LA VOLONTÉ ET LES FLUIDES
effets sur la matière sont bornés, parce que rhomme s'ignore et ne sait pas utiliser les puissances qui sont en lui ; mais, dans les mondes plus avancés, Pètre humain, qui a appris à vouloir, commande à la nature entière, dirige à sa , guise les fluides matériels, produit des phénomènes, des métamorphoses qui tiennent du prodige. Dans l'espace et sur ces mondes, la matière se présente sous des états fluidiques dont nous ne pouvons nous faire qu'une vague idée. De même que sur terre, certaines combinaisons chimiques se produisent uniquement sous Pinfluence de la lumière, de même, dans ces milieux, les fluides ne s'unissent et ne se lient que par an acte de la volonté des êtres supérieurs.
L'action de la volonté sur la matière est cependant entrée dans le domaine de l'expérience scientifique, grâce à l'étude des phénomènes magfnétiques poursuivie par nombre de physiologistes, sous les noms d'hypnotisme et de suggestion mentale. On a vu déjà des expérimentateurs, par un acte direct de leur volonté, faire apparaître des plaies, des stigmates sur le corps de certains sujets, en faire découler le sang et les humeurs, et les guérir ensuite par une volition contraire. Ainsi la volonté humaine détruit et répare à son gré les tissus vivants ; elle peut encore modifier les substances matérielles au point de leur communiquer des propriétés nouvelles,
provoquant Pivresse avec de l'eau claire, etc. Elle agit même sur les fluides et crée des objets, des corps, que les hypnotisés voient, sentent, touchent, qui ont pour eux une existence positive et obéissent à toutes les lois de l'optique. C'est là ce qui résulte des recherches et des travaux des docteurs Charcot, Dumontpallier, Liébault, Bernheim, des professeurs Liégeois, Delbœuf , etc. , dont on peut lire l'exposé dans toutes les revues médicales.
Or, si la volonté exerce une telle influence sur la matière brute et sur les fluides rudimentaires, on comprendra d'autant mieux son empire sur le périsprit et les progrès ou les désordres qu'elle y détermine, suivant la nature de son action, aussi bien dans le cours de la vie qu'après la désincarnation.
Tout acte de la volonté, avons-nous dit, revêt une forme, une apparence fluidique et se grave dans Tenveloppe périspritale. Il devient évident que si ces actes sont inspirés par des passions matérielles, leur forme s^era matérielle et grossière. Les molécules périspritales, imprégnées, saturées de ces formes, de ces images, se matérialisent elles mêmes à leur contact, s'épaississent de plus en plus, se rapprochent et se condensent. Les mêmes causes se reproduisant, les mêmes effets s'accumulent et la condensation s'accélère, les sens s'affaiblissent, s'atrophient,
les vibrations diminuent de puissance et d'étendue, A la mort, l'Esprit se retrouve enveloppé de fluides opaques et lourds, qui ne laissent plus passer les impressions du monde extérieur et deviennent pour l'àme une prison et un tombeau. C'est là le châtiment préparé par l'Esprit luimême ; cette situation est son œuvre, et elle ne cesse que lorsque des aspirations plus élevées, le repentir, la volonté de s'améliorer, viennent rompre la chaîne matérielle qui le lie.
En effet, si les passions basses et matérielles troublent, obscurcissent l'organisme âuidique, dans un sens opposé, les pensées généreuses, les nobles actions affinent et dilatent les molécules périspri taies. Nous savons que les propriétés de la matière s'accroissent avec son degré de pureté. Les expériences de W. Crookes ont démontré que la raréfaction des atomes amène ceux-ci à l'état radiant. La matière, sous cet aspect subtil, s'enflamme, devient lumineuse, impondérable. Il en est de même de la substance périspritale. En se raréfiant, elle gagne en souplesse, en sensibilité ; sa puissance de radiation, son énergie vibratoire, s'augmentent d'autant et lui permettent d'échapper aux attractions terrestres, L'Esprit entre alors en possession de sens nouveaux, à l'aide desquels il pourra pénétrer dans des milieux plus purs, communiquer avec des êtres plus éthérés. Ces facultés, ces sens,
qui ouvrent Paccès des régions heureuses, toute âme humaine peut les conquérir, les développer, car elle en possède les germes impérissables. Nos vies successives, pleines de labeurs et d'efforts, n'ont d'autre but que de les faire éclore en nous.
