‹ Applications médico-chirurgicales du caoutchouc vulcanisé dans l'état actuel de la scienceChapitre 82 sur 218 · CORS. — CORSETS (ACCIDENTS PRODUITS PAR LES · texte numérisé non relu

CORS. — CORSETS (ACCIDENTS PRODUITS PAR LES

Cors. — Œils de perdrix.

Pour faire cesser les douleurs souvent insupportables que ressentent les personnes atteintes de cors aux pieds, on prend un tube de caoutchouc vulcanisé dont les parois aient environ un millimètre d'épaisseur, et dont le diamètre intérieur soit assez grand pour recevoir sans peine l'orteil malade. — On découpe dans ce tube une espèce d'anneau, ayant la forme d'une bague chevalière , et on y ménage dans la partie la plus large de cet anneau une ouverture d'un diamètre au moins égal à la circonférence du cor.

Lorsque ce petit appareil est bien appliqué, le cor, protégé de tous côtés par un bourrelet , ne subit plus la pression des chaussures, et la marche devient facile et indolore.

Gorsets (accidents produits par les).

Docteur Bouvier. — « Des accidents nombreux peuvent être la a conséquence de l'emploi du corset, lorsqu'il présente quelque « vice de construction, lorsqu'il est serré outre mesure, ou que les a parties rigides qu'il contient exercent des pressions exagérées : « excoriations au voisinage des aisselles, gêne de la circulation « veineuse des membres supérieurs, accidents résultant de la coma pression du plexus brachial, aplatissement, froissement des seins « et maladies diverses des ganglions lymphatiques ou des glandes « mammaires, affaissement, déformation ou excoriations des maa melons, affaiblissement et atrophie des muscles comprimés, « abaissement et rapprochement permanents des côtes inférieures, « rétrécissement de la base du thorax, réduction des cavités de la « poitrine et de l'abdomen, refoulement du dia- « phragme, compression des poumons, du cœur, (( de l'estomac, du foie et des autres viscères ab- « dominaux.

a Tous ces inconvénients seront évités si la « pression du corset, partout modérée , est surit tout affaiblie vis-à-vis des organes les plus sen- ; « sibles ou les moins résistants, si son extensibilité « est telle qu'il ne mette obstacle ni au mouvea ment des côtes et de l'abdomen dans la respiration, ni à l'am- « pliation de l'estomac et de l'intestin dans la digestion ; s'il est « assez évasé du haut pour soutenir les seins sans les compri-

« mer ; enfin si le corset tout entier, embrassant la circonfé-

(i rence du bassin, trouve autour des hanches un point d'appui « solide, suit la concavité naturelle des flancs, sans être trop pincé « à leur niveau , et marque la taille sans la contrefaire , selon « l'expression de J.-J. Rousseau.

« Roux disait que tous les hommes devraient porter un suspen- (( soh\ Ne peut-on pas dire à aussi juste titre que toutes les femmes « adultes, pour peu qu'elles aient un embonpoint normal, devraient « porter un corset, vrai suspensoir des glandes mammaires , non r moins sensibles que les glandes spermatiques, non moins expo- « sées à des secousses et à des tiraillements dangereux !

« La saillie de l'abdomen, chargé de tissu adipeux ou relâché à « la suite de couches, réclame impérieusement l'emploi du corset, « faisant l'office de ceinture abdominale, pour soutenir les viscères, « prévenir leurs tiraillements , conserver ou rétablir le ressort de a la paroi abdominale , et mettre du moins obstacle aux progrès u de l'obésité ou de l'élongation des tissus fibreux et musculaires « affaiblis (Bulletin génér-al de thérapeutique, t. XLIV, p. 187). »

Les tissus élastiques en soie ou coton sur trame de fil de caoutchouc vulcanisé (voir ces mots) réalisent toutes les indications résumées dans le travail de M. le docteur Bouvier : ils sont seuls doués de la propriété de suivre le développement des parois thoraciques pendant l'acte de l'inspiration, sans cesser de maintenir exactement les diverses parties qu'ils ont mission de maintenir et de protéger.

Ils doivent cette propriété spéciale à l'élasticité et à la régularité de la compression qu'ils exercent (Voir les mots Compression et Tissus élastiques).

Côtes (fractures "des).

Bandage de corps en tissus élastiques.

Le bandage de corps est le seul appareil dont on fasse emploi dans les cas de fractures de côtes. Chacun sait combien il serre peu et surtout peu longtemps ; quand on veut qu'il produise une compression durable et efficace, il faut le serrer au point que le malade ne peut plus respirer librement, ayant la poitrine emprisonnée dans un cylindre inextensible.

C'est, en effet, un des inconvénients les plus graves des tissus de toile de s'allonger, dans une certaine limite , clans les premiers temps de leur application, et de rester indéfiniment dans cet état d'allongement acquis.

Pareil résultat n'a pas lieu avec le bandage de corps construit avec des tissus élastiques ; il ne peut se relâcher grâce à son élasti-

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cité, et cette même propriété lui permet de suivre tous les mouvements de dilatation et de resserrement du thorax. (Voir le mot Tissus élastiques.)

Côtes (suppurations carieuses des).

Drainage.

C'est surtout dans les cas d'abcès ou de fistules par carie des côtes que le drainage par les anses élastiques fenêtrées nous a rendu les plus grands services.

Que la collection soit encore intacte, et qu'il n'y ait point d'ouverture ni spontanément ni artificiellement produite, ou que l'abcès ait déjà été ouvert, on traverse la collection de part en part au moyen d'un trocart à drainage dont les dimensions sont en rapport avec la longueur du trajet à parcourir. Or, il faut se souvenir que l'abcès doit toujours être traversé dans le sens de sa plus grande longueur, et que les abcès ostéopathiques des côtes, suivant dans leur progression le trajet d'un espace intercostal, offrent quelquefois une longueur considérable (voir le mot Drainage) .

Dans l'un comme dans l'autre cas, le parcours des trajets fistuleux doit être exploré jusque dans ses limites extrêmes. Une fois ces limites bien reconnues , il ne reste plus qu'à introduire le tube ■à drainage. Si l'on croit pouvoir introduire le trocart rectiligne, on l'introduit doucement, armé de la tige mousse, et arrivé dans le point où se termine le point fistuleux, on retourne la tige et on dirige l'instrument contre la peau pour la percer -du dedans au dehors.

Si le trocart rectiligne s'adapte mal au but qu'on se propose, on peut employer le trocart courbe.

L'expérience que nous avons de l'immense utilité du drainage, nous conduit à penser que cette simple opération permet aux produits morbides de s'éliminer, et dispense, dans bien des cas, de ces opérations par lesquelles on se propose de ruginer l'os et de détruire sur place l'altération du tissu osseux, soit par le fer, soit par les caustiques.

Il va sans dire qu'un traitement général doit toujours être employé concurremment avec le drainage. »

Ce qui avertit le chirurgien de l'excellence des effets du drainage dans ces affections, c'est la promptitude avec laquelle se transforme l'état des sujets soumis à ces médications. — Vous les voyez, en effet, dans l'espace de quelques semaines, passer d'un état cachectique à des conditions de coloration, de force, d'apparence générale

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