suspendue dans l'artère.
Il faut donner le temps pour l'établissement de la circulation collatérale.
Harrison s'est bien trouvé de promener la compression d'un point de l'artère à l'autre.
Cette méthode est nécessitée par la douleur que détermine une pression exercée d'une manière continue sur le même point et aussi par la contusion et le froissement des parties sous-jacentes. Enfin, il est bon de rappeler que des observations assez nombreuses prouvent qu'il peut suffire d'établir, au lieu d'une compression continue et permanente, une compression intermittente : ainsi que cela résulte d'une observation des plus curieuses publiée par M. Colles, chirurgien de l'hôpital Steevens, dans la Dublin hosp. gaz. de mai 1855.
Un malade, atteint d'anévrisme poplité, en se rendant au cabinet dans la soirée, fut pris dans la jambe et surtout dans les orteils^ d'une douleur violente dont il parvint à se soulager en comprimant l'artère fémorale ; depuis cette époque, cependant, il souffrait toujours la nuit, et huit jours après ce premier accident, la douleur se reproduisit avec une telle intensité, qu'on eut peine à le mainr tenir dans son lit, à cause de la violente agitation à laquelle il était en proie.
M. Colles se disposait à employer la compression d'une manière méthodique, lorsqu'en touchant la tumeur, il fut surpris de constater qu'elle était solide : plus de battements, plus de bruits.
Ce fut alors que M. Colles apprit que le malade, pour diminuer ses douleurs, comprimait, depuis environ une semaine, l'artère fémorale avec ses doigts aussi longtemps qu'il pouvait le supporter et jusqu'à ce qu'il fût fatigué ; autrement dit, sans connaître le traitement qu'on voulait lui appliquer, il l'avait mis en usage, sinon d'une manière continue, au moins d'une manière prolongée, dans le but de calmer ses souffrances, et, contre son attente, il s'était débarrassé ainsi de son affection. La guérison ne s'est pas démentie*
Pour prévenir l'amincissement et la rupture du sac anévrysmal par l'arrêt brusque de la circulation, M. Broca a donné le conseil de débuter toujours par n'exercer qu'une compression incomplète,
ANGINE CQUENNEUSE. — ANKYLOSES. 33
partielle, en y joignant une demi-diète, quelques saignées et l'emploi de la digitale à l'intérieur.
Dans les cas d'anévrisnies des gros troncs artériels émergeant des cavités splanchniques dans lesquels la compression ne peut être exercée entre la tumeur et le cœur, le chirurgien est amené forcément à expérimenter les effets des pelotes placées au-dessous du sac, malgré l'insuccès de la plupart des essais tentés jusqu'ici.
(Bull. gén. de thérap. t. XL. p. 303.)
Angine ecraenneuse.
Tout ce qui a été dit à l'article amygdalite au sujet des poudres médicamenteuses dans l'arrière-bouche est applicable à l'angine eouenneuse. (Voir les mots : Amygdalite, Pyxide.)
Ankyloses.
1. Appareils à traction continue de M. Blanc. — 2. Genouillère orthopédique. 1. Appareils à redressement de M. Blanc.
Grâce à l'élasticité du caoutchouc, augmentée par des leviers habilement disposés, on peut triompher de la plupart des résistances musculaires ou fibreuses des jointures,
1° Tiges rigides en acier , articulées au niveau de la jointure qu'on veut redresser. Elles sont munies de courroies, ou modifiées de façon à saisir exactement les deux portions du membre sur lesquelles elles sont appliquées. Ces tiges sont placées en dedans et en dehors du membre et reliées solidement les unes aux autres. Une sorte de genouillère prend un point d'appui solide au niveau de l'article.
2° Au-dessus et au-dessous de l'articulation sont disposées des arcs mobiles en acier. Celui qui est au-dessus delà jointure est relié avec la partie supérieure du membre; celui qui est au-dessous, avec la partie inférieure au moyen de courroies.
3° Le sommet de la courbe de ces leviers est muni de courroies et d'anneaux de caoutchouc destinés à les rapprocher l'un de l'autre.
Le fonctionnement de cet appareil est facile à concevoir : la distension des anneaux de caoutchouc au moyen des courroies tend à rapprocher les leviers d'une manière continue. Cette traction est transmise à la partie supérieure et inférieure du membre, De là, production de flexion ou d'extension dans }a jointure, suivant la disposition des leviers et le but qu'on désire.