XXXIII . — La Vie dans l'Espace
Selon les différentes doctrines religieuses, la terre est le centre de l'univers et le ciel s'arron-
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dit en voûte au-dessus de nous. C'est dans sa partie supérieure, disent- elles, que se place la demeure des bienheureux, et Tenfer, séjour des damnés, prolonge ses sombres galeries dans les entrailles mêmes du globe.
La science moderne, d'accord avec renseignement des Esprits, en nous montrant l'univers parsemé d'innombrables mondes habités, a porté un coup mortel à ces théories. Le ciel est partout ; partout Pincommensurable, Pinsondable, l'infini ; partout un fourmillement de soleils et de sphères, au milieu desquels notre terre n'est plus qu'une chétive unité. Au sein des espaces, il n'est plus de demeures circonscrites pour les âmes. D'autant plus libres qu'elles sont plus pures, elles parcourent l'immensité et vont où les portent leurs affinités et leurs sympathies. Les Esprits inférieurs, alourdis par la densité de leurs fluides, restent comme attachés au monde oti ils ont vécu, circulant dans son atmosphère ou se mêlant aux humains. Les joies et les perceptions de l'Esprit ne résultent pas du milieu qu'il occupe, mais de ses dispositions personnelles et des progrès réalisés. Tel Esprit arriéré, au périsprit opaque et enveloppé de ténèbres, peut se rencontrer avec l'âme radieuse dont l'enveloppe subtile se prête aux sensations les plus délicates, aux vibrations les plus étendues. Chacun porte en soi sa gloire ou sa misère.
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; La condition des Esprite dans la vie d'outre-
tombe, leur élévation, leur bonheur, tout dépend
{■ de leur faculté de sentir et de percevoir, la-
quelle est proportionnelle à leur degré d'avanee-
j. ment.
Déjà, sur terre, nous voyons les jouissances
] intellectuelles s'accroître avec la culture d'esprit.
I Les œuvres littéraires et artistiques, les beautés
de la civilisation, les plus hautes conceptions du génie humain, restent incomprises de Thomme sauvage et même de beaucoup de nos conci-
I toyens. Ainsi les Esprits d'ordre inférieur, comme
des aveugks au milieu de la nature ensoleillée ou des sourds dans un concert, restent indifférents et insensibles • devant les merveilles de l'infini.
Ces Esprits, enveloppés de fluides épais, subissent les lois de la gravitation et sont attirés vers la matière. Sous l'influence de leurs appétits grossiers, les molécules de leur corps fluidique se ferment aux perceptions extérieures et les rendent esclaves des mêmes forces naturelles qui gouvernent l'humanité . On ne saurait trop insister sur ce fait qui est le fondement de l'ordre et de la justice universels. Les âmes se groupent et s'échelonnent dans l'espace suivant le degré de pureté de leur enveloppe ; le rang de l'Esprit est en rapport direct avec sa constitution fluidique, laquelle est son œuvre propre , la résultante de