MATIÈRE ET FORCE
Déjà l'unité de substance est entrevue, admise par la plupart des savants. La matière, nous l'avons dit, paraît être, dans son principe, un fluide d'une souplesse^ d'une élasticité infinies, dont les combinaisons sans nombre donnent naissance à tous les corps. Invisible, impalpable, impondérable dans son essence primordiale, ce fluide, par des transitions successives, devient pondérable et arrive à produire, par une condensation puissante, les corps durs, opaques et lourds qui constituent le fond de la matière terrestre. Mais cet état de cohésion n'est que transitoire et la matière, remontant l'échelle de ses transformations, peut aussi facilement se désagréger et revenir à son état fluidique primitif. C'est pourquoi les mondes n'ont qu'une existence passagère. Sortis des océans de l'éther, ils s'y replongent et s'y dissolvent après avoir parcouru leur cycle de vie.
On peut affirmer que tout, dans la nature, converge vers l'unité. L'analyse spectrale révèle l'identité des éléments constitutifs des mondes, depuis le satellite le plus humble jusqu'au plus gigantesque soleil. Le déplacement des corps célestes montre l'unité des lois mécaniques. L'étude des phénomènes matériels, comme une chaîne infinie, d'anneau en anneau, nous conduit à la conception d'une substance unique, éthérée, universelle, et d'une force également
unique, principe de mouvement, dont l'électricité, la lumière, la chaleurne sont que des teriétés, des modalités, des formes diverses.
C'est ainsi que la chimie, la physique, la mécanique, dans leur marche parallèle, constatent de plus en plus la coordination mystérieuse des choses. L'esprit humain s'achemine lentement, parfois même inconsciemment, vers la connaissance d'un Principe unique, fondamental, en qui s'unissent la substance, la force et la pensée, d'upe puissance dont la grandeur et la majesté leremplirontniijour de saisissement et d'admiration.
XVII. — Les Fluides, le Magnétisme Ce monde des fluides, que l'on entrevoit au delà de l'état radiant, réserve à la science bien des surprises et des découvertes. Innombrables sont les variétés de formes que la matière, devenue subtile, peut revêtir pour les besoins d'une vie supérieure.
Déjà beaucoup d'observateurs savent qu'en dehors de nos perceptions, au delà dn voile opaque que notre épaisse constitution déploie comme un brouillard autour de nous, un autre monde existe, non plus celui des infiniment petits, mais un univers flaidiqae qui nous enveloppe, tout peuplé de foules invisibles.
Des êtres surhumains, mais non pus surna-
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topela, vivent près de nous, témoins moeta de notre existence et ne manifestant la lenr que dans des conditions déterminées, sons l'action de lois naturelles, précises, rigoureases. Ces lois, il importe d'en pénétrer le secret, car de leur connaissance découlera pour l'homme la possession de forces considérables, dont l'utilisation pratique peut transformer la face de la terre et l'ordre des sociétés. C'est là le domaine de la psychologie expérimentale, certains diraient des sciences occultes.
Ces sciences sont vieilles comme le monde. Nous avons déjà parlé des prodiges accomplis dans les lieax sacrés de l'Inde, de l'Egypte et de la Grèce. Il n'entre pas dans notre plan de nous étendre davantage sur cet ordre de faits, mais , il est une qaeetion connexe que nous ne saurions passer soas silence, c'est celle du Magnétisme.
Le Magnétisme, étudié et pratiqué en secret, & toutes les époques de lliistoire, s'est surtout vulgarisé depuis la fin du xviii* siècle. Les académies savantes le tiennent encore en suspicion et c'est sous le nom nouveau d'hypnotisme que les maîtres de la science ont bien voulu le découvrir un siècle après son apparition.
Le malheur est que les savants officiels — presque tous médecins — qui s'occupent de magnétisme on, comme ils le disent eux-mêmes,
d'hypnotisme, n'expérimentent généralement que sur des sujets malades, sur des pensionnaires d'hôpitaux. L'irritation nerveuse et les affections morbides de ces sujets ne permettent d'obtenir que des phénomènes incohérents, incomplets.
Certains savants semblent redouter que l'étude de ces mêmes phénomènes, obtenus dans des conditions normales, ne fournissent la preuve de l'existence en l'homme du principe animique. C'est du moins ce qui ressort des commentaires du docteur Charcot, dont on ne niera pas la compétence.
« L'hypnotisme, dit-il, est un monde dans lequel on rencontre, à côté de faits palpables, matériels, grossiers, côtoyant toujours la physiologie, des faits absolument extraordinaires, inexplicables jusqu'ici, ne répondant à aucune loi physiologique et tout à fait étranges et surprenants. Je m'attache aux premiers et laisse de côté les seconds. »
Ainsi les plus célèbres médecins avouent que cette question est encore pour eux pleine d'obscurité. Dans leurs investigations, ils se bornent à des observations superficielles et dédaignent les faits qui pourraient les conduire directement à la solution du problème. La science matérialiste hésite à s'aventurer sur ce terrain de la psychologie expérimentale, parce qu'elle sent qu'elle s'y trouverait en présence des forces psy-