‹ Après la mort: révélation des mystères d'outre-tombe. Solution scientifiqueChapitre 53 sur 75 · LIBRE ARBITRE ET PROVIDENCE · texte numérisé non relu

LIBRE ARBITRE ET PROVIDENCE

destinées, prépare ses joies ou ses douleurs. Mais jamais, au cours de sa marche, dans l'épreuve amère, comme au sein de Tardente lutte passionnelle, jamais les secours d'en haut ne lui sont refusés. Pour peu qu'elle ne s'abandonne pas elle-même, si indigne qu'elle paraisse, dès que se réveille sa volonté de gagner la voie droite, la voie sacrée, la Providence lui procure aide et soutien.

La Providence, c'est l'Esprit supérieur, c'est l'ange veillant sur l'infortune, c'est le cons*)lateur invisible, dont les inspirations réchauffent le cœur glacé par le désespoir, dont les fluides vivifiants soutiennent le voyageur accablé ; c'est le phare allumé dans la nuit, pour le salut de ceux qui errent sur la mer orageuse de la vie. La Providence, c'est encore, c'est surtout l'amour divin se déversant à flots sur sa créature. Et quelle sollicitude, quelle prévoyance dans cet amour ! N'est-ce pas pour l'âme seule, pour servir de cadre à sa vie, de théâtre à ses progrès, qu'elle a suspendu les mondes dans l'espace, allumé les soleils, formé les continents et les mers ? Pour Tâme seule, ce grand œuvre s'accomplit, les forces naturelles se combinent, les univers éclosent au sein des nébuleuses.

L'âme est créée pour le bonheur, mais ce bonheur, pour l'apprécier à sa valeur, pour en connaître le prix, elle doit le conquérir elle-

même, et, pour cela, développer librement les puissances qui sont en elle. Sa liberté d'action et sa responsabilité croissent avec son élévation, car plus elle s'éclaire, plus elle peut et doit conformer le jeu de ses forces personnelles aux lois qui régissent l'univers.

La liberté de l'être s'exerce donc dans un cercle limité, d'une part, par les exigences de la loi naturelle, qui ne peut souffrir aucune atteinte, aucun dérangement à l'ordre du monde ; d'autre part, par son propre passé, dont les conséquences rejaillissent sur lui à travers les temps jusqu'à réparation complète. En aucun cas, l'exercice de la liberté humaine ne peut entraver l'exécution des plans divins ; sans cela, l'ordre des choses serait à chaque instant troublé. Au-dessus de nos vues bornées et changeantes, l'ordre immuable de l'Univers se poursuit et se maintient. Nous sommes presque toujours mauvais juges de ce qui est pour nous le véritable bien, et si l'ordre naturel des choses devait se plier à nos désirs, quelles perturbations eflFroyables n'en résulterait-il pas ?

Le premier usage que l'homme ferait d'une liberté absolue serait d'écarter de lui toutes les causes de souffrance et de s'assurer dès ici bas une vie de félicités. Or, s'il est des maux que l'intelligence humaine a le devoir et les moyens de conjurer, de détruire, par exemple, ceux qui

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