‹ Applications médico-chirurgicales du caoutchouc vulcanisé dans l'état actuel de la scienceChapitre 67 sur 218 · CATAPLASMES (LINGES A). - CATARACTE (OPÉRATION DE LA · texte numérisé non relu

CATAPLASMES (LINGES A). - CATARACTE (OPÉRATION DE LA

Cataplasmes (linges à).

Lorsqu'on ne recouvre pas les cataplasmes d'un tissu imperméable, ils perdent leur humidité et par suite leur action émolliente; en second lieu, ils se refroidissent plus vite. Or, on sait que de la chaleur modérée du cataplasme dépendent certains effets, tels que le relâchement des tissus, la détente des parties enflammées, l'activité de la perspiration, etc. Eh bien, l'emploi du taffetas gommé maintient la chaleur du cataplasme, et permet par conséquent de ne renouveler ce dernier qu'à des intervalles beaucoup plus longs, et cela sans inconvénients pour le malade. (Docteur Ghassaignac, t. I, p. 175, 176, Tr. clinique des opér. chir.)

Le caoutchouc vulcanisé remplace avantageusement le taffetas gommé dont on se sert généralement et que préconise M. le docteur Ghassaignac. 11 jouit d'une plus grande imperméabilité et a une durée beaucoup plus longue; personne n'ignore, en effet, que le. taffetas gommé ne peut être replié sur lui-même sans présenter des traces de solutions de continuité vis-à-vis des plis. *

Le caoutchouc vulcanisé , complètement souple , ne se casse amais.

Nous avons fait confectionner des linges à cataplasmes qui simplifient le pansement. La farine de graine de lin ou la fécule de riz sont disposées dans la toile de caoutchouc elle-même, repliée sur ses quatre bords dans l'étendue de 2 ou 3 cent.; ces linges à cataplasmes sont de toutes formes et de toutes dimensions.

Cataplasmes en vessie.

Lorsque la lésion a son siège aux extrémités, on introduit Je topique émollient ou détersif dans une vessie ou ampoule de caoutchouc vulcanisé à col rétréci, et on y plonge l'extrémité malade. L'orifice de la vessie est fixé sur le pourtour de l'avant-bras ou au-dessus de la cheville, au moyen d'un tour de bande.

L'évaporation étant rendue difficile, le cataplasme reste liquide pendant plusieurs jours; on peut le réchauffer à volonté, en immergeant la vessie dans un baquet d'eau tiède.

Les doigts ne subissent aucune pression, et se meuvent librement dans cette bouillie dont ils éprouvent l'action bienfaisante sur toute leur surface. {Archives belges de méd. milit., M. Deghange.)

Cataracte (opération de la).

Œillère à courant continu. — Sachets frigéfacteurs.

Les chirurgiens, qui ont coutume de soumettre à l'action continue de l'eau froide les yeux opérés de cataracte, trouveront un

CATIIÉTÉRISME PRÉPARATEUR. 65

puissant moyen de frigéfaction dans ces sachets, dont ils pourront varier le volume et la température en y établissant un courant continu. Voir le mot Frigéfacteurs (sachets). Ces sachets étant entièrement imperméables, quoique ayant des parois aussi minces qu'une pelure d'oignon, répartiront le froid dans toutes les anfractuosités du globe oculaire sans le fatiguer par leur poids, et n'exposeront point les malades, comme les vessies de porc et les irrigations, aux coryzas et aux secousses si préjudiciables pour les suites de l'opération que produisent des éternuements répétés.

Cathêtérisme préparateur.

Il est un moyen, encore trop peu répandu, de faciliter les opérations pratiquées sur les organes génito-urinaires, de les rendre moins douloureuses et d'en assurer davantage le succès.

C'est un traitement préparatoire spécial.

Jusqu'à présent, les moyens généraux, calmants ou sédatifs, du ressort de la médecine, ont fait la base de la préparation des malades, lorsqu'on a jugé utile d'y recourir; car, dans la majorité des cas, la plupart des chirurgiens pratiquent d'emblée, c'est-à-dire sans y disposer d'avance les organes, le cathêtérisme, la dilatation, la cautérisation de l'urèthre, l'uréthrotomie, et jusqu'au broiement de la pierre dans la vessie."

Mais, soit qu'il agisse sans recourir à aucune préparation, soit qu'il s'en tienne aux médications générales, qui n'ont aucune action directe sur la sensibilité normale ou exagérée des parties, le chirurgien place le malade dans des conditions défavorables au succès de l'opération.

La démonstration de ce fait important est des plus faciles.

A l'état normal, chez la plupart des hommes, je pourrais dire chez tous, la membrane interne de l'urèthre est pourvue d'une telle sensibilité, que l'on ne peut introduire dans le canal l'instrument le plus inoffensif, sans occasionner une sensation pénible de chaleur, qui peut s'élever jusqu'à celle d'une douleur excessive.

L'observation démontre également que la sensibilité du col et du corps de la vessie, peu développée dans l'état de santé, s'exaspère, sous l'influence d'états inflammatoires, au point de rendre insupportable tout contact d'un corps étranger, ou toute manœuvre opératoire.

