SCÈNE III
mes domestiques descendront... le concierge ouvrira la porte de la rue... vous pourrez sortir sans être remarqué.
CAUDEBEC
Impossible, madame !
HENRIETTE
Oh! monsieur... au nom de mon bonheur!... car, s’il faut tout vous dire, je suis sur le point de me remarier... d’épouser une personne que j’aime... et... j’a> ma réputation à garder.
Air de Mademoiselle Garein.
C’est un service, eh bien! je le réclame.
Veuillez rester ici jusqu a demain.
N’hésitez pas!... l’avenir d'une femme *
Est tout entief remis en votre main.
Restez, restez... quand je supplie et pleure.
De votre oubli dois-je subir les coups?
Si vous passez le seuil de ma demeure.
Vous emportez mon bonheur a^ec vous;
Oui, mon bonheur va partir avec vous.
CAUDEBEC
Moi aussi, madame... j’ai ma réputation à garder,
HENRIETTE, souriant.
Oh! la réputation d’un homme...
11 y a homme... et homme... Je suis très-moral, moi... Tel que vous me voyez, madame, je suis arrivé à cinquante-trois ans sans avoir passé une nuit hors de chez moi»
HENRIETTE, souriant.
Vraiment?
CAUDEBEC
Si je ne rentre pas, que pensera mon concierge
HENRIETTE
Il pensera la vérité... que vous êtes allé au bal.
CAUDEBEC
Vous croyez?
HENRIETTE
J’en suis sûre. (Lui prenant doucement son chapeau.) Oh t lie nie refusez pas I (Lui indiquant un fauteuil près de la cheminée.) Mettezvous là... D’ailleurs, c’est votre faute, il ne fallait pas vous endormir dans mon boudoir.
CAUDEBEC, cédant et s'asseyant.
Vous eu parlez à votre aise. Si vous aviez passé toule une nuit en wagon, avec un voisin qui s’étalait dans tous les sens,
HENRIETTE
Je vais rallumer le feu.