LAMENTATION
(Psaume)
En vain vers ces lieux froids et sombres,
Je traîne mon exil errant, En vain les saules du torrent, Cptfvrent mon ombre de leurs ombres I
Mon oreille, du bruit des eaux Ne doit plus saisir l'harmonie, Et dans le secret des roseaux Je ne trouve que Tinsomnie.
Au loin je soupire et j'appelle, Comme le chameau des déserts Cherche, quand le sable étincelle,
Les puits profonds, les palmiers verts.
A quoi servent de ma détresse Les cris dans les éch^s perdus^
Quand les amis de ma jeunesse De moi ne se souvienfient plus?
Telle on voit la hutte sauvage, Ephémère abri de nos nuits, Abandonnée au vent d'orage.
Après la récolte des fruits. «.
Leur mémoire aussi m'abandonne, L'oubli m'a frappé de son dàrd ;
Et nul désormais ne me donne L'aumône d'un Mmpie regard. •
Seigneur, dans de vastes domaines L'orgueilleux place son bonheur, Et comme de superbes chênes, - Croissent les désirs de son cœur I
Dieu d'Israël 1 Dieu des miracles l C'est vers toi que )e tends les bras.* Du fond de tes saints tabernacles,
Comment ne me réponds-tu pas ?
Ne U priai-jé pas sans cesse D'éclairer mon triste séjour ?
Mais dans une amère tristesse, J'écoute la nuit et le jour.
J'écoute, et mes vœux sont arides, Aucun mot de toi n'est venu ; Mon cœur est froid, mes bras sont viles.
Partout le doute et l'inconnu 1
Pourtant, Seigneur, dans ma misère, Dont'i*impuissance me confond.
Si je viens à tVappcr la pierre, Une étincelle me répond l