Déjà ici-bas, nous voyons ces facultés s'éveiller chez certains individus qui, grâce à elles, entrent en relations avec le monde occulte. Les médiums de tous ordres sont dans ce cas. Leur nombre augmentera sans doute avec le progrès moral et la diffusion de la vérité. On peut prévoir qu'un jour la grande majorité des humains sera apte à recevoir les enseignements de ces êtres invisibles dont, hier encore, elle niait l'existence.
Cette évolution parallèle de la matière et de l'Esprit, par laquelle l'être conquiert ses organes, ses facultés, se construit de toutes pièces et s'augmente sans cesse, nous montre encore la solidarité qui relie les forces universelles, le monde des âmes et le monde des corps. Elle nous montre surtout quelles richesses, quelles profondes ressources l'être peut se créer par un usage méthodique et persévérant de la volonté. Celle-ci devient la force suprême ; c'est l'âme elle-même, exerçant son empire sur les puissances inférieures.
L'emploi que nous faisons de notre volonté, seul, règle notre avancement, prépare notre ave-
nir, nous tortifîe ou nous abaisse. Il n'y a ni hasard, ni fatalité. Il y a des forces, il y a des lois. Utiliser, gouverner les unes, observer les autres, là est le secret de toute grandeur et de toute élévation. Les résultats produits autour de nous par la volonté bouleveisent déjà l'imagination des gens du monde et provoquent l'étonnement des savants {1), Tout cela est cependant peu de choses à côté des effets obtenus dans ces milieux supérieurs où, au commandement de l'Esprit, toutes les forces se combinent et entrent en action. Et si, dans cet ordre d'idées, nous portions plus haut notre attention, n'arriverionsnous pas, par analogie, à entrevoir comment la volonté divine, agissant sur la matière cosmique, peut former les soleils, tracer les orbes des mondes, enfanter les univers î
Oui, la volonté exercée dans le sens du bien et conformément aux lois éternelles, peut tout. Elle peut aussi beaucoup pour le mai. Nos mauvaises pensées, nos désirs impurs, nos actions coupables, currompent en s'y reflétant les fluides qui nous entourent, et le contact de ceux-ci va jeter le malaise et produire des impressions malfaisantes chez ceux qui nous approchent, car tout organisme subit l'influence des fluides
(1) L'ordre d'un magnétiseur d'accomplir un acte quelconque dans un temps donne, se grave dans la mémoire du sujet endormi, et, au jaur et à l'heure fixés, cet ordre s'ezévute fidèlement et automatiquement.
ambiants. De même, des sentiments d'ordre élevé, des pensées d'amour, des exhortations chaleureuses, vont pénétrer les êtres qui nous environnent, les soutenir, les vivifier. Ainsi s'expliquent l'empire exercé sur les foules par les grands missionnaires et les âmes d'élite et l'influence contraire des méchants, que nous pouvons toujours conjurer, il est vrai, par des volitions en sens inverse et une résistance énergique de notre volonté.
Une connaissance plus précise des puissances de Tâme et de leur application devra modifier de fond en comble nos tendances et nos agissements. Sachant que les faits et gestes de notre vie s'inscrivent en nous, témoignent pour ou contre nous, nous apporterons à chacun d'eux une attention plus scrupuleuse. Nous nous appliquerons dès maintenant à développer nos ressources latentes, à agir par leur moyen sur les fluides répandus dans l'espace, de façon à les épurer, à les transformer pour le bien de tous, à créer autour de nous une atmosphère limpide et pure, inaccessible aux effluves viciés. L'Esprit qui n'agit pas, qui se laisse aller aux influences matérielles, reste débile, incapable de percevoir les sensations délicates de la vie spirituelle. Il se retrouve dans une inertie complète après la mort, et les champs de Tespace n'offrent à ses sens voilés que l'obscurité et le vide. L'Es-