‹ Apres l'amourChapitre 60 sur 67 · LE LENDEMAIN · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN

Le lendemain encor les amis de la veille

Au devant de ses pas allaient semer des fleurs;

Seul il sortit dès Taube à l'heure où tout sommeille.

Comme pour recueillir les premières lueurs Du dernier jour de vie !... Kt cette fois la brise Semblait lui répéter des noms purs et charmants : O Laure, Béatrix, Lavallière, Héloîse, Chantiez-vous dans sa voix, dans ses frémissements? Dormez-vous sous les lieurs quand pleure la rosée?

Êtes-vous les rayons éclairant tour à tour

Le monde des vivanis et le pale Élysée

Mais déjà du manoir il aperçoit la tour, L'air devient transparent et les couleurs s'allument, C'est l'émail des prés verts, les genêts aux Heurs d'or; Puis des blanches maisons les toits rouges qui fiilhent, Mais dans les nids d'oiseaux rien ne gazouille encor.

11 n'ose s'avancer et regarde aux persiennes. Qui donc les ouvrira? Te quitter sans te voir I

I cndrc vers toi les mains sans rencontrer les tiennes I Laurence ! voilà donc ce que veut le devoir ! Quelle est cette ombre au fond de l'antique chapelle ?

II reste sur le seuil en retenant ses pas...

Une voix répétait son nom ! Grand Dieu, c'est eilel 11 s'enfuit en pleurant... elle ne le vit pas!I

LEi VIOLETTES

Quand tous refleurirez, violettes de Parme , Vos parfums feront naître en ses yeux une larme ,

C'est en vain que son cœur voudra se refermer, Ses souvenirs diront : £Ue savait aimer I

Vous les rappelez-vous nos courses printanniôrcs, Ces vallons pleins de fleurs écloses les premières Sous la brise d'avril et le rayon fuyant Que la pluie entrecoupe et poursuit en riant?

Que de fois vous avez baisé ces violettes!

Dérobant le bouquet à vos lèvres muettes ,

Dans mon sein palpitant je les voilais au jour, Et cachais à la fois le bouquet et l'amour...

Votre nom rend la vie à mes tristes pensées, Je ne veux plus songer à ces choses passées ;

Mais voyant devant moi les ombres et la nuit, Je regarde en arrière, où votre image luit...

Oh! non, pas de reproche, ami; que vous dirais-je? Quel rêve avons-nous fait ? qu'avez- vous cru? le sais-je? Mon bonheur m'a tuée, hélas 1 en se brisant 1 - Je n'aurais plus le temps d*être heureuse à présent,

Puisqu'il me faut mourir 1 Parfois à la fenêtre, Je regarde en tremblant... S'il allait apparaître ! Dit ma folie pensée. Un dernier souvenir, Une lettre, un seul mot avant de m'endormir 1

Mais non, plus rien de vous, et ma tête retombe.

Souflrc-t-on de l'oubli lorsqu'on est dans la tombe? Sent-on comme aujourd'hui la neige et les frimas ? Vers les êtres aimés peut-on tendre les lv*^s?...

Quand vous refleurirez, violettes de Parme, Vos parfums feront naître en ses yeux une larme ; Au souvenir son cœur ne^pourra se fermer; Il aura dit trop tard : Elle savait aimer!

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