Le traitement préparatoire que j'ai institué n'est que l'application d'une loi de physiologie. Il est constaté, en effet, que le contact ménagé, régulier et souvent répété d'un même corps avec les surfaces muqueuses, a pour conséquence à peu près constante d'émousser la sensibilité de ces surfaces et de modifier leur vitalité.

m .CATHÉTÉRISME PRÉPARATEUR.

Pour comprendre toute l'importance de ce traitement préparatoire, il faut avoir assisté à une série d'opérations pratiquées sur des malades préparés ou non préparés. Les premiers, déjà familiarisés avec l'introduction des bougies, se soumettent tout d'abord et sans difficulté à ce qu'on leur propose. La sensibilité des surfaces muqueuses étant diminuée, la contractilité des tissus sous-jacents n'est pas activement mise en jeu, les instruments glissent mieux, les frottements sont plus légers, les mouvements, toujours faciles, n'exigent aucun effort, et les sensations arrivent au chirurgien avec toute la netteté désirable.

Les seconds, au contraire, préoccupés et inquiets, ne se décident qu'à la dernière extrémité ; à peine l'instrument a-t-il pénétré quelque peu, que les douleurs augmentent, devenant d'autant plus fortes que la sensibilité excitée provoque la contraction des tissus sous-jacents. L'instrument, serré dans l'urèthre et au col vésical, ne peut être mû sans effort et sans occasionner des frottements pénibles.

Mais c'est par leurs suites surtout que se manifestent les principales différences entre des opérations pratiquées dans des conditions si dissemblables.

Chez les malades convenablement préparés, on n'observe que de loin en loin les accidents graves que provoquent les réactions violentes.

Au contraire, lorsqu'on a opéré sans préparation, alors même que la manœuvre a été la plus régulière, il survient une réaction plus ou moins vive, déterminant des troubles fonctionnels intenses, ou des mouvements fébriles et nerveux parfois très-graves.

On ne placera pas sur la même ligne les effets du traitement préparatoire que je viens d'indiquer, et les résultats obtenus par l'administration des opiacés et des anesthésiques.

Dans le premier cas, on se propose directement une diminution lente et progressive de la sensibilité d'un organe déterminé, afin de le disposer à supporter une opération. L'action est exclusivement locale et ne change en rien les conditions générales de l'organisme.

En usant des opiacés et des anesthésiques, le praticien laisse de côté l'organe sur lequel il veut agir ; c'est au système nerveux, au centre de la vie et de la perception, qu'il s'attaque.

Par mon traitement préparatoire, on diminue effectivement l'irritabilité de l'organe ; par les autres, on la déguise, on la suspend.

Le moyen qui me paraît mériter la préférence, consiste dans l'usage des bougies molles.

On porte dans l'urèthre une de ces bougies, très-fine, très-lisse et très-molle, qu'on retire immédiatement. Cette opération est répétée le lendemain et les jours suivants. Si le canal est très-irritable, la

CAUSTIQUE FILHOS. - CÉPHALÉE. 67

bougie est retirée dès que le malade commence à souffrir, sans qu'elle ait pénétré profondément. Elle n'arrive quelquefois dans la vessie que du troisième au cinquième jour.

En procédant avec une certaine lenteur, sans mouvements saccadés, la bougie n'occasionne qu'une douleur très-légère qui cesse bientôt, et chaque jour ensuite son introduction est de moins en moins sentie. A la première bougie, on en substitue une un peu plus volumineuse, et l'on arrive ainsi graduellement jusqu'à celles qui remplissent la capacité normale de l'urèthre.

Pendant cette préparation locale, qui exige de huit à douze jours, le chirurgien combat l'irritation générale et les états morbides qui peuvent exister. — Docteur Giviale (voir le mot Sondé).

Caustique Filhos.

Nous substituons au lourd étui en plomb, qui a jusqu'ici contenu ce précieux agent, un étui en caoutchouc vulcanisé qui le protège aussi efficacement, et dont le poids est insignifiant.

Céphalée.

Sachets caléfacteurs.

La chaleur ne pourrait-elle être employée plus souvent qu'elle ne l'est dans la pratique ? Nous le pensons. Ne sait-on pas quel soulagement succède, dans certaines névralgies faciales et dans certaines céphalées, à l'emploi de la ouate ou de linges très-chauds appliqués sur la partie malade?

C'est ce qu'a eu en vue M. le professeur Trousseau, lorsque, dans ces derniers temps, il a fait usage de sachets de sable chaud pour traiter certaines céphalées rebelles.

Rien de plus simple d'ailleurs, que le procédé mis en usage par cet éminent professeur.

On introduit dans une vessie de caoutchouc vulcanisé du sable ordinaire, chauffé à 45 ou 50 degrés centigrades; cela fait, le malade se place ce bonnet sur la tête, en appuyant celle-ci et le bonnet qu'elle porte sur le derrière d'un grand fauteuil dans lequel il est assis, chacune de ces applications dure trois quarts d'heure et est renouvelée deux ou trois fois par jour.

L'amélioration ne tarde pas à survenir. [Bulletin général de thérapeutique, t. l).

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